BERTHOUD Jean-Marc - L’étalon or suisse et le nouvel ordre des siècles

De Calvinisme
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Le sens de l’offensive menée depuis plus de six mois[1] contre la Suisse par de nombreuses organisations juives, au nom des fonds en déshérence placés dans des banques helvétiques lors de la dernière guerre, commence à devenir un peu plus clair. Cette offensive systématique conduit à l’identification dans l’opinion internationale des crimes prétendument commis à cette époque par notre peuple avec les forfaits de l’Allemagne nazie. Ce commencement de clarification nous vient essentiellement du caractère démesuré du dernier acte de ce drame. Nous y avons vu le Conseil fédéral annoncer, mercredi 5 mars 1997, par la bouche du Président de la Confédération le démocrate-chrétien Arnold Koller, la constitution d’une Fondation humanitaire suisse dotée d’un capital de sept milliards de francs et dont les intérêts serviraient à subvenir aux besoins de personnes se trouvant dans des situations de grave détresse, cela tant en Suisse qu’à l’étranger. Parmi les personnes qui seraient ainsi soulagées se trouveraient, bien évidemment, les descendants de juifs victimes, avant et durant la dernière guerre mondiale, des persécutions exterminatrices nazies.

Mais il nous faut en premier lieu relever l’extraordinaire ambiguïté de la position défendue à la tribune des Chambres fédérales par le président Koller. D’abord, il ne transparaît dans son discours aucune reconnaissance formelle d’une quelconque culpabilité collective de la part de la Suisse ; ensuite, la tâche de la commission historique (dont dépend toujours la détermination de la somme à verser aux organisations juives) est maintenue ; enfin, la constitution de ce Fonds humanitaire suisse est selon lui prétendument sans rapport aucun avec la question des fonds en déshérence. Car le nouveau fonds doit simplement réaffirmer la tradition humanitaire de la Confédération. La question se pose alors, et c’est de la réponse donnée à cette question que viendra la lumière : pourquoi la création de ce fonds de sept milliards de francs, en ce moment précis ? La cause semble manifestement disproportionnée, vu les effets qu’elle aurait pu engendrer !

L’annonce de la constitution de cette Fondation humanitaire suisse fut accueillie (à l’exception de certains organes de presse anglophones qui ont redoublé de virulence) par un concert international de louanges. En particulier les organisations juives crièrent victoire, elles qui avaient si durement attaqué la Suisse, comparant quasiment le rôle de notre peuple dans la Seconde Guerre mondiale à celui de l’Allemagne nazie. Il faut toutefois relever une exception, celle du président du Congrès juif mondial, Edgar Bronfman, qui adopta pendant quelques jours une prudente réserve. Il est à remarquer, en passant, que ces organisations réclament à tout bout de champ des excuses de la part de ceux qu’ils attaquent sans vergogne, mais cela, sans jamais eux-mêmes s’excuser auprès de ceux qu’ils calomnient si allègrement. Pire encore, ceux qui sont ainsi attaqués pour leur part, lorsqu’ils osent encore contre-attaquer leurs adversaires, n’exigent jamais de ces agresseurs la moindre des excuses comme préalable à toute négociation !

Tout ceci nous paraît, de prime abord, bien étrange. D’autant plus, répétons-le, que l’envergure des pressions dirigées contre la Suisse, ainsi que la démesure étonnante qui caractérise la réponse du Conseil fédéral, ne correspondent aucunement à la question, certes importante et douloureuse, mais cependant (il faut le dire) relativement modeste des fonds d’origine juive en déshérence dans les banques suisses. La réponse du Conseil fédéral revêt ainsi pour le regard profane un caractère à proprement parler surréaliste. Ceci nous laisse rêveurs quant à la nature véritable des motifs des attaques dirigées contre notre pays et aux raisons réelles qui ont dicté la réponse extravagante de notre gouvernement.

Ainsi il nous faut constater qu’une des difficultés à laquelle nous sommes confrontés dans l’analyse du conflit qui oppose des organisations juives à la Suisse, provient de l’accent qui, dans le débat, est constamment mis sur l’aspect spécifiquement juif de la question. Pour notre part, nous pensons que nous devons faire un effort intellectuel pour mettre de côté l’aspect purement juif, si pénible qu’il puisse par ailleurs être, et le considérer comme constituant pour une part importante, une distraction de l’attention de l’observateur, un écran de fumée destiné à cacher des enjeux globalement bien plus important. Il y aurait ici plus que la simple question limitée des fonds juifs en déshérence dans les banques de notre pays. Par ailleurs, nous sommes portés à penser que dans cette affaire, les revendications (légitimes ou illégitimes) des organisations juives doivent être avant tout perçues comme autant de moyens de pression affectifs (des armes sentimentales !) des plus puissants dans la guerre médiatique, psychologique et sémantique en cours contre la Suisse.

