BERTHOUD Jean-Marc - Le pape François et l’apogée d’un Christianisme non doctrinal

De Calvinisme
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Un catholique dévoué et sincère aspirant a la réforme de l’église ? La revanche de la spiritualité sentimentale et « charismatique » peu doctrinale de François d’Assise ? Le retour au pouvoir d’un jésuitisme conquérant et sans scrupules ? Une contrefaçon du christianisme évangélique selon la vision non doctrinale de Billy Graham[1] et de son successeur Luis Palau ?[2] 

  • une victoire extraordinaire pour le réseau évangélique mondial et pour le mondialisme tout court ?
  • une complète défaite pour toute forme de christianisme dogmatique, doctrinal, symbolique et confessionnel, disciplinaire pour tout dire ?
  • l’incarnation de l’esprit des rencontres syncrétiques d’Assise ?
  • Satan déguise, sous un masque évangélique, en ange de lumière ?

Le temps le montrera
Qui est donc cet homme, Jorge Mario Bergoglio ? Il faut écouter ses paroles et regarder ses gestes, scruter ses actes. Pour le pape François, il faut refuser tout esprit négatif ![3]

Il refuse la veste rouge du pape. Le carnaval, c’est fini ! dit François[4]
Voilà pour la manière, pour le respect qu’il manifeste pour l’institution millénaire qu’il veut changer. Voilà l’amour qu’il exprime pour ceux qu’il traite d’emblée en adversaires. C’est manifestement là une attitude révolutionnaire. On peut se demander avec certains traditionalistes s’il saurait y avoir encore une papauté après lui[5]. Il faut l’appeler le pape François, et non pas François Ier, comme Jean-Paul Ier, mort après 33 jours de pontificat. Qu’est-ce à dire ? Qu’après lui il n’y aurait plus de pape ? Qu’aucun autre pape ne pourrait donc jamais s’appeler François II[6]? Là où celui qui se veut le Serviteur ses serviteurs du Seigneur devrait, par ses paroles et par son comportement, par son humilité véritable, manifester la grandeur et la majesté du Dieu trois fois saint, le pape François par la familiarité populiste ramène tout à la banalité : du « Bonne nuit. Que votre sommeil soit doux ! », de sa première sortie au balcon de la Basilique Saint Pierre, au « Bon appétit ! » lancé à la fin de l’angélus le dimanche suivant, le pape François nous donne à voir son style. On en vient à penser au vieux proverbe démocratico-démagogique : « Je suis votre chef. Je vous suis ! » La grandeur et la beauté de Dieu sont ici galvaudées par une pareille légèreté[7]. Son arrogance semble être sans borne. Il est devenu lui-même, en un instant, la norme de l’institution papale. Son humilité visible ne serait-elle que le masque d’une arrogance et d’une dureté orgueilleuse qui nous fait penser au charismatisme effréné de certains pseudo prophètes, celle de ces grands manitous charismatiques évangéliques dont il reçut l’onction publique au stade Luna Park à Buenos Aires[8]. Une humilité si voyante, étalée devant plus de deux milliards de regards, n’est-elle pas exactement ce qu’interdit Jésus-Christ Lui-même : montrer, étaler, ses bonnes œuvres à tous pour être applaudi des hommes, pour mieux les influencer ? Il en fut de même de sa rencontre avec l’autre pape, son prédécesseur, Benoît XVI, rencontre où des milliards de téléspectateurs purent voir les deux pontifes ensemble en prière dans le secret d’une chambre publique ouverte aux yeux de tous. Une humilité si voyante n’est guère le correctif qu’il nous faut à l’orgueil manifeste, éclatant aux yeux de tous, de l’ancienne glorieuse Monarchie Pontificale. Il accorda sa bénédiction aux journalistes, le samedi 17 mars 2013, leur déclarant sans autre condition : « chacun d’entre vous est un enfant de Dieu »[9] Il omit lors de cette bénédiction pontificale officielle et liturgique, les gestes consacrés pour devenir lui-même, ici encore, la source de sa propre règle. Comme je souhaiterais une Église pauvre, une Église pour les pauvres, dit-il. Le pauvre, l’homme misérable matériellement, remplace alors le Christ comme le centre et le but de l’Église. Mais l’Église véritable est l’Église de Jésus-Christ, Dieu le Fils fait homme, et non l’Église de ces seuls pauvres ! On pressent le retour de la théologie de la libération sur un mode sentimental. C’est une manifestation de la tendance romaine à remplacer le Christ par son Église, cela d’abord dans la personne de celui qui s’est prétendu être le vicaire de Jésus-Christ[10], le pape, puis par l’Église gouvernante qui, par son union au Souverain Pontife, serait elle-même le prolongement tout à la fois divin et humain, de Jésus-Christ, Dieu le Fils fait homme[11]. L’Église, corps de Jésus-Christ, maintient toujours les distinctions essentielles de Chalcédoine : Aucune confusion, aucune division entre les natures humaine et divine de la Personne divine du Fils de Dieu fait homme ! Magdi Cristiano Allam, ce converti de l’Islam baptisé par Benoît XVI il y a cinq ans et qui vient de démissionner de l’Église catholique romaine, n’est pas tendre, ni pour ce qu’il appelle la « papolâtrie » romaine, ni pour le syncrétisme du pape François et de son pacifisme affiché, celui de l’Église de Rome, envers l’Islam. Il ne supporte pas non plus la démagogie populiste du nouveau pape[12] L’Église, jusqu’à présent, s’affirmait être l’Église de Jésus-Christ, Église adressant le message de l’Évangile à tous les hommes, de quelque classe soient-ils. Une telle évangélisation adressée à l’ensemble des humains en vue de leur repentance, de leur foi et de leur le baptême, a comme but que, devenus croyants, convertis à Jésus-Christ, ils se détournent de leur ancienne vie d’incrédulité et de péché pour se comporter en vrais chrétiens, manifestant, par leur obéissance aux commandements de Dieu (marque de leur amour), qu’ils sont véritablement disciples de Jésus-Christ. Les gestes du pape François semblent être animés d’un seul but : la destruction des structures traditionnelles de l’institution romaine, l’anéantissement de la papauté comme autorité institutionnelle[13]. Que ce soit voulu ou non, c’est ce à quoi paraissent tendre son action, ses