BERTHOUD Jean-Marc - L’opposition « évangélique » entre grâce et loi et ses conséquences

De Calvinisme
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Réflexions libres suscitées par l’entretien avec un responsable évangélique consacré au rapport de l’Évangile à la politique et destinées tout particulièrement à l’attention de Florent Varak, Guillaume Bourin et Pascal Denault
En reconnaissance envers Irénée de Lyon (130-202) pour ses enseignements anti-gnostiques sur les rapports de la Loi et de l’Évangile[1].
  1. Il existe une pensée, assez courante dans certains milieux « évangéliques », au sujet du témoignage de Jésus-Christ relatif à la politique qui contredit tout l’enseignement biblique sur ce sujet. Apocalypse 19 : 10, nous dit que « le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie. » Qu’est-ce donc alors que l’« esprit de la prophétie » ? L'esprit de la prophétie, nous montre Apocalypse 11, en parlant du témoignage prophétique des deux témoins, n’est autre que la proclamation de la Loi de Dieu par l’Église fidèle afin de condamner publiquement les péchés couramment pratiqués dans la société, ceci même si cela doit conduire – comme cela a souvent été le cas dans l’histoire – au martyre du prédicateur. Puis, suite à la conviction de péchés qu’une telle proclamation céleste de la loi divine suscite, viendra l’annonce du message de l'Évangile de notre salut. La séparation – bien trop fréquente – de la proclamation de la Loi de celle de l'Évangile a, depuis quelque trois siècles, été l'une des faiblesses les plus terribles du protestantisme.
  2. Nous désignons ici par le mot « évangélique » une tendance spirituelle actuelle dans le Protestantisme (mais qui se manifeste aussi dans divers autres milieux) qui, en contradiction avec l’héritage véritable du Christianisme, celui de la Réforme et de l’Évangélisme vraiment biblique, en est venu à mettre l’Évangile éternel de Dieu, la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ, en opposition avec les exigences de la Loi-Parole de Dieu, telle qu’elle est contenue dans la Bible tout entière. Faudrait-il parler ici d’une tendance « néo-évangélique » ?
  3. Ce courant dit « évangélique » enseigne que l'Église ne doit pas chercher à exercer une quelconque influence politique dans ce monde, mais qu’elle a l’obligation de se limiter à la prédication du seul Évangile afin de susciter le salut individuel du plus grand nombre d’âmes perdues. Une telle attitude par laquelle l’Évangile est détaché du second usage, appelé « pédagogique », de la Loi – susciter la conviction de leur péché par ceux qui l’entendent – ne peut que conduire à ce que l’Église renonce à son rôle pleinement biblique d’être la lumière divine éclairant les ténèbres de ce monde et le sel de Dieu préservant la terre de la pourriture spirituelle, morale, culturelle et politique provenant de la chute de l’homme et des péchés innombrables qui s’en sont suivis.
  4. Dans son ignorance du témoignage de l’histoire de l’Église chrétienne sur l’action, à la fois pratique et publique, des chrétiens qui de tout temps ont œuvré en faveur de diverses formes d’engagements sociaux, politiques et culturels conformes à la Bible, ce courant dit « évangélique » manifeste une myopie historique impressionnante. Il existe un certain nombre de déclarations évangéliques qui ont cherché à définir bibliquement le rôle des Églises pour ce qui concerne leurs responsabilités dans la sphère publique. Nous pensons ici § 5 du Pacte de Lausanne (1974) dans lequel on cherche à clarifier le rapport entre évangélisation et responsabilité sociale ainsi que, plus récemment, le Manifeste de Manille (1989). Il ne faudrait pas oublier l’action, à la fois spirituelle et sociale, si remarquable de l’Armée du Salut pour ne mentionner ici qu’une seule œuvre évangélique bien connue chez nous ayant largement assumé les responsabilités charitables publiques de la Foi chrétienne[2]. Un tel témoignage public chrétien devrait être la responsabilité d’abord de chaque chrétien conséquent ; puis des familles chrétiennes ; enfin être celle de chaque Église locale (ou de diverses Associations d’Églises). Un tel témoignage social et culturel ne devrait pas être simplement relégué à la responsabilité d’organisations para-ecclésiastiques, même si de telles œuvres ont une utilité certaine par leur action spécifique, tout en comblant ainsi les défaillances des Églises dans ce domaine. Il est certain que des œuvres chrétiennes indépendantes des Églises – tels des écoles, des hôpitaux, des centres d’accueil chrétiens – ont leur rôle à jouer, mais un lien organique spirituel devrait toujours être maintenu avec les Églises locales.