Il est évident que le langage utilisé en l’occurrence est un langage trompeur. En un autre temps, on parlerait de désinformation. À la mi-décembre 1996, l’ambassadeur suisse à Washington, Carlo Jagmetti, avait bien laissé entendre dans un rapport secret adressé au Département politique que les interlocuteurs auxquels la Suisse se trouvait confrontée n’étaient pas dignes de confiance. Ce qui s’est par la suite avéré. Par ailleurs, l’ampleur des cris de victoire suscités par la déclaration du 5 mars 1997 montre que la décision du Conseil fédéral de débloquer la somme faramineuse de sept milliards de francs a donné aux adversaires de notre pays une satisfaction allant bien au-delà de leurs rêves les plus audacieux. Il faut comprendre le langage double utilisé aujourd’hui (le New Speak de Orwell) et en décoder soigneusement le sens. Ici l’expression fonds humanitaire a pour sens exact en français usuel, tribut : le tribut qu’un peuple conquis paie à son conquérant pour pouvoir survivre. Le Conseil fédéral acceptait de payer un tribut substantiel à ceux qui avaient amené notre pays à une véritable capitulation. Le gouvernement suisse, malgré toutes ses concessions diplomatiques et économiques envers l’Allemagne nazie, n’était à l’époque jamais allé aussi loin qu’il le fait aujourd’hui dans la soumission à l’empire dominant du moment.

Les reproches relatifs à cette époque lointaine dont l'on charge le gouvernement de notre pays ne pourraient-ils pas aujourd’hui être adressés de manière plus appropriée aux membres du Conseil fédéral actuel ?

L’ampleur des moyens mis en mouvement dans la guerre médiatique, financière et sémantique menée contre notre pays ne peut correspondre à la question des fonds juifs en déshérence, car cette dernière représente, de toute évidence, des sommes relativement modiques. Il nous paraît de plus en plus clairement que l’enjeu véritable des pressions dont notre pays fait l’objet n’est autre que l’indépendance, la richesse et la puissance de la place financière suisse. N’oublions pas que si 40% des investissements transnationaux passent par les États-Unis, pas moins de 30 % transitent par la Suisse. Cependant les derniers développements de cette affaire nous permettent aujourd’hui d’affiner notre analyse[2].

Ce qui ressort de la déclaration du Conseil fédéral et des décisions qui l’accompagnent, est que le centre véritable du débat se rapporte au rôle de la place financière suisse dans le monde et se situe plus précisément dans la question, largement ignorée, et dont l’importance est méconnue, de la couverture-or de notre monnaie. N’oublions pas que c’est en grande partie cette garantie monétaire qui donne aux investisseurs étrangers une telle confiance en nos institutions bancaires. La couverture-or d’une monnaie signifie simplement que les billets – ou le crédit – en circulation dans un pays doivent obligatoirement être en tout temps remboursables par la banque émettrice par leur équivalent en or.

Rappelons qu’une telle couverture-or des monnaies était chose parfaitement courante dans le monde jusqu’à la fin du XIXe siècle. Une telle politique monétaire réaliste (le signe monétaire, la monnaie, correspond à une richesse réelle), en opposition aux politiques monétaires nominalistes du XXe siècle (le signe monétaire, la monnaie, ne correspond plus à une richesse réelle), donnait aux monnaies une grande stabilité. Cette situation monétaire permettait aux économies qui avaient la sagesse de se soumettre à une telle discipline, une croissance économique lente, mais réelle (pas rapide et artificielle comme dans l’économie socialiste ou keynésienne), durable (car fondée sur une croissance de richesses réelles) et solide (car respectueuse de la Loi divine : Tu ne voleras pas au moyen de la fausse balance d’une monnaie légalement falsifiée). L’Angleterre du XIXe siècle (pour ne citer qu’un exemple) a connu, en conséquence d’une telle politique monétaire, une situation économique pour nous presque inimaginable aujourd’hui : une forte augmentation du niveau de vie de la population en général sans augmentation des salaires ; car, si les salaires restaient stables, les prix des marchandises de leur côté diminuaient, vu que la richesse réelle croissante du pays en était venue à dépasser la croissance de la masse monétaire mise en circulation.