gestes et ses paroles. En abolissant le caractère monarchique et sacralisé de la Papauté, vision de l’Église que refusent Réformés, Évangéliques et Orthodoxes confessants, on croit favoriser leur entrée dans une institution qui pourrait alors – aux yeux de la seule Église romaine – enfin redevenir, après tant de siècles de divisions, vraiment universelle. La revue évangélique Christianity Today titrait : « Un pape pour tous les chrétiens. » Dans Time Magazine on pouvait lire en couverture : « Un pape du Nouveau Monde. » Mais où donc serait alors, dans un tel œcuménisme, d’un tel syncrétisme politique et diplomatique, la marque de la sainteté de l’Église de Jésus-Christ, de sa nécessaire séparation du mal et de l’erreur, et de sa soumission à la seule Vérité ? Le pape François serait-il alors le pape des rencontres d’Assise ? Serait-ce là le sens profond du nom qu’il s’est choisi ? Mais l’autorité tyrannique « douce » que l’on recherche ainsi – selon le modèle consensuel du Conseil Œcuménique des Églises à la suite de son faux prophète, le grand prêtre philosophique de la vérité communicative, le néo-marxiste Jurgen Habermas – sera certainement bien plus contraignante que ne le fut jamais l’Église romaine, même à l’apogée de son plus terrible pouvoir impérial, inquisitorial, puissance sanguinaire persécutrice et meurtrière de tant de chrétiens véritables. Il est à craindre qu’après l’effort fourni par Benoît XVI de récupérer les anglicans traditionnels (démarche largement réussie), puis celle de réintégrer la Fraternité Saint Pie X (démarche, pour le moment, largement manquée) nous allons assister maintenant à une démarche de grande envergure : la séduction des Évangéliques et des Orthodoxes. Voici l’appel que le pape François lançait aux fidèles rassemblés dans la Basilique Saint Pierre lors de la messe du matin de Pâques 2013 : « Que le Jésus ressuscité entre dans votre vie ; accueillez-le comme votre ami, avec confiance. Il est la vie ! Si jusqu’à présent vous l’avez gardé à distance, avancez-vous[14].» Que pourront bien pouvoir répondre les chrétiens mal aguerris du Réseau Évangélique Mondial aux appels, aux apparences si évangéliques, si bienveillantes, si sincères – mais en faite celles d’un Évangile rabougri, privé de la force de la vérité, de la loi de Dieu et de la confession première du Dieu Trinitaire, du repentir qu’elle suscite et de la croix véritable – issues de la voix et des gestes d’une pareille sirène ! Pour bien mesurer les enjeux propres à de telles manœuvres religieuses, il nous faut relire la « Légende du Grand Inquisiteur » de Fiodor Dostoïevski, texte que l’on trouve dans Les frères Karamazov, au Chapitre 5 du cinquième Livre. Pour atteindre un tel but, il faut impérativement que disparaissent, du moins de la vue des hommes, toute traces visible de l’antique Papauté monarchique impériale. Se baisser pour dominer, ne serait-ce pas là la devise tartufienne d’un jésuitisme qui rampe, comme le voyait si bien Molière, pour mieux dominer les hommes ? La volonté du pape devient l’absolu même ; aucun frein institutionnel n’est permis. C’est le volontarisme franciscain et scotiste au sommet de l’Église romaine ! Il suscite cependant un enthousiasme d’ampleur véritablement œcuménique, allant du libéral moderniste suisse Hans Küng[15] (partisan de la critique subjective irrationaliste de la Bible) au secrétaire général (aux convictions bibliques et évangéliques affichées) de l’Alliance Évangélique Mondiale Geoff Tunnicliffe[16]. Dans sa première homélie, le pape François nous indique le chemin qu’il nous faut suivre : « Le mouvement, le changement » – c’est à dire la révolution, la dialectique, le mouvement constant (le perpetuum mobile de la physique moderne) – vers la recherche d’un consensus constamment à renouveler. C’est ici, pour tout dire, que prime l’évolution dialectique de toutes choses et de toute idée. Aucune place pour la stabilité de l’ordre créationnel, pour l’immuabilité de la vérité, pour l’immobilité du dépôt de la Foi, pour un Dieu sans ombre d’instabilité ni de changement. Le Dieu de la Bible qui a, une fois pour toutes, établi l’ordre à la fois vivant (de par son alliance première avec le Dieu vivant), et inamovible (de par l’immuabilité du Créateur), des structures morales de sa création, des structures de l’univers : celui des astres comme des espèces, du langage humain comme de la vérité, de l’Église comme de la société et qui les maintient toutes par l’action constante de sa Parole toute-puissante. Ce Dieu de la Bible est ici pleinement évacué. Il n’y avait pas un mot dans cette première homélie du pape François sur l’immuable stabilité du dépôt de la Foi, reflet de la stabilité éternelle de son Auteur[17]. L’ennemi à abattre c’est bien ce qui reste de l’Institution romaine, de son ordre, plus encore, de tout cadre fixe donné par Dieu aux hommes pour qu’ils vivent, l’ordre stable de la création et l’ordre stable politique des institutions sociales soumises à l’ordre créationnel et à la loi bienfaisante de Dieu. Il en est de même ici pour les dictatures totalitaires modernes car pour elles c’est toujours l’État constitué, avec ses structures et ses lois – autant de freins au libre déploiement du mal – qui est l’obstacle premier à réduire afin de permettre le libre exercice de la seule volonté arbitraire des dirigeants, celle d’un pouvoir absolu, (démocratique ou totalitaire) placé au-dessus de toute loi et de toute institution, volonté pure et infaillible du Parti, du Führer, du petit Père des peuples, du Grand Timonier, aujourd’hui d’un Big Brother, si moral, si bienveillant, si protecteur, si omniprésent, si tout puissant. Il semble bien que l’on assiste avec le pape François à la mise à mort médiatisée de la dernière institution monarchique du monde, la Papauté. Du point de vue biblique on pourrait, sur le plan des institutions religieuses, se réjouir en constatant la désintégration d’un pouvoir impérial, souvent justement perçu comme une manifestation de l’Antéchrist. Cependant, il se pose ici deux questions essentielles :