  5. Cette tendance dite « évangélique » affirme que le christianisme est impossible sans l’action du Saint-Esprit ! C’est certainement vrai. Mais ce que nos frères de cette tendance « évangélique » oublient, cela au profit d’une insistance unilatérale sur les réalités spirituelles ultimes, est que les choses pénultièmes, celles de ce bas monde, doivent elles aussi toutes être amenées à l’obéissance de l’Évangile, c’est-à-dire à se soumettre aux commandements de Dieu ainsi qu’à l’ordre stable de la création. C’est cela la proclamation d’un Évangile complet, celui de l’esprit de la prophétie. La loi divine dans son usage premier – définissant l’ordre de la justice afin d’armer le glaive du Magistrat – nous fournit aussi le modèle vrai de ce qui est bon, droit et juste, cela pour tous les aspects de la vie publique : religieuse, politique, économique, sociale et culturelle des hommes parmi lesquels il nous faut – force oblige – inclure les chrétiens. À force de mettre l'accent sur l'Évangile seul, nos frères « évangéliques » oublient la sainte, juste et bonne loi de Dieu (Romains 7 : 12) et se privent, par ce fait même, de toute force véritable dans leur proclamation de l’Évangile de Jésus-Christ (II Timothée 3 : 5).
  6. Cette attitude, qui s’approprie faussement le nom d’« évangélique », en vient ainsi à séparer la loi de la grâce, cela en tranchant tout rapport concret réel entre la justice et la miséricorde de Dieu. Il faut rappeler que la loi divine n’est pas autre chose que le cadre créationnel dans lequel la grâce s'exerce ! Une telle attitude « évangélique » oublie la relation que l’enseignement de l’Évangile établit entre vérité et vie. Jésus a déclaré : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » La vérité concerne le salut, certainement, mais ce salut se rapporte aussi au cadre de la création, c’est-à-dire il est aussi celui de la vie humaine, personnelle, physique et sociale. Le salut est donc structuré par les normes immuables de la loi divine. Que l’homme n’en vienne pas à séparer ce que Dieu a uni ! (Genèse 2 : 24 et Matthieu 19 : 5.)
  7. Un tel discours, qui se prétend « évangélique », ne renferme qu’un seul pôle : celui d’un Évangile privé de toute sa force ! En grec le mot hérésie signifie choix. Ici l’on choisit la grâce contre la loi ; l'Évangile de la vie éternelle contre la vie humaine dans ce monde, vie humaine que l’Évangile vient, en fait, restaurer et sanctifier ! Il ne faut pas oublier que le message de l'Évangile, reçu par la foi, aboutit à une réalité tout à la fois humaine et Divine, terrestre et céleste, physique et spirituelle. Cette réalité s'exprime, disons-le avec force, en des termes à proprement parler, politiques : Basilea tou Theou, le Royaume de Dieu ! Deux royaumes sont ici en conflit : le règne des ténèbres et le royaume de Dieu. Il peut donc y avoir ici-bas un Magistrat juste, soumis à la Loi de Dieu, mais également un Magistrat inique, Bête totalitaire opposée à la loi de Dieu (l’anomos, le « sans loi » de la deuxième épître de Paul aux Thessaloniciens, chapitre 2 : 1-12), animal politique anormal qui se trouve être lui-même soumis au Dragon, le diable ou Satan (Apocalypse 12 et 13).
  8. Cette idéologie exclusivement religieuse, qui se veut « évangélique », en est venue à présenter le lobbying politique comme la seule alternative au témoignage évangélique. Il s’agit ici, aux yeux de ces docteurs « évangéliques », dans ce faux débat, Évangile ou Politique, de l’unique alternative « politique » possible à la proclamation de l’Évangile. Il n’y a donc aucune place dans cette perspective « évangélique » pour une quelconque apologétique, c’est-à-dire pour une loi divine qui redresserait la pensée humaine déformée par les effets du péché. Pour prendre un exemple bien connu, c’est bel et bien de l’apologétique que pratique Jésus lors de l’entretien qu’il provoqua à Sichar au cours de sa rencontre avec la femme samaritaine.
  9. On cherche, dans cette perspective « évangélique », à témoigner de Jésus-Christ ! C'est bien l'Évangile qui change le cœur, oui ! Mais dans quelle direction ? Celle de la lumière qu’est la Parole-Loi de Dieu ? Ou alors dans la direction de ces ténèbres du monde qui rejettent le Christ et ses commandements ? Christ, la lumière du monde, est une lumière divine qui éclaire certes d’abord l’Église, mais aussi la création et (dans une certaine mesure) le monde, en particulier, celui de la politique.
  10. Dans les propos à prétention « évangélique » que nous considérons, il s’agit aussi de l’appel de la vocation chrétienne. Dans la perspective « évangélique » dont il est ici question, la vocation publique du chrétien est limitée à une seule option : l’entrée en la politique partisane avec tous les compromis et les canailleries que la pratique de l’action « politicienne » traîne trop souvent à sa suite. Cette façon de considérer le choix entre témoignage chrétien et engagement dans une politique exclusivement profane, ne laisse aucune place pour une influence dans la vie publique véritablement chrétienne, c’est-à-dire qui, au moyen de la proclamation de la Loi de Dieu, éclaire et purifie la vie politique des nations. Une telle façon de voir, qui se prétend toujours « évangélique », n’a pas la moindre idée que les saines normes bibliques, les bornes immuables et vivifiantes de la Loi de Dieu, doivent – et peuvent – encadrer l’activité politique des hommes. Le refus « évangélique » de la loi divine conduit à rendre impuissante toute action politique alliancielle en faveur du bien commun. Car cette vision qui se prétend « évangélique » ne peut envisager une vocation politique chrétienne quelconque, à moins qu’elle soit laïque, profane, c’est-à-dire séparée de Dieu le Créateur et coupée de toute vérité, c’est-à-dire de la Loi et de l’Évangile. Une telle perspective « évangélique » ne pourra rien dire sur ce que pourrait être une position chrétienne véritable en politique, car dans sa pensée, qui se veut chrétienne, il n'y a aucune place pour la Loi de Dieu !