La discipline monétaire et financière imposée par la couverture-or de la monnaie empêchait toute spéculation sur la monnaie. Par contre, dans une économie libérée de telles contraintes, on ne fabrique comme par magie, à partir de rien (ex nihilo), des masses d’argent faramineuses, mais réellement inexistantes, par simple écriture comptable, pour les injecter dans l’économie. On stimule ainsi artificiellement la consommation (et par ce biais la production, mais aussi la dette publique), donnant une réponse littéralement dopée aux problèmes de la récession et du chômage. Mais de telles mesures, comme c’est le cas pour toute consommation de stupéfiants, produisent immanquablement des contre-effets : ici l’inflation. Celle-ci doit, à son tour, être artificiellement freinée par des méthodes volontaristes et interventionnistes de restriction de crédit et de hausses des taux d’intérêt opérées par les banques centrales. Dans un tel cycle infernal, on passe de la stimulation artificielle de l’économie à l’inflation, puis de l’inflation, au freinage économique indispensable à la prévention des dégâts sociaux dus à l’inflation. On aboutit à ce que l’on peut appeler : la société du chômage, car dans un tel système économique, le chômage (comme la croissance exagérément rapide) fait partie intégrante du cycle inflation-dépression. Il s’agit ici très littéralement de l’élaboration de véritables paradis artificiels économiques (l’utopie), car nous y trouvons, sur le plan des réalités économiques, la même illusion de bien-être que produit la drogue (ici la planche à billets) ainsi que la dure réalité de l’enfer du retrait, le retour à la réalité (les restrictions financières). Ce cycle de croissance artificielle et de récession inévitable (boom–bust en américain) est largement évité là où une économie se soumet aux disciplines d’une monnaie basée sur une richesse réelle (l’or) et dans laquelle il est, en conséquence, impossible de manipuler des masses monétaires au gré des désirs utopiques ou impérialistes de ces apprentis sorciers que deviennent les politiciens et les financiers[3].

Au XXe siècle, ce frein monétaire de l’étalon or a été très largement abandonné. Une étape capitale dans cette libération des monnaies fut franchie par les décisions prises lors de la fameuse conférence de Bretton Woods, aux États-Unis, en juillet 1944. Sous l’impulsion de John Maynard Keynes (1883-1946), qui présidait la délégation britannique, l’étalon or comme norme monétaire nationale et internationale fut abandonné, sauf pour les États-Unis[4]. La monnaie américaine devenait ainsi la référence obligée de toutes les autres monnaies, car le dollar était toujours rachetable sur l’or au prix arbitrairement fixé à $35 l’once. Cette décision entérinait la domination économique, de fait, de l’Amérique sur le monde entier. Un pas décisif avait été franchi dans la libération des monnaies de toute référence à une source réelle de richesse. Sur un autre plan, c’est comme si l’on autorisait légalement un mètre élastique ou un litre variable ! Mais la référence obligée au dollar (qui, lui, se fondait sur les montagnes d’or stockées à Fort Knox pour déterminer sa valeur) garantissait encore une certaine stabilité monétaire internationale. Par décision du président Richard Nixon en août 1971, le dollar fut finalement libéré de sa référence obligée à l’or. Il continua à être la monnaie de référence mondiale, mais il n’était plus rattaché à l’or. Cette décision entraîna une période d’instabilité monétaire qui ne risque pas de disparaître prochainement. Il ne restait alors qu’un pays au monde dont la monnaie était encore obligatoirement rattachée par la Constitution même du pays à l’étalon or, c’était la Suisse[5].

Maintenant, il faut dire que les relations économiques entre les nations rendent nécessaire une référence monétaire quelconque à une monnaie stable, afin d’empêcher que les échanges internationaux soient livrés sans défense aux décisions spéculatives arbitraires et incontrôlables des politiciens et des financiers. Il est évident que depuis la fameuse décision de Nixon, la monnaie suisse a (certes involontairement) rendu ce service inestimable de stabilisateur monétaire à la communauté internationale. C’est l’or dans les coffres de la Banque Nationale Suisse qui donne cette solidité au franc suisse, ce qui rend les services de nos banques privées si attrayants aux investisseurs internationaux. Ce seul fait explique, d’une part, la confiance extraordinaire des investisseurs internationaux dans les institutions bancaires de notre petit pays et, de l’autre, l’incroyable développement de nos banques. Elles en sont venues aujourd’hui à pouvoir rivaliser avec les plus puissantes institutions bancaires américaines sur leur propre terrain de chasse, le marché financier des États-Unis.