  • La première : En détruisant ainsi la Monarchie papale, qui est en fait véritablement visé ?
  • La seconde : Par quoi cherche-t-on à remplacer cette institution Monarchique millénaire ?

Pour la première la réponse est aisée. Comme pour ce qui concerne la Modernité tout entière, le Monarque visé ne peut être autre que le Monarque céleste Lui-Même, le Dieu Unique en Trois Personnes Divines et, plus particulièrement, le Souverain de toutes choses, dans les cieux et sur la terre, Jésus-Christ le Pantocrator bienveillant et fidèle, Souverain de l’Alliance divine établie par Lui au commencement (et depuis maintenue) avec sa création, avec les hommes, avec son Église. Pour la seconde, la réponse est toute aussi claire. L’institution Monarchique Romaine sera remplacée (elle l’est déjà !) par un consensualisme démocratique universel, démarche idéologique dialectique dont le caractère est d’exclure tout point d’ancrage absolu, tant dans la réalité des choses que dans une quelconque vérité objective. Sera par conséquent visée toute personne attachée à une telle vérité, et surtout celui – le chrétien conséquent – qui a mis son espérance entière – pour la vie comme pour la mort – en la Vérité, Jésus-Christ Lui-même. La tyrannie totalitaire de l’idéologie universelle et omniprésente du consensualisme (Le meilleur des mondes décrit par Aldous Huxley) s’avère déjà bien plus efficace, par ses contraintes intériorisées, que la tyrannie totalitaire d’avant-hier (George Orwell, 1984). Sa première lettre comme Pape ? François s’adressa au Grand Rabbin de Rome[18]. Une invitation pressante lui parvient directement du président Shimon Peres de se rendre sans délai en Israë[19]. Mais quelle commune mesure y aurait-il entre l’Église et la Synagogue ? Entre ceux qui aiment et adorent Jésus-Christ, le Fils éternel de Dieu, et ceux qui n’ont jamais renié l’œuvre déicide de leurs pères ? S’il n’y a certes plus aucun mur de séparation en Jésus-Christ entre Juifs et Gentils qui placent leur foi en Sa Personne, divine et humaine, en Son œuvre universellement offerte de salut, par contre il ne pourra jamais y avoir de réconciliation entre l’Église de Jésus-Christ et la Synagogue sans Christ, entre les Juifs fidèles à leur Messie, Jésus-Christ, et les Juifs qui le renient toujours. Pour parvenir à un telle réconciliation, à une telle union, il faut que la Synagogue reconnaisse le Christ, se soumette à Celui qu’elle a percé, entre tout à nouveau dans l’Alliance de Dieu que, par son apostasie, elle a reniée. Par contre, il n’y a aucun obstacle véritable à l’union entre l’Église apostate, celle qui a rompue l’alliance avec le vrai Dieu, et la Synagogue de Satan, si toutes les deux renient Jésus-Christ comme Fils de Dieu fait homme, comme Seigneur et Sauveur de toutes choses, seul Médiateur entre Dieu et les hommes et divin Pantocrator, Seigneur du ciel et de la terre. Le premier geste donc de ce Pontificat, décidemment placé sous le sceau de l’idéologie – démocratique, dialectique – celle du dialogue pluraliste universel, pour tout dire, du consensualisme, fut justement, pour ce Pontife consensuel de l’Église Catholique de Rome, d’écrire au Grand Rabbin, Pontife consensuel lui aussi, de la Synagogue apostate de Rome. « Qui se ressemble, s’assemble », nous rappelle, de manière appropriée, l’ancien proverbe. L’homme est donc (comme pour Paul VI, comme pour Jean-Paul II) à nouveau placé au centre. Pour le pape François c’est le pauvre[20]. Pour les Rabbins, c’est Israël lui-même. L’Église a bel et bien perdu la tête, et la Tête c’est Jésus-Christ Lui-même ! Pour tous deux – pour Israël comme pour Rome – il s’agit de l’apostasie, du déplacement (du remplacement) du Christ, de sa Seigneurie sur l’Église, sur l’univers, sur la société des hommes, sur l’État lui-même, pour tout dire sur toutes choses, pour la transférer à la créature ; pour placer l’homme au centre de toutes choses, homme, devenu le seul dieu d’un humanisme qui n’ose pas dire son nom. Mgr Lefebvre avait bien raison en donnant pour titre à l’un de ses plus beaux livres : Ils l’ont découronné. Jésus ne paraît plus être, pour le pape François comme pour tant de chrétiens oublieux du Dieu Transcendant, que la consolation ressentie par les âmes – « la douceur de la miséricorde », pape François dixit – que la solution à la détresse des hommes, du monde, de la création, plus du tout le Seigneur et le Sauveur Tout Puissant des hommes, des sociétés et de l’univers, domaines maintenant abandonnés au libre caprice démocratique de chacun, à la fantaisie subjective d’une science, physique et humaine, livrée à elle-même. Plus encore : c’est l’action qui est ici reine, comme c’était le cas pour Goethe : Au commencement était l’action ; comme aussi pour le philosophe de L'Action, Maurice Blondel[21] . Un théologien que cita le pape François, d’emblée et avec admiration, fut Henri de Lubac, le maître incontesté d’une spiritualité « chrétienne » à tendance gnostique et initiateur, avec Jean Daniélou, des Sources Chrétiennes, collection des Pères de l’Église si utile, si belle, mais aussi arme de guerre dressée contre l’exégèse sobre, spirituelle et combattive de l’erreur, de saint Jérôme ; contre le réalisme métaphysique et biblique de saint Thomas d’Aquin. Comme indication claire de l’orientation spirituelle véritable de Henri de Lubac, notons sa grande amitié et l’éminente protection qu’il accorda à ce maître à penser d’un « Nouvel Age » moderne, tout à la fois scientiste, évolutionniste, gnostique et panthéiste, Teilhard de Chardin. Mais il y a plus. Aucune réaction publique ne fut entendue de la part du pape François lors de sa première conférence de presse – ni apparemment plus tard – face au défi, à la provocation inouïe, que venait de lui lancer en pleine face le cardinal Wilfrid Napier de Durban en Afrique du Sud lorsqu’il réclamait, cela en direct sur les ondes de la BBC, la dépénalisation, dans certains cas – tenez-vous bien – de la pédophilie ! Ces actes n’étaient plus, pour notre Cardinal, à être considérés comme des crimes à réprimer, mais bien plutôt comme une simple maladie à soigner, lorsqu’ils étaient commis par des personnes ayant elles-mêmes été l’objet dans leur jeunesse de tels actes pervers ! Selon le cardinal sud-africain, il n’était pas juste de considérer de pareils pédophiles, eux-mêmes « blessés par la vie », comme des criminels à punir, mais comme des « malades » à soigne[22] . Dans cette perspective « humanitaire » et « tolérante », est évacuée toute considération envers les victimes, tout respect pour la justice divine ! L’apparition du temps de l’Antéchrist se reconnait au cours de l’histoire aux deux traits suivants :

  • L’apostasie de l’Église, son rejet de l’autorité souveraine du Christ, tant sur sa vie propre que sur celle de la société, de la politique, de toute la création, pour la remplacer par le pouvoir technocratique et consensuelle de l’homme, déclaré autonome de Dieu et de Ses lois.
  • L’antinomisme de l’État, son refus pratique généralisé à soumettre la société sous son pouvoir à l’ordre moral et social du Créateur, à la Loi créationnelle et révélée de Dieu.

