ALDER K. - Témoignage d'un ex-charmismatique

De Calvinisme
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Après ma conversion, en décembre 1981 j’ai été confronté très tôt avec des charismatiques. Ceci se produisit la première fois en 1983, alors que j’étais à la recherche d’une possibilité d’être baptisé, possibilité que personne ne m’accorda. Cependant, je fis la connaissance d’une communauté charismatique nommée “Sammlung und Sendung” (Rassemblement et Mission), à Zollikofen, qui accomplit mon désir.

On n’en resta pas au baptême d’eau; en complément je reçus, par imposition des mains, le baptême du Saint-Esprit accompagné du parler en langues. Faute de connaissances bibliques fondamentales je me suis laissé faire à l’époque.

Fin 1983, je jeûnai pendant trois jours afin d’apprendre du Seigneur la suite de mon cheminement. Mon premier enthousiasme avait sensiblement diminué. Où le Seigneur me conduirait-il ? Quelques membres de notre communauté avaient des contacts avec Jeunesse en Mission. Après une étude approfondie de la proposition de Jeunesse en Mission, je me décidai pour leur Ecole de Disciples. Une nouvelle tranche de ma vie commença.

Leur enseignement

Je me trouvai donc là-bas, avec deux autres, dans une chambre étroite. Les élèves furent répartis dans ce qu’on appelle des “cellules de vie”. Comme nous n’étions que sept jeunes, une seule cellule de vie fut suffisante pour nous. Le chef de notre cellule était Markus Dolder, un auteur de cantiques suisses bien connu. Dans Jeunesse en Mission, ne peut devenir chef de cellule de vie que celui qui a suivi lui-même l’Ecole de Disciples. Ces écoles sont donc le premier échelon de l’organisation.

Les chefs et les enseignants des différents centres de Jeunesse en Mission, comme par exemple, L. Singlehurst, qui aurait reçu de Dieu, entre autres, le don de prophétie, préparaient l’enseignement. Une place spéciale était réservée aux dons de l’Esprit. Une bonne partie de l’enseignement portait sur la guérison intérieure, la guérison du passé, etc. En s’appuyant sur une prétendue psychologie biblique, les différents caractères furent décrits avec leurs bons côtés et leurs faiblesses. Je me souviens que, durant cette semaine, beaucoup de larmes ont coulé. Il arriva même qu’un enseignant prit une de nos élèves dans ses bras au nom de ses parents, parce qu’elle n’aurait pas eu d’affection pendant son enfance.

Ces trois mois façonnèrent ma pensée dans le sens charismatique. Je m’en rends compte aujourd’hui, lorsque je suis subitement tenté de résoudre un problème “de manière charismatique”, c’est-à-dire de tout orienter dans le sens de la vue et de l’expérience : quelque chose doit arriver et tout de suite. La patience a peu de place chez les charismatiques. La foi à l’exaucement immédiat est requise. Je veux quelque chose. Il faut que Dieu réponde immédiatement et entièrement selon ma volonté.

Combien de fois nous sommes-nous réunis le soir et avons-nous prié et supplié le Seigneur de nous parler, d’intervenir et de nous accorder des prophéties, des visions, une visualisation, etc. En général, il s’écoulait très peu de temps, peut-être deux ou trois minutes, et la réponse était là. Mais de qui ?

Leur musique

Après cela, il y eut une mission, où l’évangélisation et le service social allaient de pair. Nous sommes allés pour cinq semaines à Los Angeles. Le style des efforts d’évangélisation de Jeunesse en Mission se répète toujours. Ils essaient notamment d’évangéliser par le théâtre et la danse, accompagnés de musique rock. Des soi-disant “Concerts de rock chrétiens” qui sont organisés actuellement, le sont en partie sous le patronage de Jeunesse en Mission.

Jeunesse en Mission a sorti elle-même une série d’albums de disques ; cela va de la musique de louange à la “Praise” jusqu’au rock dur. Jeunesse en Mission m’a mis étroitement en contact avec la musique rock chrétienne. De même, ils formèrent un groupe avec des enfants d’âges différents, appelés les “Kings Kids”, qui vont de pays en pays en évangélisant. Ces enfants dansent sur scène, avec accompagnement de musique, et ils doivent rendre témoignage de leurs expériences spirituelles. Pendant cette période, passée en Amérique, j’appris à connaître des dirigeants de cette jeunesse charismatique, comme L. Cunningham, F. McClung et d’autres. De cette manière, je vécus beaucoup de choses, mais au fond de moi le vide demeurait.