Il faut cependant ajouter ici que le lien obligatoire qui rattache la monnaie suisse à l’or donne, en fin de compte à cette monnaie, une valeur de référence internationale ce qui a pour effet inévitable de freiner la volonté de domination financière mondiale par la manipulation monétaire (le monétarisme) des banques internationales. Car, étant libérées des contraintes imposées par l’étalon or, les monnaies deviennent inévitablement sujettes à toute espèce de manipulation. La présence sur le marché financier et monétaire mondial d’une monnaie encore attachée à la réalité d’une matière précieuse (au prix spécifique) empêche les diverses banques centrales de poursuivre en toute liberté leur dynamique monétaire créatrice de richesses artificielles. Pour tout dire, la stabilité du franc suisse, fondée sur sa référence obligée à l’or, par l’attrait qu’il exerce sur le public, ne permet pas à de telles manipulations de déployer leurs funestes conséquences ultimes.

On comprend alors fort bien la frustration du système monétaire et financier mondial devant cet os monétaire suisse, ce trouble-fête de la persistance archaïque de la couverture-or du franc suisse, allant à l’encontre du consensus universel. En d’autres termes, l’obstacle majeur final à l’établissement d’un système financier œuvrant à la domination totale, par une oligarchie aussi intéressée qu’irresponsable, de l’économie et de la politique au moyen de manipulations financières est la référence de la monnaie suisse à l’étalon or. La politique traditionnelle réaliste de notre pays empêche tout simplement l’aboutissement final de cette utopie mondialiste[6].

C’est manifestement cette tension dramatique provoquée par la rencontre de la volonté de domination totale des marchés par l’oligarchie financière en place et la résistance de la place financière suisse, fondée sous la garantie-or du franc par la Banque Nationale Suisse, qui a suscité l’attaque immorale et mensongère montée dès avril 1995, avec un cynisme dépourvu de toute vergogne, contre notre pays. Pour prendre un exemple parmi tant d’autres, le Sunday Times de Londres du 9 mars 1997 ne publiait-il pas un photomontage montrant les portes du camp d’Auschwitz avec au-dessus le slogan communiste-nazi Arbeit Macht Frei qui s’ouvraient sur un paysage alpestre suisse idyllique, avec comme gros titre Blood Money ainsi que la croix gammée nazie et le drapeau suisse entrelacés ? Comme si la richesse si convoitée des banques suisses provenait pour une partie importante du recel du butin pillé à travers toute l’Europe par l’Allemagne nazie. Quel que soit le rôle joué par l’or allemand dans la consolidation des réserves des banques suisses, la raison essentielle de la prospérité actuelle de la place bancaire helvétique provient – comme l’a dit Kurt Schiltknecht (ancien membre du directoire de la Banque Nationale Suisse) – essentiellement de la confiance internationale suscitée par la solidité, par rapport à l’or, du franc suisse. Il est évident que la prospérité des banques rejaillit sur celle de toute la population de notre pays. Voici comment le Nouveau Quotidien du 10 mars 1997 rapportait ses propos exprimés le jour précédent dans l’émission politique de la télévision alémanique, Arena :

[…] les autorités helvétiques jouent avec le feu quand elles caressent l’idée de piocher dans les réserves de la BNS.

et le journal de citer explicitement Kurt Schiltknecht :

« Si les investisseurs étrangers ont confiance en la Suisse, c’est aussi en raison de ces réserves sous-évaluées. L’or a une valeur irrationnelle qu’il ne faut pas sous-estimer. »

Mais en une époque de monnaie imaginaire, comme la nôtre, les investisseurs (ici certainement plus rationnels que ne l’imaginent les économistes) reconnaissent sans peine la différence entre une garantie-or et une garantie purement fictive ! Que ce jeu de liquidation de la base or du franc figure dans les plans du Conseil fédéral semblerait assez probable à en croire les propos de 24 Heures du 7 mars qui, sous le titre «Qui va donc casser la tirelire dorée de la Banque Nationale Suisse ?» écrit :

Constitution : le Conseil fédéral propose d’anticiper une réforme qui aurait dû s’effectuer dans le cadre de la révision totale de la Constitution. Les actuels articles 38 et 39 seront remplacés par le nouvel article 89 du projet de réforme qui supprime le lien entre l’or et le franc. En fait, cette révision n’est pas directement liée à la réévaluation des stocks d’or. Elle pourrait s’effectuer n’importe quand, mais le vote servira de test politique[7]
.

En libérant les quatorze milliards de francs tirés de la réserve en or de la Banque Nationale Suisse et en décidant de commencer à vendre la réserve d’or sur laquelle est fondé le rapport de notre monnaie à la réalité, le Conseil fédéral a fait le premier pas sur la route de la libération du franc suisse de sa référence obligée à l’étalon or. C’est ce premier pas dramatique (et non les modestes sommes qui seraient prévues pour les descendants des juifs exterminés par les nazis) qui a tant rempli d’aise les organisations juives internationales et les ténors de l’opinion mondiale autorisée. Car ces ténors, faut-il le rappeler, s’expriment obligatoirement en fonction des consignes qu’ils ont reçues de la part de ceux qui détiennent le contrôle financier des médias, de nos moyens de communication de masse.