Une fois enlevés ces deux obstacles au mal, l’Église pieuse et l’État juste, tous deux fidèles aux enseignements, propres à chacun, de l’Évangile et de Loi de Dieu, plus rien ne pourra – sauf un Réveil et une Réforme, telle celle suscitée au XVIe siècle par le renouveau de la prédication fidèle de la Parole de Dieu par le Saint-Esprit – empêcher l’ouverture du puits de l’abîme et que se répande toujours davantage sur la terre les ténèbres de l’enfer. C’est ainsi que pulluleront toutes les forces démoniaques sur nos sociétés. Ce fut le cas déjà au XIVe siècle en France, avec la ruine de l’Église Romaine, la Guerre de cent ans, la peste noire, de l’essor du nominalisme, de la sorcellerie et de mille autres fléaux ; à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècles, avec les guerres de religion et l’essor d’une philosophie et d’une science nouvelles d’où avaient été évacués tant le Dieu transcendant que l’ordre créationnel établi par Lui. Il en fut de même, avec une ampleur plus grande encore, lors du déploiement victorieux des prétendues Lumières – ténèbres infernales déguisées en raison suprême – du XVIIIe siècle. Cette libération des forces de l’enfer se manifesta à nouveau avec une grande puissance lors des diverses Révolutions modernes : scientifique, philosophique, industrielle puis économique. Leur nature, et leurs effets sur le monde, se manifestèrent à travers les révolutions politiques et culturelles modernes, tant française, bolchévique, nazie, chinoise, gramscienne (la révolution culturelle) et, de nos jours, l’universelle révolution omniprésente d’un mondialisme, scientiste, économiste et technocratique. Aujourd’hui, tout spécialement dans notre Occident à la fois apostat et antinomien, se répandent librement sur la terre – faute d’obstacle spirituel et politique suffisant – ces esprits diaboliques, menteurs et destructeurs, issus des abîmes infernaux.

Nous constatons également, dans les actes et les discours du nouveau pape François, la manifestation concrète de ce qu’on appelle aujourd’hui « la nouvelle évangélisation ». Il s’agit, entre autres, d’un déplacement sémantique dans le discours de l’Église romaine, passage du discours religieux catholique vers un langage qui, par bien des côtés, ressemble à celui des milieux Évangéliques. C’est ce qu’expriment, en toute clarté et sans la moindre ambiguïté, les paroles et les gestes du nouveau pape. Mais, il faut le reconnaître, ce déplacement sémantique se découvre, lui aussi, dans la manière nouvelle qu’ont aujourd’hui bien des milieux évangéliques eux-mêmes de présenter l’Évangile. Ce glissement sémantique s’est développé graduellement au cours des dernières décennies du XXe siècle. Cette double mutation dans le langage de l’évangélisation s’avère, par bien des côtés, concordante. Ce que nous constatons à présent est à quel point sont nombreux, dans le camp évangélique, ceux qui sont prêts à reconnaître comme leurs, et à se les approprier personnellement, les expressions et les gestes du pape François. Car ces milieux évangéliques ne sont souvent plus en mesure de percevoir la différence doctrinale – qui demeure entière – entre le discours romain, tant ancien qu’actuel, et la Bible, ayant eux-mêmes largement abandonné l’ancrage biblique et réformé de leurs positions doctrinales. Les modifications du langage qui ont donc lieu dans les deux camps, catholique romain et évangélique, leur ont permis d’avancer, petit à petit, chacun de son côté – et maintenant de plus en plus ensemble – vers un type de consensus pragmatique (praxis) habermassien[23] , tel qu’il est depuis un certain temps pratiqué par le Conseil Œcuménique des Églises. Il s’agit ici de la fusion de positions, apparemment contraires, dans le cadre d’une ontologie et d’une épistémologie mouvante, évolutionniste et dialectique. De telles mutations doctrinales, autrefois associées à la doctrine catholique romaine du « développement du dogme », sont une pratique maintenant généralisée à l’ensemble de la chrétienté œcuménique. Cette dérive est inévitable une fois abandonnés les ancrages conceptuels et doctrinaux vrais du langage, ancrages Métaphysiques et Bibliques associés à des noms de penseurs tels Aristote et de Confucius[24] , de Moïse et d’Athanase[25]. Je crains que la communauté évangélique mondiale soit aujourd’hui devenue mûre pour être cueillie. C’est ici le fruit déplorable d’un Christianisme virtuel, non réaliste – c’est-à-dire non métaphysique – et non doctrinal – c’est-à-dire non dogmatique – qui se pratique de tous côtés[26]. Seul un Christianisme véritablement réaliste et confessant, à la fois dogmatique, pieux et pratique, saura préserver la lucidité et la force si nécessaires pour résister à l’ouragan religieux syncrétiste qui enveloppe, dès à présent, le monde entier. Mais à travers des événements d’apparence si négative, Dieu œuvre pour le bien, opérant un tri puissant dans ce peuple des chrétiens qui se réclament de son Nom, séparant ceux qui l’aiment véritablement de ceux qui ne Lui sont attachés que pour un temps. C’est également ainsi qu’Il manifeste l’unité en Jésus-Christ de ceux qui Lui sont éternellement attachés, cela en dépit, ou plutôt au travers de leur dispersion dans toutes les dénominations chrétiennes du monde. Ils sont déjà constitués, de tout éternité, en un seul peuple, car unis par la foi et par le baptême, tant spirituel que sacramentel, au Fils de Dieu fait homme. Car Dieu connaît les siens et Il manifestera visiblement au dernier jour leur unité présente véritable comme constituant déjà le corps de sa propre Personne. Ce que nous devons bien comprendre est l’avertissement que nous donnait Vladimir Volkoff lorsqu’il nous indiquait que la désinformation (politique comme religieuse) ne peut être efficace qu’à condition de travailler sur ce qu’il appelait « un plan incliné » ; c’est-à-dire, comme les boules d’une table de billard ne peuvent commencer à rouler seules à moins que cette table ne soit préalablement inclinée, il en est de même pour les hommes. Car pour qu’ils soient séduits par le mensonge tentateur, il leur faut d’abord être intérieurement disposés à accepter la séduction qui leur est présentée. Dans les années septante du siècle dernier, le Dr Billy Graham était déjà animé par de pareilles dispositions dans ses rapports avec le pape Paul VI. Il semble en être de même aujourd’hui pour ce qui concerne les sentiments de son successeur, Luis Palau, ainsi qu’en témoigne de manière éloquente l’enthousiasme sans bornes qu’il affiche pour son vieil ami « évangélique », le bon pape François Bergoglio. Dieu connaît les siens, et il gardera certainement tous ceux qui aiment par dessus tout la vérité et qui attachent leur cœur à la mettre en pratique.