  11. Il est certain que nous avons le devoir de prier pour les autorités afin de pouvoir vivre, en tant que chrétiens, en paix et dans la tranquillité, cela dans un monde si souvent hostile à la foi chrétienne. Mais une telle vie tranquille et paisible est seulement possible pour nous autres chrétiens si les autorités respectent, du moins dans une certaine mesure, cette règle de toute justice qu’est la Loi de Dieu ; il en ira certes mieux encore, si ceux qui nous gouvernent sont animés par la crainte de Dieu et travaillent à favoriser la vraie foi. Autrement, les chrétiens en viendront immanquablement à être, ou bien assimilés, ou bien persécutés par le monde. Dans l’orientation des opinions « évangéliques » souvent entendues, il ne se trouve guère de pensée concernant un ordre politique juste, possible et même nécessaire, ceci en conséquence d’une méconnaissance :
    1. de l'ordre créationnel (dont fait partie l’ordre politique) et
    2. de l'enseignement de la Bible qui, tout entière, nous parle de cet ordre et des dangers que représente son absence[3].
  12. Il nous faut aussi revenir à la vision, à la fois créationnelle et biblique, de la différentiation des ordres (ou sphères) de la société et travailler à les rétablir dans l’ordre qui est le leur. L’Église n’englobe pas en son sein la famille qui détient une sphère d’autorité et de liberté qui lui est propre. Il en va de même pour l’État nation, quel qu’il puisse être, qui se doit de respecter les ordres politiques qui peuvent lui paraître lui être subordonnés, tels les provinces, les cantons, les départements, les communes qui doivent être respectés selon l’ordre qui leur est historiquement propre. Rappelons que dans la Confédération helvétique l’entité politique véritablement « nationale » n’est autre que celle des cantons qui, à des moments divers de leur histoire, ont délégué certaines de leurs fonctions au pouvoir « central » de la Confédération. Il en va de même pour les domaines économiques et culturels qui ne doivent pas en venir à être assimilés par l’État centralisateur. Les sphères de liberté d’action juridique, législative et exécutifs du pouvoir politique ne doivent pas, eux non plus, être subordonnés les uns aux autres. Enfin, une relation distincte et saine doit être maintenue (ou rétablie) entre l’autorité spirituelle et l’autorité temporelle, entre l’Église et l’État. Mais au-dessus de toutes les institutions dont est constituée la société, doivent régner les divers aspects normatifs – tout à la fois transcendant et immanent – de la Loi de Dieu.
  13. La question centrale ici n'est aucunement celle d’une prétendue liberté de conscience (à ne pas confondre avec la liberté du culte), mais celle de la gloire de Dieu, de sa vérité, de sa souveraineté, de sa justice, de sa miséricorde. Il ne semble pas, chez ces penseurs « évangéliques », y avoir la moindre notion des exigences, des promesses et des menaces contenues dans l'Alliance de Dieu, une alliance divine qui châtie les méchants et encourage les gens de bien. Cette tâche, enseigne Saint Paul, est ici-bas celle du Magistrat juste.
  14. La notion de « liberté de conscience », réclamée par l’idéologie que nous examinons, n’est pas autre chose que ce qu’on nomme une « notion bâtarde », c’est-à-dire le mélange de deux notions contradictoires, assemblées de manière illégitime en une seule conception, afin de mieux faire passer l’erreur que leur union renferme. Il s’agit ici des concepts opposés de liberté absolue et de conscience variable. Mais la conscience véritable de l’homme n'est aucunement ni libre ni variable : elle est toujours liée, pour être juste, à sa règle divine immuable, la Loi-Parole infaillible et permanente de Dieu, que reflète l’ordre même de la création, l’ordre de la nature. C’est ce qu’enseignait justement Luther lorsqu’il s’écria à la Diète de Worms devant Charles Quint, alors Empereur dominant presque la terre entière : « Je ne puis me rétracter, car ma conscience est liée par la Parole de Dieu. » La doctrine dite « évangélique » d’un Évangile seul (un Évangile sans Loi) ne fait qu’abandonner le monde au diable !