Leur communauté

Un peu plus tard, un ouvrage d’information sur l’oecuménisme me tomba entre les mains. Mes yeux s’ouvrirent ; il dénonçait les liens néfastes entre le courant charismatique et les courants oecuméniques non-bibliques.

“Le renouveau charismatique est un lien entre les Eglises de la Réformation, l’Eglise catholique romaine, les Evangéliques conservateurs et les Orthodoxes… Le renouveau charismatique peut aider le Conseil Oecuménique des Eglises, dans la réalisation de son objectif : l’unité du peuple de Dieu, et il peut aider à l’unité de tous les hommes sur la terre.” 1 Par la suite, je découvris peu à peu d’autres relations importantes.

Première erreur

Premièrement, l’annonce de l’Evangile par la musique rock, la danse, etc. n’est pas biblique : un message chanté ou dansé ne s’adresse pas à l’esprit de l’homme, mais avant tout à son âme, ses sentiments et ses sensations. Comme c’est au contraire l’esprit de l’homme qui doit être touché et vivifié, seule l’annonce par la prédication de la parole de Dieu est pleinement efficace. Ceci est clairement exprimé dans l’Epître aux Romains : “…ainsi la foi vient de ce qu’on entend et ce qu’on entend vient de la Parole de Dieu.” (Romains 10:17)

Jésus-Christ n’a pas non plus présenté son message en chantant et en dansant, mais en enseignant les hommes, donc en leur parlant.

Seconde erreur

Deuxièmement, pourquoi avais-je besoin de guérison intérieure ? Autrefois, je pensais que la guérison intérieure charismatique était importante pour moi. J’essayais de retravailler mon passé et de vaincre mes difficultés relationnelles. Mais sur ce chemin, je n’arrivais pas à avancer. Les enseignements charismatiques sur la guérison intérieure ne me furent d’aucun secours. Ce ne fut que plus tard, lorsque j’eus pris mes distances par rapport à la pensée charismatique, que je reconnus que ce n’est que par l’obéissance à la Parole de Dieu que je pouvais guérir intérieurement.

Je pus renoncer aisément aux méthodes psychologiques souvent utilisées par les charismatiques. La restauration se fait sans le joug d’une longue liste de péchés passés. Elle se fait par une reconnaissance toute naturelle pour l’oeuvre rédemptrice à Golgotha. Jésus-Christ m’a tout pardonné au moment de ma conversion : “C’est pourquoi, si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature; les choses anciennes sont passées, voici, toutes choses sont devenues nouvelles.”

Leurs résultats

Rétrospectivement, je puis dire que ces années passées sous l’influence charismatique ne furent pas, du point de vue biblique, un temps de véritable croissance spirituelle, ni au fond un temps de mission, et ceci malgré un activisme pieux.

Jeunesse en Mission n’a pas pu communiquer à ma vie spirituelle une véritable orientation dans la foi. Leur enseignement est trop superficiel, trop axé sur des dons apparents et une contrefaçon du Saint-Esprit. En fin de compte, on aboutit au sentiment pur et simple et on devient dépendant de puissances diaboliques.

Ce n’est qu’après avoir pris consciemment mes distances par rapport à tout cela que la faim de la Parole de Dieu apparut, ainsi qu’un désir de prière authentique. Jésus-Christ posa, alors, par sa seule Parole, le fondement qui faisait défaut.

L’alternative

En août 1990, lors d’un effort d’évangélisation sur l’île Texel, en Hollande, je compris ce que signifie, apporter aux hommes le véritable Evangile. Dorénavant, ma vie est à la disposition de Jésus-Christ, selon le fondement entier de la Parole de Dieu. J’ai de nouveau accepté son appel : “Qui enverrai-je et qui marchera pour nous ? Je répondis : Me voici, envoie-moi !” (Esaïe 6 : 8)