La Bible promet une entière protection à tous ceux qui, ayant été marqués du sceau de Dieu, demeurent sous sa garde en obéissant à ses commandements. La promesse est certaine : le malin ne pourra aucunement toucher ceux qui restent attachés à Jésus-Christ. Ils pourront certes connaître bien des épreuves, et même devenir martyrs, des témoins du Christ par leur sang versé en sacrifice de leur vie, mais rien ne pourra les arracher ni de leur union éternelle à Jésus-Christ, ni de l’amour de Dieu. Certains Musulmans, persécuteurs acharnés des chrétiens, se sont réjouis de l’élection du pape François, ce chef religieux si ouvert à tous. Constatons tout à nouveau la véracité de notre ancien dicton : Qui s’assemble, se ressemble ! Va-t-on vers l’universalisation catholique romaine de l’esprit d’Assise, mouvement vers une fausse unité syncrétiste inaugurée par le pape Jean-Paul II et développée, en pire, par son successeur le pape Benoit XVI ? On peut enfin se poser la question : Pourquoi le pape François est-il devenu, en un instant – cela va-t-il durer ? – la coqueluche incontestée de tous les medias, medias ordinairement si hostile à tout véritable Christianisme ? Il est difficile de partager l’optimisme humanitaire et démocratique de certains[27], bien que le pape François ait toutes les apparences d’être un homme sincère, chaleureux et bienveillant. Mais il faut se méfier de la Tyrannie des apparences du Bien ! Ce sont ceux qui se veulent les promoteurs du bien dans le monde qui représentent aujourd’hui le plus grand danger pour le bien commun véritable. Il ne nous faut oublier ni la prudence du serpent, ni la faiblesse des hommes, ni leur propre péché et, encore moins, la puissance du mal et du Malin ! Mais surtout n’oublions jamais, face à de tels dangers, de contempler Celui qui, dans les cieux, règne en Souverain sur ce monde mauvais, le conduisant à sa destruction finale et à la consommation de tout bien.

Les temps sont bien mauvais et pour mieux comprendre l’esprit de cette époque, celui d’un humanisme révolutionnaire humanitaire omniprésent, il nous serait bien utile – répétons-le ! – de relire la « Légende du Grand Inquisiteur » de Fiodor Dostoïevski, conte qui se montre aujourd’hui d’une actualité si particulière. Je crains bien que l’analyse romancée de ce grand écrivain soit d’une pertinence aujourd’hui bien plus grande qu’à l’époque où il l’inséra dans son roman puissant, Les frères Karamazov. Jean-Marc Berthoud Avril 2013