Heureusement qu’il existe encore ici et là des journalistes et des publications qui ne sont pas soumises à la loi d’airain de la conformité à la ligne du parti du politiquement correct. Les propos de Pierre de Villemarest parus dans le mensuel catholique traditionaliste, Controverses, de mars 1997 sont ici, malgré le caractère hypothétique de certaines de ses affirmations, des plus éclairantes :

La Suisse et les Suisses nous ont beaucoup aidés durant l’occupation, et si personne n’est jamais tout gentil, tout beau, tout net, les publicistes payés pour animer la campagne en cours sont mal placés pour faire la morale et la loi. Un magazine américain Vanity Fair vient de mettre en lumière la personnalité d’Edgar J. Bronfman (le richissime propriétaire de la Multinationale des alcools, Seagram, qui est aussi le président du Congrès juif mondial), à propos des campagnes contre la Suisse et autre adversaire de la pensée unique ou des revendications réservées aux uns et pas aux autres. Or ce magazine a des collaborateurs également d’origine juive. Ce qui veut dire que rien n’est aussi simple qu’on tente de le faire croire. Y compris à propos de «l’or nazi». La réalité, c’est qu’en cette fin de siècle les Clubs et cercles mondialistes, dans lesquels M. Bronfman est un chef d’orchestre essentiel, veulent précipiter leur marche vers la destruction des États, des Nations, des peuples qui ont le tort de vouloir maintenir leur culture, leurs traditions, le fait d’appartenir en Europe, sous la diversité des langages, à un christianisme opposé au matérialisme contemporain, qui au nom d’un Nouvel Ordre prétendument nécessaire ou inévitable, veut substituer la loi des marchés, donc la loi des multinationales, à celle des États. La course à la monnaie unique, en Europe, ressort de cette conception, et dans l’affaire, c’est le cas de le dire, la Suisse gêne, avec son poids financier et sa gestion hors du contrôle des gourous mondialistes[8]

Cette collusion entre mondialistes et organisations juives expliquerait les anathèmes lancés par Edgar J. Bronfman contre le système bancaire suisse dans un entretien datant du 10 février 1997 et publié, la semaine précédant le discours du président Koller, dans la Revue juive de Genève. Voici ce qu’en rapporte le Journal de Genève du 5 mars 1997 :

Edgar Bronfman estime que si les banquiers suisses ne saisissent pas l’occasion unique de rétablir leur réputation, il prévoit «la fin de la Suisse en tant que grand centre bancaire du monde, car toute marque essentielle de confiance aura disparu. Il n’est pas seulement question de l’argent des survivants de l’Holocauste, mais de tout l’argent sale de la drogue, ou de (celui) de tant de dictateurs qui y repose grâce au secret bancaire et à tant de comptes numérotés».

Mais la charge du président du CJM contre « l’essence même du système bancaire suisse » à propos duquel la Suisse devrait s’interroger au-delà de la question des fonds en déshérence, franchit un nouveau palier. Jusqu’ici, jamais le responsable d’une des organisations juives qui exigent que la Suisse assume ses responsabilités historiques, n’avait attaqué si frontalement l’institution bancaire helvétique. D’autant qu’il ajoute que le «monde libre […] finira bien par trouver répréhensible un tel système bancaire». […] Pour Edgar Bronfman, il y a «des signes positifs et révélateurs». Et d’évoquer la manifestation de Berne, organisée par des mouvements chrétiens ou le geste spontané d’enfants désireux de participer, même modestement, au fonds récemment créé.

L’essence du système bancaire suisse ne se trouve aucunement dans le fameux secret bancaire (institué avant la guerre pour protéger les intérêts de clients juifs allemands), et encore moins dans le blanchiment de l’argent sale, mais dans la solidité que donne à la place financière suisse la garantie-or de notre monnaie. Le message d’Edgar Bronfman fut parfaitement compris par le Conseil fédéral. Cela explique également la jubilation de certains responsables d’organisations qui avaient attaqué notre pays, après le discours d’Arnold Koller, lorsqu’ils ont pris connaissance de la capitulation financière helvétique. Ils avaient été compris et suivis. La confirmation d’une telle attitude de coopération active a suscité la plus vive satisfaction du président du Congrès juif mondial Edgar J. Bronfman, qui s’exprimait en véritable vainqueur à la Télévision romande le 10 mars 1997. Le quotidien 24 Heures du 11 mars 1997 sous le titre, « Bronfman dit enfin merci », le cite :