  15. L’histoire nous montre que la société est souvent transformée par la fidélité des chrétiens remplis de l’Esprit – même (et surtout !) sous le glaive de la persécution – chrétiens qui obéissent aux exigences publiques et privées de la loi divine. Le major Davel, comme chrétien sur l'échafaud à Vidy ne s’écriait-il pas le 24 avril 1723, animé comme il l’était par cette liberté merveilleuse des enfants de Dieu, faite sienne même sous la hache du bourreau : « C'est ici le plus beau jour de ma vie ! »
  16. Ce slogan prônant la « liberté de conscience » est la condamnation à mort de toute conscience vraie, de toute conscience chrétienne qui se soumet, non aux modes flottantes d’une liberté basée sur des opinions foncièrement instables et sur des coutumes qui, sous la pression d’influences délétères, sont elles aussi apte à se dénaturer[4], mais sur les normes immuables de la loi divine et de l’ordre créationnel. Cette « liberté de conscience » est le slogan destructeur qui anime l’idole majeure de la modernité : une liberté sans bornes. En fait, notre premier devoir ici est d’attaquer cette idole d'une liberté sans loi animant une conscience informe.
  17. Si la loi n'existe pas, il est impossible de discerner justement le chemin à suivre, que ce soit individuellement, en l'Église ou dans le cadre politique de la nation ! En fait, la notion de liberté est plus forte ici, pour cette nouvelle mentalité « évangélique », que celle de vérité. Le véritable drapeau chrétien n'est pas celui d’une conscience libérée de toutes normes, mais celui d’une conscience soumise à la vérité (qu’est notre Seigneur Jésus-Christ) dans l'amour des commandements de Dieu. C’est bien ce qu’enseigne toute la loi divine, dans le Nouveau comme dans l’Ancien Testament. La liberté de conscience néo-païenne se résume par le slogan : « Fais tout ce que veut ta conscience, libre qu’elle est comme le vent ! » La liberté chrétienne, elle, signifie : « Fais tout ce que Dieu te demande, en Jésus-Christ et par l'action du Saint-Esprit, te soumettant joyeusement à la Parole-Loi divine. »
  18. Comment la liberté de conscience – slogan révolutionnaire s’il en est – peut-elle se maintenir là où règnent aujourd’hui les « jacobins »[5] (de droite ou de gauche) ou, demain, les musulmans, qui tiendront sans doute bientôt le haut du pavé social, culturel, religieux et politique de nos nations si libres et tolérantes ? Cette absence de la loi de Dieu suscite un christianisme complaisant, tolérant, dévertébré, émasculé, châtré, sans force aucune !
  19. Le consensus chrétien (voilà une nouvelle idée bâtarde !) se rapportant, par exemple, à la justice, cherche à se régler sur l’harmonie des opinions « évangéliques » divergentes, issues de la multitude des communautés chrétiennes, ou se fondant, démocratiquement, ou de manière consensuelle, ou majoritairement sur la somme victorieuse des suffrages exprimés. Dans de telles démarches, Dieu et sa Parole, ainsi que l’ordre créationnel stable instauré par Lui, sont complètement oubliés. Un Évangélisme véritable fondra sa pensée et son action sur ce que dit la Loi de Dieu. Cette loi divine défend tout à la fois la rigueur de la justice et un esprit d'humanité, cela même envers les pires criminels qui doivent nécessairement subir leur peine – même capitale, comme ce fut le cas pour le larron converti sur la croix – à laquelle ils ont été justement condamnés.
  20. La mentalité « évangélique » que nous examinons ici évacue complètement le premier usage de la loi, c’est-à-dire la loi divine qui sert de norme ultime pour le Magistrat et qui est le fondement d’une philosophie politique chrétienne créationnelle, source d’un ordre bienfaisant pour le monde ! Mais cette mentalité « évangélique » informe refuse la dimension ordonnatrice de la loi de Dieu ! Rappelons que, si le deuxième usage « pédagogique » de la loi rappelle à l’homme son péché en vue de sa conversion, le troisième usage concerne, lui, la loi divine en tant que lumière normative céleste éclairant le sentier de chaque chrétien.
  21. Avec la domination de cette mentalité antinomienne dite « évangélique » il n’existe plus de possibilités pour l’Église d’appeler la société à se soumettre aux consignes de Dieu relatives à la politique. La raison en est simple. Ces milieux spirituels ne désirent même plus connaître pour leur propre bien les normes de la Loi de Dieu. Comment pourraient-ils alors les appliquer aux péchés du monde ? C’est de cette manière que l’idéologie démocratique devient elle-même un dieu, car c’est le « peuple » qui en vient alors à définir lui-même tant le bien que le mal, cela par la majorité moralement suffisante d’une seule voix, vote libre exprimé hors de toute référence à une norme stable, tant immanente (naturelle) que transcendante (divine). Cependant, les limites fixées par le droit divin et créationnel contraignent objectivement la conscience de tout homme, car il est créé à l’image même de Dieu. Il n'y a donc pas de liberté absolue en elle-même ! L’exercice de la liberté pour être juste doit lui-même se soumettre à la règle fixée pour toujours par la loi divine. Une liberté de conscience qui se place hors des normes divines et naturelles rend l’homme pécheur juste à ses propres yeux. Il s’établit ainsi lui-même comme son propre dieu, déterminant par lui-même le bien et le mal, comme le fit Adam, notre père à tous, lors de sa saisie du fruit défendu. Ce qui est juste (mais variable au gré des majorités) n’est donc décidé que par les hommes ! Musulman ou communiste, « évangélique » ou mécréant, peu importe !