Notes et références

  1. Voyez la Documentation chrétienne, No. XVI, Décembre 1976.
  2. L’évangéliste Luis Palau ne tarit pas d’éloges sur le nouveau pape, son «ami personnel». (Informations commentées tirées de Actu-chrétienne.net) Interviewé par le magazine Christianity Today, l’évangéliste Luis Palau, originaire d’Argentine, considère le nouveau Pape François comme un «ami personnel». Tout comme le faisaient pour le pape Paul VI un David Duplessis, (M. Pentecôte !) et Billy Graham lui-même.
    Palau s’est réjoui lorsqu’il a appris que le choix des cardinaux s’est porté sur l’ancien évêque de Buenos Aires pour succéder à Benoît XVI et explique avoir été attristé, en 2005, lorsqu’il avait su que son ami avait manqué de peu d’être élu.
    Luis Palau confie en outre qu’il apprécie sa personnalité et son ouverture d’esprit à l’égard des chrétiens évangéliques.
    «Ce n’est pas un manipulateur», assure-t-il. Plus encore, il est convaincu que le nouveau pape élu est un homme qui «connaît Dieu le Père personnellement. […] Sa façon de parler au Seigneur est celle d’un homme qui connaît Jésus-Christ intimement. Ce n’est pas un effort pour lui de prier». Le célèbre prédicateur est certain qu’il «se passera de bonnes choses dans le monde entier, lors de son travail papal».
    L’évangéliste argentin ne tarit pas d’éloges […] Il rapporte encore que le Pape est un homme «centré sur Jésus et sur l’Évangile, l’Évangile pur», qui est «plus connu pour son amour personnel pour le Christ que pour son travail administratif, mais il va devoir exercer ses compétences administratives maintenant. […] Il a toujours été particulièrement préoccupé pour les jeunes […] On a parlé d’une nouvelle vague d’évangélisation dans l’Église catholique romaine, car il y a un vrai désir dans son cœur pour aller prêcher l’Évangile dans le monde entier. Il est déterminé et cela aura un impact. […] C’est un homme de conviction. Il est très fort sur les valeurs morales». «Je pense que nous verrons une papauté qui va faciliter les relations entre catholiques et évangéliques», déclare-t-il en conclusion, en ajoutant néanmoins un bémol : «Cela ne signifie pas que l’on sera d’accord sur tout […] », évoquant notamment les différences doctrinales.[1]
  3. Voici ce que le cardinal Bergoglio déclarait, en février 2012 (au moment des Vatileaks), à propos de la curie romaine:
    Je la vois comme un corps qui rend un service, un organisme qui m’aide et me sert. Parfois, des nouvelles négatives nous arrivent, mais elles sont souvent exagérées et manipulées pour répandre le scandale. Les journalistes risquent parfois de devenir malade de coprophilie [i.e. attirance morbide pour les excréments!] et de fomenter ainsi la coprophagie: ce qui est un péché qui entache tous les hommes et les femmes, c’est la tendance à se focaliser sur les aspects négatifs plutôt que les aspects positifs. La curie romaine a ses mauvais côtés , mais je pense que l’accent est trop mis sur les aspects négatifs et pas assez sur la sainteté des nombreux consacrés et laïcs qui y travaillent.[2]
  4. Pierre J. C. Allard écrit dans Agora Vox :
    D’entrée de jeu, il a annoncé la couleur : il est François. Comme dans François d’Assise, qui est l’archétype de la simplicité volontaire… Tout le monde a su bien vite qu’il voyageait en métro et qu’il menait une vie spartiate. Puis il a refusé une cape en hermine qu’on lui offrait pour qu’il ait cet air des grands rois, refusé aussi de porter les mules rouges traditionnelles du pontificat, signifiant que ses souliers à lui sont faits pour voyager et non pour être montrés du haut d’une chaise à porteur. « Le carnaval est fini » a simplement dit François… Le pape de la simplicité volontaire vient d’arriver. [3].
  5. Voici une réaction traditionaliste trouvée sur le site Benoît et moi, sous la plume de « Carlotta » :
    Le cardinal Jorge Bergoglio (très prisé des médias et papabile du Conclave de 2005 !), archevêque de la très cosmopolite et sécularisée Buenos Aires, n’a pas vraiment très bonne presse chez certains catholiques même modérés, et encore moins chez les catholiques plus traditionalistes (sans parler des lefebvristes). Il est extrêmement peu réceptif au motu proprio Summorum pontificum (libéralisation de la messe en latin), il a fait nommer des évêques très médiocres (dans le domaine doctrinal mais aussi au niveau du comportement) alors même que l’Église catholique en Argentine a dû faire front de toutes parts, contre le progressisme (d’autant plus accentuée de par le fait que tout ce qui était considéré comme plus traditionnel était réduit sans nuance ad odiosam dictaturam militiarium) et contre toutes les églises néo-protestantes pour ne pas dire les sectes, enfin il est tellement favorable à un certain œcuménisme que cela a pour conséquence de brouiller le message catholique donc de l’Église Universelle et donc de rétrograder l’Église romaine a une pratique religieuse que l’on prend et que l’on repose au super marché des « religions », selon ses envies et les capacités commerciales du vendeur.
  6. Le fait que le pape François affirme qu’un pape qui lui succéderait pourrait bien s’appeler François II ne change rien au caractère désinvolte et irrespectueux (mon pote François) d’une telle appellation. C’est une démarche qui implique l’affaiblissement de tout respect pour le titre officiel lui-même du chef de l’Église catholique romaine.
  7. Les faits suivants illustrent bien le caractère assez désinvolte et fantaisiste du pape François : Le quotidien La Repubblica a, pour sa part, retrouvé l’enregistrement d’une interview qui a été réalisée par la section de langue portugaise de Radio Vatican et dans laquelle Baldisseri raconte les faits de la manière suivante : "À la fin du conclave, le Saint-Père a reçu des cardinaux, à la Chapelle Sixtine, une déclaration d’obéissance. Moi aussi, en tant que secrétaire du conclave, j’ai été appelé à accomplir cet acte d’obéissance et de salutation envers le Saint-Père. Lorsque je me suis trouvé devant lui, je me suis agenouillé. C’est à ce moment-là que le pape m’a mis une main sur la tête avant d’y placer sa calotte rouge de cardinal. J’ai ressenti une très grande émotion... Cela signifie que le secrétaire du collège des cardinaux, qui, de fait, est également le secrétaire du conclave, est ou sera cardinal. Le pape m’a ensuite dit : « Tu es cardinal à moitié ». Certes – a ajouté Baldisseri – la véritable création cardinalice n’a pas encore eu lieu "parce qu’elle demande un consistoire officiel convoqué par le Saint-Père et ensuite la publication. Mais ici tout le monde sait que mon nom figure sur la liste".