Je n’ai jamais voulu faire la guerre à la Suisse, au gouvernement suisse ou aux banques suisses. Si je lai fait, c’est parce qu’on m’y a contraint. [Contraint par qui ? pouvons-nous le demander.] Mais maintenant que le Gouvernement suisse a fait marche arrière, je l’invite à coopérer.
Je voudrais aussi dire aux Suisses que je ne les blâme pas, et ceux qui étaient aux commandes du pays durant la Seconde Guerre mondiale non plus. Mais vous devez accepter le fait que vos décisions ont eu un prix très élevé en termes de vies et de fortunes juives.

C’est dans une telle perspective qu’il nous faut aussi lire les remarques faites par Thomas L. Friedman il y a quelques semaines dans le New York Herald Tribune (et reproduites dans les colonnes du Nouveau Quotidien du 11 février 1997) où il affirmait que la cause fondamentale des attaques livrées contre la Suisse était dû au fait que notre pays refusait toujours de se plier au nouvel ordre international, ordre autant moral que politique. Il écrivait :

Comment peut-on se placer en marge de l’Histoire ? La raison pour laquelle cette histoire d’or nazi continue à tenir le devant de la scène est que trop de Suisses persistent à revendiquer leur neutralité morale, à tenter de se distancier de la communauté internationale dont ils ne font d’ailleurs pas entièrement partie. […] Non, on ne peut pas vraiment parler de chantage à propos de cette affaire. Il s’agit plutôt de banqueroute – d’une banqueroute morale. […] Ce ne sont pas seulement les comptes bancaires suisses qui doivent être ouverts, mais également les comptes moraux et les archives historiques de la Confédération.

Mais il ne faut guère se faire d’illusions. Ce n’est pas en cédant au chantage, comme l’ont fait les grandes banques suisses le 5 février 1997 en établissant un fonds de 100 millions de francs en faveur des victimes de l’Holocauste et de leurs descendants, et comme l’a fait le Conseil fédéral avec sa Fondation humanitaire suisse dotée de sept milliards de francs, que l’on apaisera les incroyables convoitises déchaînées contre notre pays. C’est ce que faisait remarquer un banquier genevois dans 24 Heures le 6 février 1997 :

Le versement de 100 millions par les trois grandes banques est une absurdité, un aveu de culpabilité, une extorsion de fonds. Cette somme est beaucoup trop élevée par rapport aux avoirs en déshérence qui seront réellement retrouvés. L’avenir le prouvera. On s’apercevra que les juifs se sont dépêchés de toucher un maximum d’argent auquel ils n’ont pas droit […] Or, la Suisse se fait insulter. On nous inflige arbitrairement une amende, sans justificatif. […] La pression va continuer. Il s’agit d’un acompte, il faudra rajouter, puis rajouter encore de l’argent. L’UBS, le CS et la SBS ont perdu courage. Ce sont des pleutres. Elles paient pour avoir la paix.

Mais notre analyse ne saurait ignorer l’extraordinaire avidité manifestée, à la vue de tous, par un si grand nombre d’organisations officiellement représentatives du monde juif, même si le peuple juif lui-même ne saurait être ici identifié aux vices de certains de ses chefs ! Et avec cette soif de richesse, nous avons pu constater une bien grande habilité à l’extraire d’un filon propice ! Mais comme des hommes habités par de telles passions sont eux-mêmes aisément manipulables… ! Cet aspect de la question que nous avons tenté d’examiner est éclairé par les propos d’Abraham Burg, président de l’Agence juive. Directement après la décision du Conseil fédéral d’établir une Fondation humanitaire suisse, Abraham Burg déclarait aux journalistes :

Brusquement, j’ai eu la certitude que nos deux ans et demi de lutte aboutissaient enfin, alors qu’au début, les Suisses nous avaient traités de haut et qu’en Israël même la presse affirmait que nous ne trouverions rien. Il est sans doute temps d’agir de façon plus apaisée. La nouvelle fondation aura une énorme influence sur les négociations en cours avec 19 autres pays à propos des avoirs juifs. Il nous fallait un modèle légal à appliquer ailleurs et maintenant nous l’avons. (Nouveau Quotidien, 6 mars 1997)

Nous avons cherché à examiner les réalités qui se cachent derrière de telles vociférations, qui ne sont que le fruit empoisonné d’un amour immodéré pour l’argent, amour qui est, il nous est dit, la racine de tous les maux.