  22. L'Église, selon ce point de vue à la fois évangélique et antinomien, cesse d’être la colonne et l'appui de la vérité. Fidèle, l’Église de Dieu, par contre, ancrée comme elle l’est en Jésus-Christ et en sa Parole-Loi devient cette colonne et cet appui de la vérité dans un monde qui a perdu le nord. Cette Parole-Loi suscite ainsi, par l’action vivifiante de l’Esprit de Dieu, l’Église, qui n’est autre que le corps vivant et fécond de Jésus-Christ, corps institutionnalisé – c’est-à-dire structuré – par la Loi-Parole de Dieu ! Par contre, une liberté de conscience, individuelle ou communautaire, est la voie qui conduit immanquablement au scepticisme. Cette façon « évangélique » de considérer la liberté de conscience oublie tout simplement le troisième usage de la loi qui est la lumière de la Loi de Dieu sur le sentier du chrétien et de l'Église fidèles. (Voyez, parmi bien d’autres passages bibliques, le Psaume 119 tout entier.)
  23. Cette façon « évangélique » de voir les rapports entre le Christianisme et la politique conduit à l’idée qu’on ne peut vivre qu’avec les modèles imparfaits que l'on s'est choisis, modèles boiteux – et jamais normatifs – dont il nous faut de force nous contenter. À une telle impasse, il nous faut répondre résolument : Non ! Pourquoi devrions-nous nous abandonner à une restriction mentale pareille – marque de l’impuissance qui nous condamne à subir la médiocrité permanente d’une vie politique révoltée contre son Créateur – alors que nous disposons, dans la Loi de Dieu, d’un modèle parfait. Car la loi divine immuable nous a été révélée pour ordonner, en vue du bien commun véritable des nations de la terre et de manière adaptée aux circonstances du temps, toute notre vie politique, économique et sociale. Ce modèle divin fut incarné de manière parfaite par Celui qui est notre modèle suprême, le Seigneur Jésus-Christ. Notre norme politique ne se trouvera pas de manière simplement empirique, en comparant les divers modèles politiques toujours imparfaits, si nous ne parvenons jamais à mesurer de tels exemples, certes utiles à connaître, à l’aune de la loi divine.
  24. Les réflexions de ces milieux dits « évangéliques » manifestent une confusion complète entre la fin dernière (ultime) de l’homme – le salut de l’âme ici-bas et celui des corps au dernier jour – avec la fin avant-dernière (pénultième) des hommes et du monde : l'ordre de la création, dont fait partie l'ordre de la politique. C’est d’une manière gnostique que cette façon de voir « évangélique » en vient à opposer la création ancienne à la création nouvelle, l'ordre de cette création ordonné au bien, à la grâce salvatrice de Dieu en Jésus-Christ. L'Évangile est ici, d’une manière dualiste marcionite, opposé ici à la création, comme si la grâce rédemptrice n'avait pas aussi pour but le rétablissement de la création ancienne, maintenant soumise à la vanité par la chute et corrompue davantage encore par le péché de l’homme. Le renouvellement de toutes choses manifestera, à la place de l’ordre politique imparfait si nécessaire au temps présent, l’ordre parfait de la nouvelle terre et des nouveaux cieux. Jusqu’alors, nous qui, tout en aspirant aux réalités célestes, vivons sur cette terre, devons aussi travailler au rétablissement actuel des réalités pénultièmes, ce qui inclut la restauration d’un ordre politique temporel qui cherche le bien commun des hommes et des nations.
  25. La seule chose qui semble en fait importer aux tenants de l’idéologie que véhicule cette étrange vision « évangélique », tant de la société que de la politique, serait la destinée éternelle des hommes : un tel refus même de considérer l’influence de l’Évangile sur les réalités terrestres pourrait bien être une tentation spiritualiste de type gnostique.
  26. Une attitude dualiste de ce type, à tendance gnostique, opère une déformation de la doctrine de l’unité de Dieu et de sa souveraineté. En séparant ainsi le domaine de la piété de celui de notre vie chrétienne dans le monde on revient à l’opposition ancienne erronée du profane et du sacré. Mais comment peut-on ainsi suggérer une telle séparation comme modèle de vie chrétienne si « c’est à l’Éternel qu’appartient la terre » (Psaume 24 : 1) ? De quel Dieu serait-on ici alors en train de parler ? Notre Dieu, à la fois Créateur et Rédempteur, serait-il pourvu d’une autorité limitée ? Ne devons-nous pas tous travailler à ramener toutes les pensées, orgueilleuses (et fausses) de l’homme révolté contre la Loi de Dieu et l’ordre stable de la création, captives à l’obéissance de notre Seigneur Jésus-Christ ? (II Corinthiens 10 : 3-6).