  8. Jérôme Bourbon écrit dans Rivarol du 23 mars 2013 (Annexe X) : Le 19 juin 2006, au cours de la « troisième Rencontre de la communion fraternelle renouvelée des évangéliques et des catholiques » qui a eu lieu dans le stade Luna Park à Buenos Aires, Jorge Bergoglio est tombé à genoux pour être béni par les quelque vingt pasteurs protestants présents, c’est-à-dire par des personnes qui ont toujours été considérées comme des hérétiques par l’Eglise catholique. Voyez sur le caractère souvent très néfaste de pareilles onctions mystiques charismatiques : Rose-Marie et Jean-Marc Berthoud, Mysticisme d’hier et d’aujourd’hui, L’Age d’Homme, Lausanne, 2013 [2000].
  9. On rapporte ce qui suit dans la revue The Moynihan Letter : Dans The Moynihan Letter d’hier samedi, Robert Moynihan revient sur l’audience publique accordée par le pape François en la salle Paul VI aux quelques 5.000 journalistes et professionnels de la communication accrédités qui ont couvert la période du sede vacante, des congrégations générales et du conclave, audience à laquelle, évidemment, le directeur d’Inside the Vatican assistait. À la fin de l’audience, écrit Moynihan, « [le pape] François fit quelque chose qui surprit tout le monde, en satisfit beaucoup et en choqua quelques uns. Le moment était venu pour lui de nous accorder sa bénédiction apostolique, mais il ne le fit pas à la manière habituelle. De fait, il ne fit aucun geste extérieur et ne dit pas le “au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit” à haute voix. Il dit en italien : “J’accorde à tous de tout cœur ma bénédiction. Merci”. Puis, en espagnol, il donna l’explication suivante : “Je viens de vous dire que je vous accordais de tout cœur ma bénédiction. Dès lors que beaucoup d’entre vous ne sont pas membres de l’Église catholique et que d’autres ne sont pas croyants, je donne en silence cette bénédiction de tout cœur à chacun d’entre vous par respect pour la conscience de chacun mais en sachant que chacun d’entre vous est un enfant de Dieu. Que Dieu vous bénisse !” Et sur ces mots il s’est retourné et est parti. ». C’est « sans précédent » confie Moynihan. (Vini Ganimara - Osservatore Vaticano - 17 mars 2013.) Voici une autre manifestation de ce populisme passablement démagogique, de cette banalisation « évangélique » de nos rapports avec Dieu : […] il s’agit de garder la tête froide au milieu de toute ces belles choses qu’on nous raconte. J’en ai encore entendu une à la radio tout à l’heure, comme quoi le pape aurait dit, à la fin de l’angélus (sauf erreur) prononcé devant 150’000 fidèles : "Passez un bon dimanche et un bon déjeuner!" (Dimanche, le 17 mars 2013.) L’observation d’Yves Daoudal au sujet de la première apparition du pape François au balcon de Saint Pierre le soir du son élection, le mercredi 13 mars 2013, va exactement dans le même sens : Il commence son allocution par « Bonsoir » et la termine par « Bonne nuit », comme tous ces prêtres réfractaires à tout esprit liturgique qui commencent la grand-messe par « Bonjour à tous » et la terminent par « Bon dimanche ». (Le 14 mars 2013.)
  10. Titre idolâtre inventé par saint Bernard et Pierre Damien au XIIe siècle et qui remplaça alors celui, faux lui aussi mais plus modeste, de vicaire de Pierre.
  11. Ce remplacement, assez généralisé, du Christ par l’Église est fort bien perçu par le pasteur Arthur-Louis Hofer dans une note relative à la Sainte Cène mise en ligne le 2 avril 2013 : « Dans son courrier, le Pasteur De Félice a écrit : « Le salut ne saurait donc à aucun moment se "mériter", en fonction des actions ou "bonnes œuvres" que l’homme pourrait accomplir. » Pour être fidèle à la Réformation, il convient de préciser que la foi ne doit pas être considérée comme une œuvre, et qui pis est, méritoire. Depuis quelques dizaines d’années se sont introduites dans la liturgie de Sainte-Cène des Églises réformées des formules de la Messe, par exemple : Seigneur, ne regarde pas nos péchés, mais regarde la foi de ton Église. » La première liturgie réformée en français imprimée à Neuchâtel en 1533 est due à Guillaume Farel. Sous prétexte que Farel est un réformateur mineur, ce qui n’est pas du tout le cas, elle n’est plus lue. Or, la liturgie de Sainte-Cène affirme : Le pasteur Hofer continue : « Demandons merci et miséricorde à notre très-bon Père, le priant qu’il ne regarde point nos fautes, ignorances et iniquités, mais qu’il regarde la justice, sainteté, pureté et innocence de son très-cher Fils, notre Seigneur Jésus… ». Dans les Églises réformées on devrait donc dire : « Dieu, notre Père, ne regarde point nos fautes, ignorances et iniquités, mais regarde la justice, sainteté, pureté et innocence de ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus ». C’est un peu plus long, mais c’est limpide et évite toutes ambiguïtés et donc toutes interprétations fallacieuses. C’est fondamentalement christocentrique et donc en accord avec le Repas du Seigneur. 
  12. « Pourquoi je quitte cette église faible avec l’islam » est le titre de l’article par lequel il annonce dans le journal Il Giornale sa démission. Voici les raisons premières qu’il donne pour sa rupture avec l’Église catholique romaine : « Ce qui, plus que tout autre facteur m’a éloigné de l’Église, c’est le relativisme religieux en particulier la légitimité de l’islam comme vraie religion, d’Allah comme vrai Dieu, de Mahomet comme vrai prophète, du Coran comme texte sacré, des mosquées comme lieux de culte. C’est une véritable folie suicidaire, le fait que Jean-Paul II soit allé jusqu’à embrasser le Coran le 14 mai 1999, que Benoît XVI ait mis sa main sur le Coran pour prier vers La Mecque dans la Mosquée Bleue d’Istanbul le 30 Novembre 2006, tandis que François Ier a commencé en exaltant les musulmans «qui adorent le Dieu unique, vivant et miséricordieux. » Il ajoute ces paroles fortes : Je suis opposé au mondialisme qui conduit à l’ouverture inconditionnelle des frontières nationales sur la base du principe que l’humanité dans son ensemble doit se concevoir comme frères et sœurs, que le monde entier doit être considéré comme une terre unique à la disposition de toute l’humanité. Je suis au contraire convaincu que la population autochtone devrait légitimement jouir du droit et du devoir de préserver sa culture et son patrimoine.
 