Il me semble que ces diverses considérations éclairent la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Les décisions apparemment incompréhensibles de notre gouvernement trouvent ici une explication qui tiendrait compte de la gravité véritable des enjeux en présence. Il va de soi que les décisions spectaculaires du Conseil fédéral vont au-devant du référendum populaire, consultation obligatoire pour toute modification de la Constitution fédérale. Il est également très probable que la colère, l’incompréhension et l’écœurement d’une grande partie de la population conduiront au rejet des décisions du Conseil fédéral. Ceci est d’autant plus probable que le Conseil fédéral sera dans l’impossibilité d’expliquer au peuple les enjeux véritables de sa politique de trahison des intérêts du pays et des raisons de sa stratégie suicidaire de soumission aveugle aux diktats de l’ordre financier mondial en place.

Nous devons reconnaître que ce nouvel ordre mondial, cet empire universel, par le cynisme moralisateur et tartuffien qui l’anime est d’une ruse, d’une astucieuse hypocrisie et d’une puissance sans bornes. Il est à craindre que ce Nouvel Ordre des Siècles, qui aujourd’hui jette son ombre sur le monde entier, ne connaisse guère d’hésitations ni de scrupules quant à l’utilisation de la force nue contre notre pays. Ne devons-nous pas aujourd’hui redouter que, si nous persistons dans notre refus de nous plier devant le consensus mondial en place, nous risquons de subir demain un sort semblable à celui de l’Irak et de la Yougoslavie ? N’est-il pas à craindre que nous puissions, suite à notre refus du mensonge monétaire que l’on cherche à imposer au monde entier, un jour prochain, comme fruit de notre amour des libertés de nos ancêtres et de notre attachement à l’indépendance de notre patrie, constater l’invasion de notre ciel – au-dessus de nos villes, de nos lacs et de nos montagnes – par les avions du dominateur actuel du monde ?[9]

Que Dieu ait pitié de nous et de notre patrie ! Qu’Il nous conduise à nous repentir de nos mauvaises voies et à le rechercher en toute sincérité en la Personne divine et humaine de son Fils unique, le Seigneur Jésus-Christ, Sauveur de son Église et Roi de toutes les nations de la terre. Celui qui est fidèle à l’alliance qu’Il a établie avec ses enfants, qui a tant de fois secouru notre pays, ne nous écoutera-t-Il pas si nous revenons à Lui de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force et de toute notre pensée ?

Annexe

Lettre à 24 Heures non publiée 

10 Lausanne, le 27 janvier 1997

Monsieur le Rédacteur,

Il est évident que l’ambassadeur Jagmetti a parfaitement raison lorsqu’il écrit dans son rapport confidentiel que la Suisse se trouve aujourd’hui engagée dans une guerre à la fois externe et interne. Les pressions invraisemblables dont notre pays fait l’objet depuis plusieurs mois démontrent la réalité de cette agression externe ; la fuite du rapport Jagmetti et la prise de position du Comité central du Parti socialiste suisse exigeant la démission du Conseiller fédéral Delamuraz, démontrent tout aussi clairement la réalité de cette subversion intérieure. Il est heureux que l’on commence enfin à en prendre conscience.

Mais la question demeure : quel peut donc être l’enjeu d’une telle offensive contre notre pays ? La thèse d’une conspiration juive dirigée contre la Suisse, théorie qui en conséquence de toute cette agitation provenant d’organisations juives aux États-Unis et en Israël se répand tout à nouveau dans notre pays, ne semble pas vraisemblable. D’une part, on n’a jamais vu des conspirateurs étaler leurs desseins ténébreux à la vue de tous, avec pour effet de susciter la méfiance de ceux qu’ils chercheraient à berner ; et, de l’autre, l’enjeu visible – celui des comptes juifs en déshérence dans nos banques – paraît totalement disproportionné vu l’ampleur du remue-ménage qu’il prétend avoir provoqué.

À y réfléchir, il semblerait bien que tout l’aspect juif de cette affaire ne pourrait bien n’être qu’un nuage de fumée destiné à masquer un enjeu d’une ampleur bien plus vaste. En plus, il est à remarquer que ce sera la communauté juive de ce pays qui, bien malheureusement, sera la première à faire les frais de la manière dont ses propres souffrances ont été utilisées par cette extraordinaire manipulation. Alors quelle serait donc la nature de cet enjeu si important et si bien camouflé ?

La réponse ne me semble pas bien compliquée. C’est un fait largement connu que, si environ 40% de la totalité mondiale des investissements transnationaux est placée aux États-Unis, environ 30% en sont déposées dans les banques suisses. Il semblerait que des puissances politico-financières dont l’ambition et la convoitise ne connaissent guère plus de limites que leur soif de pouvoir travaillent à mettre la main sur la place financière suisse.