  27. Selon le point de vue avancé par cette perspective « évangélique » sur la vie sociale et politique, Jésus est habituellement présenté comme étant animé d’une attitude de rejet à l’égard de ceux qui prétendent vouloir vivre une vie moralement juste. Nos nouveaux « évangéliques » identifient de tels actes de « justice » à la secte des propres justes, des pharisiens ! Selon cette manière de voir, de telles personnes seraient tous justes de leur seule propre justice donc, en fait, les pires des injustes. Mais, dans la réalité des faits auxquels le Christ était confronté, de tels pharisiens propres justes étaient, tout en se réclamant de Moïse, les hommes les plus hostiles à l’esprit, comme à la véritable lettre, de la Loi de Dieu ! Selon cette façon étrange de voir, les païens qui cherchent à vivre de manière morale, bien qu’imparfaits et ayant, eux aussi, besoin d’être sauvés, auraient moins besoin de Jésus-Christ que ceux qui persistent dans la perversité visible de leur vie inique. L’Écriture ne dit-elle pas plutôt que Dieu aime ceux qui pratiquent la justice ? « Si donc, vous qui êtes mauvais [ils ont donc tous besoin d’être sauvés !], vous vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. » ! (Luc 11 : 13) Selon une pareille argumentation, les chrétiens qui sont eux-mêmes devenus des « justes » – ils sont parfaitement justifiés en Christ et marchent en Lui dans une sanctification progressive – auraient, eux aussi, moins besoin de Jésus-Christ que les païens abandonnés à leurs passions et leurs impiétés perverses ! La Bible ne nous enseigne-t-elle pas plutôt que l’amour du chrétien pour Dieu se manifeste par son attachement à sa Loi, comme nous le montrent de nombreux Psaumes et la Bible tout entière ?
  28. Ce salut de l’âme n’est donc pas en mesure d’avoir des conséquences éthiques positives pour la société, vu la vision antinomienne qui l’accompagne ! Il n’y aurait donc pas, dans cette perspective qui se proclame « évangélique », de règles applicables à la vie du chrétien en société, ou plutôt les règles qui demeurent relèvent, au mieux, uniquement de l’éthique chrétienne individuelle, n’ayant pas de conséquences pour la vie de la cité des hommes.
  29. Le monachisme des moines du désert d'Égypte est lui aussi incompris par cet enseignement « évangélique ». Ce monachisme égyptien avait comme but de permettre à certains hommes qui devenaient moines de s'écarter d’une société pécheresse et d’une Église souvent en partie corrompue, afin de mieux étudier et comprendre la Bible, de vivre dans une communion plus profonde avec Dieu et ainsi de mieux lui obéir. Parmi ceux qui sont souvent venus auprès de ces moines afin d’y étudier la Bible avec eux et se ressourcer spirituellement, nous trouvons des chrétiens de très grande envergure tels, parmi bien d'autres, un Athanase ou un Cyrille, tous deux d'Alexandrie. C’est là, dans le désert, qu’ils prenaient de nouvelles forces, ce qui leur permettait de mieux combattre les hérésies à leur époque trop souvent favorisées par le pouvoir impérial. Un empereur fidèle vaut pourtant mieux pour l’Église qu'un empereur impie !
  30. Celui qui ne fait pas le bien (c’est-à-dire, qui encourage le bien et s'oppose au mal) commet un péché. La politique spirituelle de l'autruche que préconisent nos docteurs « évangéliques » ne fait de l'Église ni la lumière du monde ni le sel de la terre. L’Église devient lumière du monde chaque fois que la Loi-Parole de Dieu y est vécue, en Christ et par l’action du Saint-Esprit, et que cette vie nouvelle se traduit par des actions justes, visibles au monde païen. Cela nécessite évidemment la présence dans l’Église des normes de la loi divine et créationnelle, cadre dans lequel se proclame l'Évangile du salut. Un tel Évangile devient, lorsqu’il est accompagné par l’esprit de la prophétie, le sel de la terre par la force spirituelle de cette proclamation fidèle des exigences de la Loi de Dieu qui cautérise le péché du monde et retient ainsi la libre croissance de la pourriture sociale.
  31. Cet enseignement « évangélique » traite alors de certains devoirs civiques, en particulier celui du vote. Ne pas voter est déjà un choix politique ! Cet enseignement « évangélique » préconise tout simplement de ne pas aborder de telles questions. Alors, comment choisir en politique, si personne ne parle des enjeux que représentent les divers choix politiques possibles ? Cette vision quiétiste, gardant abusivement la vérité publique au fond du cœur, ne devrait être ni celle du mari, ni celle du père de famille, ni, encore moins, celle du pasteur ! Comment l’épouse, les enfants, les paroissiens pourront-ils se déterminer sur des questions publiques difficiles si ceux qui ont la charge d’enseigner dans la famille et dans l’Église se taisent ? Certes il faut avoir ici de la prudence et de la discrétion, mais chercher à enseigner selon la Bible les exigences de la Loi de Dieu dans les divers domaines de la vie publique n'est aucunement faire de la politique partisane politicarde ! C'est éclairer la conscience pratique de son épouse, de ses enfants, de ses ouailles afin d’y susciter la capacité à prendre des décisions justes et bienfaisantes. Personne dans une famille ou dans une Église ne devrait ignorer les raisons bibliques se rapportant à certains choix politiques d’une importance nationale vitale ![6]
  32. Certes, c'est une bonne décision pour un pasteur de ne jamais promouvoir la politique politicarde partisane du haut de la chair et, d'ailleurs, de n'importe quelle autre estrade. Mais la réflexion sur tous les aspects de la vie du monde, dont la vie politique, fait partie de la charge du docteur de la Parole de Dieu, de l’enseignement et de la prédication. Heinrich Bullinger à Zurich, Pierre Viret à Lausanne (et plus tard en France) et Jean Calvin à Genève (et à Strasbourg) n’hésitaient pas à utiliser la chair d’où était proclamée la Parole même de Dieu pour appliquer cette parole divine, comme le faisaient les anciens prophètes, avec sagesse et force, aux réalités bonnes et mauvaises de leur temps.
  33. Pour les chrétiens du temps de Paul et de Jean il n'y avait aucun doute que l'acte politique d'adorer César était également un acte religieux. C'est pour cela que l'on appelait alors les chrétiens des « athées », car ils refusaient les dieux de leur temps et c'est bien pour cet athéisme à l’égard du Kaiser kurios, César Seigneur, qu’on mettait à mort les adorateurs du seul Seigneur, le Christ. Toute autorité qui ne se soumet pas à la loi de Dieu devient elle-même une idole : elle trouve en elle-même sa propre source de loi et de justice. C’est ainsi que le pouvoir public en vient à faire de lui-même son propre dieu. La question essentielle n’est pas que le régime soit monarchique, aristocratique, oligarchique (celui du pouvoir actuel dans une grande partie du monde avec son masque humanitaire) ou démocratique. Le choix entre le slogan de la monarchie absolue, l’État c’est moi ou de la démocratie absolue : vox populi, vox dei, (la voix du peuple est la voix de Dieu !) est de peu d’importance. La question décisive est toujours la suivante : Dieu est-il premier servi ? La Loi de Dieu, norme de l’ordre créationnel, est-elle aussi la norme de l’action politique ? Comme lors de la chute, c’est l'homme – ce prétendu petit dieu – qui aujourd’hui se prend à nouveau pour Dieu, déterminant ainsi par lui-même, tant pour le domaine privé que public, ce qui est bien et ce qui est mal. Mais il nous faut ici ajouter que si ces divers genres de régimes ont pu exister légitimement dans certains pays, il faut cependant ajouter que, pour un pays donné, une certaine forme d’État, lié à la manière dont il est né, s’impose ou devrait s¹imposer. C’est pour cette raison qu’une forme « monarchique » de l’État convient fort bien à la Fédération de Russie, comme une forme républicaine et confédérale à la Suisse.
  34. Selon bien des représentants de cette orientation qui se dit « évangélique » et que nous cherchons à décrire, ce serait une chose bien terrible de ne pas vivre en démocratie ! Ce n’est guère là l’opinion des chrétiens syriaques de la Syrie et de l’Iraq qui sont morts martyrs ou qui, dans la douleur, ont pris les chemins de l’exil. Ils pouvaient jadis encore vivre en chrétiens sous des tyrans sanguinaires ! En Démocratie, c’est la majorité qui décide de la vérité et du bien, et cela semble réconforter bon nombre de nos docteurs « évangéliques » de pouvoir participer à cette divinisation du « peuple » !
  35. Cette belle démocratie abolit, d’une part, la peine de mort pour viol, pour homicide volontaire, pour trafic de drogue, ou pour la trahison envers la patrie ; mais elle renforce, de l’autre, cette peine homicide pour ceux qui, parmi nos concitoyens, ont le tort d’être les plus faibles ! Pour ceux qui sont, de par leur condition même, incapable de se défendre – étant en fin de vie ou pas encore nés – l’État couvre, autorise et aujourd’hui renforce leur boucherie ! En Démocratie par exemple – comme dans tous les régimes fondés sur une idéologie – l’État devient Dieu ; il peut faire ce qu’il veut ! Pour de tels « docteurs évangéliques », pour de tels « pasteurs » du troupeau, ce serait donc une chose terrible que de ne pas vivre parmi de tels bouchers, dans une société idolâtre, mensongère et meurtrière !