Il est grand temps que, tant nos concitoyens (de quelque provenance confessionnelle qu’ils puissent être) que les juifs de la Diaspora eux-mêmes, tous nous prenions conscience des véritables enjeux de cette affaire. Au lieu de nous laisser enfermer dans un conflit dont nous ferons tous les frais, nous devons comprendre la direction où l’on cherche si habilement à nous mener afin qu’ensemble nous sachions mieux résister aux pressions dont nous sommes tous les objets, les uns directement, les autres indirectement.

Veuillez, Monsieur le Rédacteur, agréer l’expression de mes sentiments reconnaissants pour le journalisme intègre dont vous et vos collaborateurs avez su faire si largement preuve dans cette pénible affaire.


Notes

  1. Texte écrit en mars 1997 et publié par la Documentation chrétienne, à Lausanne, Suisse. Notes mises à jour.
  2. Texte terminé le 18 mars 1997.
  3. Ferdinand Lips, Gold Wars. The Battle Against Sound Money as Seen From a Swiss Perspective, FAME, New York, 2001 ; Hans F. Sennholz, Money and Freedom, Libertarian Press, Spring Mills, PA 16875, 1985 ; Hans F. Sennholz, Age of Inflation, Concord Books, (P.O. Box 90740, Seal Beach, USA), 1979; Ron Paul and Lewis Lehrman, The Case for Gold. A Minority Report of the U.S. Gold Commission, Cato Institute, (224 Second Street SE, Washington DC 20003, USA), 1982. Voyez aussi : Pascal Salin, La vérité sur la monnaie, Odile Jacob, Paris, 1990 ; L’ordre monétaire mondial, P.U.F., Paris, 1982.
  4. Sur l’influence néfaste de Keynes voyez : Mark Skousen (Editor), Dissent on Keynes. A Critical Apprisal of Keynesian Economics, Praeger, New York, 1992 ; F. A. von Hayek, Contra Keynes and Cambridge, Liberty Fund, Indianapolis, 1995.
  5. Sur l’histoire de ces questions voyez les ouvrages suivants : Eustace Mullins, The Secrets of the Federal Reserve, Bridger House Publishers, 2009 ; G. Edward Griffin, The Creature from Jekyll Island. A Second Look at the Federal Reserve, American Opinion (P.O. Box 8040, Appleton, Wisconsin, 54913-8040, USA), 1994 ; Anthony C. Sutton, The War on Gold, ‘76 Press Concord Books, (P.O. Box 90740 Seal Beach, USA), 1977. En français : René Sédillot, Histoire de l’or, Fayard, Paris, 1972 ; Henry Coston, Les financiers qui mènent le monde, Publications H. C., Paris, 1989. Pour une vision historique de ce phénomène : George Knupfer, The Struggle for World Power, Revolution and Counter-Revolution, The Plain-Speaker Publishing Company, London, 1971.
  6. L’économiste et prix Nobel français Maurice Allais avertissait, depuis des années, ses collègues et le public sur les conséquences néfastes du système monétaire et financier qui se mettait en place. En 1999 il publiait : Maurice Allais, La crise mondiale aujourd’hui, Clément Juglar, Paris, ouvrage qui se lit aujourd’hui comme une véritable prophétie sur ce qui s’est passé depuis. Il est curieux que son éditeur ne réédite pas ce petit classique, aujourd’hui introuvable.
  7. Ce fut chose faite lors de l’acceptation de la nouvelle Constitution Suisse par le peuple et les Cantons au printemps de 1999. Cet article capital (article 89), abrogeant la couverture partielle obligatoire du franc suisse ne suscita quasiment aucun débat public. Voyez à ce sujet le livre de Ferdinand Lips mentionné plus haut en n
  8. Pierre de Villemarest, A l’ombre de Wall Street, complicités et financements soviéto-nazis, Godefroy de Bouillon, 1996.
  9. C’est bien ce qui s’est produit depuis pour bien des pays – la Serbie, l’Iraq, l’Afghanistan, la Syrie et la Libye, qui ont tous eu l’audace de résister à la domination inconditionnelle du Maître du monde. C’est bien ce qui menacerait directement aujourd’hui la Russie et la Chine s’ils n’étaient pas dotés d’une très sérieuse capacité de riposte nucléaire. Notre présente immunité helvétique est un témoignage éloquent de notre soumission aux Maîtres du monde. La présence du FBI à Zurich l’an dernier pour arrêter sur notre territoire des prétendus malfrats de la FIFA, en est une preuve manifeste. (Note du 4 août 2016.)