  36. Le plus important pour ces docteurs « évangéliques » est de pouvoir exercer la « liberté de leur conscience », d’une conscience qui n’est plus liée, comme le fut celle de Martin Luther, à la vérité de la Parole de Dieu. La conscience de Luther était liée par les Écritures divines et il exerça ce glaive de l’Esprit, à l’extrême péril de sa vie, devant les instances les plus puissantes et les plus cruelles de son temps. Comment proclamer l'Évangile si la liberté de conscience prétendument « évangélique » affirme que c'est un droit imprescriptible que de penser, de croire, de dire tout ce que l'on veut, toutes les balivernes, les vilenies, les calomnies et les impiétés qui nous passent par la tête, mais refuse en même temps aux hommes la liberté de proclamer les vérités les plus brûlantes de la Loi-Parole de Dieu ? C'est bien là une fausse doctrine « évangélique » qui tue les âmes. Comment pourra se repentir et croire au Fils de Dieu celui qui peut dire : « C'est moi qui décide moi-même ce qui est bien ou ce qui est mal. Vu que je suis moi-même, de par la liberté de ma conscience, seul juge, en âme et conscience, du bien et du mal, comment pourrais-je me repentir de péchés dont ma conscience libre ne reconnaît pas la faute ! » L’argument avancé par nos docteurs « évangéliques » consiste à dire qu’il ne faut pas que le pouvoir en vienne, d’aucune manière, à contraindre la conscience libre de l’homme, mais ils oublient d’affirmer que, si la conscience du non-croyant n'est pas libre de se tourner vers Dieu, celle du chrétien demeure elle-même libre, cela sous les contraintes physiques mêmes les plus effrayantes (Matthieu 10 : 24-31), de confesser la Vérité. La conscience de chacun demeure soumise à la loi de Dieu, comme le montre le premier chapitre des Romains. Prier pour les autorités, c'est le contraire même que de prier les autorités ! Rechercher en tout temps son secours auprès de l’État-Dieu – ce qui est la religion, sociale et politique, idolâtrique actuelle – n’est rien d’autre que le culte du Pouvoir politique, devenu notre Providence terrestre ! 
  37. Pour nos docteurs « évangéliques », le seul bien public qu’ils envisagent se réduit à celui de la liberté de prêcher l'Évangile ! Quel nombrilisme ecclésiastique !
  38. Dans une perspective spiritualiste pareille, on en vient à opposer la citoyenneté du ciel à notre condition terrestre de citoyens de nos diverses patries. Il s’agit, répétons-le, d’un dualisme gnostique où seul le ciel compte. Or Dieu nous appelle à obéir dans les petites choses de ce bas monde, avant de nous accorder, plus tard et ailleurs, de grandes richesses dont Il nous confiera la gestion pour sa seule gloire !
  39. L’unique question politique qui semble intéresser ceux qui défendent de telles positions « évangéliques » est celle de ne pas prendre position pour un parti ou pour un autre. Mais quelle tristesse que de limiter de manière si navrante la réflexion chrétienne sur une question d'une pareille importance!
  40. Il est en tout point formidable (et effarant !) que l’entretien d’où nous tirons nos réflexions sur cette théologie « évangélique », à la fois si étrange et si navrante, en vienne à se terminer en entonnant le chant le plus anti-chrétien du monde : la Marseillaise sanguinaire ! Cela n’est sans doute pas anodin, révélant un manque de discernement spirituel terrible de la part de tels responsables dits « évangéliques » qui déploient, avec une si dangereuse inconscience, la légèreté spirituelle qui les habite face à des questions aussi graves et dont les enjeux ne peuvent être mesurés.

Jean-Marc Berthoud,
Lausanne,

le 14-21 mars 2017
  1. https://soundcloud.com/coramdeopodcasts/007-leglise-et-le-gouvernement-politique
  2. Il faut mentionner ici aussi, parmi bien d’autres, les noms de William Wilberforce (1759-1833) et de Thomas Chalmers (1780-1847) dans la Grande-Bretagne du XIXe siècle et ceux de Francis Schaeffer (1912-1984) et de Rousas John Rushoony (1916-2001) au XXe siècle dans les États-Unis d’Amérique et de John Stott (1921-2011) sur le plan anglophone mondial.
  3. Pour l’Ancien Testament, Deutéronome 17 14-20 et I Samuel 8 : 11-16 ; pour le Nouveau, Romains 13 : 1-7 et Apocalypse 13 1-18.
  4. On nous fait remarquer que la coutume vaut par sa stabilité. Une coutume mouvante n’est tout simplement pas une coutume. Les coutumes relèvent de l’histoire et du bien commun. Il n’est donc pas absurde de s’y soumettre par principe – pour autant, ajouterions-nous, qu’elles soient justes, c’est-à-dire conformes aux commandements de Dieu– quitte à travailler à les corriger ou les affiner.
  5. Voyez l’ouvrage de Claes G. Ryn, The New Jacobinism. America as Revolutionary State, National Humanities Institute, Bowie, 2011.
  6. Un des lecteurs de ce texte nous écrit :« Le mieux est probablement d¹intervenir avant la bagarre, durant les consultations, rencontrer personnellement les politiciens, s¹efforcer de les influencer avant les grands débats publics et surtout avant les campagnes de vote. À ce moment-là, toute intervention de l’Église engendre d¹abord la suspicion. Toutefois, quand l’Église ou les intérêts fondamentaux qu’elle représente sont directement et explicitement menacés, elle doit intervenir jusqu’au bout de la décision parlementaire ou populaire autant que cela soit efficace et pas contre-productif. S’adresser directement aux politiciens, comme le faisaient Calvin ou Viret, est plus facile et justifié quand le pouvoir politique reconnaît sa place à l’Église. »