Je suis opposé au buonisme qui porte l’Église à s’ériger en plus grand protecteur des immigrants, y compris et surtout les immigrants illégaux. Je suis pour l’accueil avec des règles et la première règle est qu’en Italie nous devons d’abord assurer le bien de l’Italie, appliquer correctement l’exhortation de Jésus: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Sur son blog Magdi Cristiano Allam écrivait le 21 mars 2013 : La Papolâtrie, un dogme ou une aberration? Est-il licite de critiquer le pape ou lui devons-nous obéissance absolue?

Papolatrie? Les catholiques doivent-ils obéissance absolue au pape parce que sa personne est sacrée ou seulement quand il parle ex cathedra?
 Est-ce légitime d’exprimer des évaluations, même critiques, sur ce que fait le Pape? 
...
Puis-je dénoncer le fait que, quelques jours après la démission de Benoît XVI, il semble que l’Église l’ait complètement oublié et qu’il y a un excès de rhétorique populiste pour accréditer le Pape François comme l’incarnation du changement attendu et nécessaire?
 Puis-je critiquer l’exaltation par le Pape François de la pauvreté, quelque chose de différent de la sobriété, en un moment tragique où les Italiens sont contraints à s’appauvrir parce que les entreprises sont condamnées à mort, la faim augmente parmi les plus modestes de la classe moyenne, le pouvoir d’achat des familles diminue et les jeunes sont sans aucune perspective, comme chômeurs, ou précaires?
 Est-ce licite ou tout cela est-il un blasphème, car il n’est pas possible, en aucun cas, de critiquer le Pape? 
La papolâtrie fait-elle partie de la foi catholique ou est-ce une aberration de la part de papistes fanatiques qui finissent par annuler le rôle de la raison et imposer l’hégémonie exclusive de la foi?.
  13. Voici l’appréciation de Mgr Richard Williamson, jadis de la Fraternité Saint Pie X : Par cette démission de Benoît XVI et par le conclave qui lui a fait suite, il est certain que les ennel’erreur, et de sa soumission à la seule Vérité ? Le pape François serait-il alors le pape des rencontres d’Assise ? Serait-ce là le sens profond du nom qu’il s’est choisi ? Mais l’autorité tyrannique « douce » que l’on recherche ainsi – selon le modèle consensuel du Conseil Œcuménique des Églises à la suite de son faux prophète, le grand prêtre philosophique de la vérité communicative, le néo-marxiste Jurgen Habermas – sera certainement bien plus contraignante que ne le fut jamais l’Église romaine, même à l’apogée de son plus terrible pouvoir impérial, inquisitorial, puissance sanguinaire persécutrice et meurtrière de tant de chrétiens véritables. Il est à craindre qu’après l’effort fourni par Benoît XVI de récupérer les anglicans traditionnels (démarche largement réussie), puis celle de réintégrer la Fraternité Saint Pie X (démarche, pour le moment, largement manquée) nous allons assister maintenant à une démarche de grande envergure : la séduction des Évangéliques et des Orthodoxes. Voici l’appel que le pape François lançait aux fidèles rassemblés dans la Basilique Saint Pierre lors de la messe du matin de Pâques 2013 : « Que le Jésus ressuscité entre dans votre vie ; accueillez-le comme votre ami, avec confiance. Il est la vie ! Si jusqu’à présent vous l’avez gardé à distance, avancez-vous 1. » mis du Christ auront fait tout leur possible pour détruire la papauté. Par un juste châtiment de Dieu pour l’apostasie universelle de notre époque, ils ont reçu de Lui un grand pouvoir sur son Église. Depuis des siècles ils s’acharnent à s’emparer du Vatican, et ils s’y sont maintenant incrustés. Sans la moindre intention de satisfaire les exigences d’une petite Fraternité pieuse, ils en sont à démonter l’Église pierre par pierre, ainsi qu’Anne Catherine Emmerich l’a vu dans une vision il ya 200 ans. Humainement parlant, les fidèles de Notre Seigneur ne peuvent avoir aujourd’hui pas plus d’espoir qu’ils n’en avaient lors du premier Samedi Saint (30 mars 2013).
  14. Voici le rapport de la BBC, le matin de dimanche de Pâques, le 31.03.2012. At an Easter vigil Mass in St Peter’s, the Pope appealed to non-believers and lapsed Catholics to "step forward" towards God."let the risen jesus enter your life, welcome him as a friend, with trust: he is life! if up till now you have kept him at a distance, step forward," pope francis said : "he will receive you with open arms." At the start of the service, the basilica was kept dark to signify Jesus’ tomb before what Christians believe was his resurrection. The Pope and the congregation held candles. The service was shorter than usual, which the Vatican said was in line with Francis’ preference for shorter Masses.
  15. Le théologien catholique romain Suisse, Hans Küng, le définit comme «le meilleur choix possible» (La Repubblica, 14 Mars 2013). (Correspondance européenne, 18.03.2013). Il est utile de rappeler que Benoît XVI accorda, dès le tout début de son pontificat, une très longue audience personnelle à Hans Küng lui-même, le doyen des modernistes catholiques romains. Geoff Tunnicliffe, secrétaire général de l’Alliance Evangélique Mondiale, était parmi les invités officiels à l’intronisation du pape François avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée I, là aussi une première.
  16. L’Alliance Evangélique Mondiale (AEM), organisation faîtière des évangéliques sur le plan international salue l’élection de l’Argentin Jorge Mario Bergoglio à la tête de l’Eglise catholique. Citant Norberto Saracco, responsable évangélique argentin respecté, le communiqué de l’AEM loue les bonnes relations entretenues par Jorge Mario Bergoglio avec les représentants des autres groupes religieux. Geoff Tunnicliffe, secrétaire général de l’AEM, espère que le bon travail commencé avec le prédécesseur du pape François pourra se poursuivre, à une époque de défi pour l’ensemble du christianisme. «Le besoin de trouver les convergences à la fois en matière de dialogue et d’action est essentiel». A l’invitation du Vatican, Geoff Tunnicliffe participera à l’investiture officielle du pape François. (Christianisme aujourd’hui, 15.03.2013).
  17. Voir sa première homélie comme pape adressée aux Collège des Cardinaux.
  18. Voici la toute première lettre du pape François, adressée hier soir (le 13 mars 2013) au grand rabbin Di Segni, de Rome. Elle est consacrée aux relations avec les juifs : Très estimé Monsieur, professeur Riccardo di Segni, grand rabbin de Rome, Au jour de mon élection en tant qu’ Évêque de Rome et guide universel de l’Église catholique, je vous envoie mon salut cordial, en vous annonçant que l’inauguration solennelle de mon pontificat aura lieu le mardi 19 mars. Ayant confiance en la protection du Très-Haut, j’espère fortement pouvoir contribuer au progrès des rapports entre juifs et catholiques connus à partir du Concile Vatican II, dans un esprit d’entraide renouvelée et au service d’un monde pouvant être toujours plus en harmonie avec la volonté du créateur. Depuis le Vatican, le 13 mars 2013. Pape François. Suite à cette lettre, le rabbin Di Segni, a répondu au pape en le remerciant de son message personnel : Que toutes les nations louent le Seigneur », (Psaume 117,1) Je vous remercie pour le message personnel que vous avez bien voulu m’envoyer à l’occasion de votre élection. Je vous renouvelle mes meilleurs vœux de force et sagesse dans la tâche redoutable qui vous a été confiée, comme je l’ai déjà exprimé dans les médias. Rome a été dans les dernières décennies un lieu privilégié dans lequel ont été accomplies des avancées historiques visant à améliorer les relations entre les Chrétiens et les Juifs. Votre nomination comme Évêque de Rome nous donne l’espoir que ce chemin d’amitié, de respect et de collaboration fructueuse va se poursuivre. Dans l’attente de pouvoir vous saluer personnellement, (grâce à l’aimable de Danilette) Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info L’authenticité de ce texte est confirmée. Dans Le Monde nous lisons : Main tendue à la communauté juive Parmi ses premières mesures, le pape a adressé une lettre au chef de la communauté juive de Rome. Dans cette lettre, publiée sur le site de la communauté, le pape a écrit : "J’espère vivement pouvoir contribuer au progrès que les relations entre juifs et catholiques ont connu à partir du concile Vatican II, dans une esprit de collaboration rénovée et au service d’un monde qui puisse être toujours plus en harmonie avec la volonté du Créateur." François s’inscrit ainsi dans le droite ligne de son prédécesseur Benoît XVI. Lors de l’annonce de la démission de ce dernier, le 11 février, le grand rabbin ashkénaze d’Israël, Yona Metzger, avait estimé qu’il avait amélioré les relations entre le christianisme et le judaïsme, contribuant à "une diminution des actes antisémites dans le monde".
  19. lLe président israélien, Shimon Pérès, a félicité jeudi 14 mars le nouveau pape François et l’a invité à venir en Israël dès que possible pour promouvoir la paix dans une "région orageuse". "Nous avons besoin, plus que jamais, d’une direction spirituelle et pas simplement politique. Quand les leaders politiques divisent, les chefs spirituels unissent, autour d’une vision, autour de valeurs et d’une foi qui peut rendre le monde plus facile à vivre", a affirmé M. Pérès dans un communiqué. Il a convié le souverain pontife à "visiter la Terre sainte à la première opportunité". "les relations entre le vatican et le peuple juif n’ont jamais été aussi bonnes" "Il sera un hôte bienvenu en Terre sainte, en tant qu’homme d’inspiration susceptible de renforcer les tentatives d’apporter la paix dans une région orageuse". "Les relations entre le Vatican et le peuple juif n’ont jamais été aussi bonnes depuis les deux mille dernières années et j’espère qu’elles grandiront tant en substance qu’en profondeur", a souhaité M. Pérès. Le président israélien avait reçu à Jérusalem en 2009 le prédécesseur de François sur le trône de Saint-Pierre, Benoît XVI, qu’il a qualifié de "cher ami de notre peuple, un intellectuel profond qui a tant contribué à rapprocher historiquement, et au-delà, l’Eglise catholique et le peuple juif". De son côté, le grand rabbinat d’Israël a pris acte "du dialogue riche et fructueux" avec le Vatican sur des sujets comme "la condamnation du terrorisme au nom de Dieu et le caractère sacré de la vie et de la cellule familiale". http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/03/14/shimon-peres-invite-le-pape-francois-a-venir-des-que-possible-en-israel_1848745_3214.html L’abbé Hector Roméro écrivait d’Argentine à ce sujet le 17 mars 2013 : Ce François, considéré comme un cardinal primat de l’Argentine et archevêque de Buenos Aires, était vraiment l’ami des ennemis de Notre Seigneur. On l’a vu, lors des fêtes juives, à la synagogue de Buenos Aires, à coté du rabbin, kippa sur la tête, en train d’allumer le chandelier. Lors d’un “congrès charismatique” à Buenos Aires, en présence du prédicateur des exercices spirituels du Vatican, Bergoglio s’était mis à genoux devant des pasteurs protestants pour recevoir leur soit disant bénédiction. On l’a vu aussi, le soir de son élection, avant de donner la bénédiction à la foule, s’incliner vers elle pour qu’elle prie Dieu de le bénir lui-même ; c’est un geste inouï ! Dans ses premières paroles à la foule, il s’était présenté avec insistance comme “l’évêque de Rome” et il n’a pas prononcé, même pas une fois, le mot “Pape”, dans un autre geste inouï qui va dans le sens, toujours, de la destruction de l’autorité et de la collégialité épiscopale de Vatican II. Voyez aussi cette information de la BBC, datant du 18.03.2013 : The list of attendees for Mon[Tues]day’s Mass includes US Vice-President Joe Biden and the spiritual head of the Orthodox Church, Patriarch Bartholomew. He will be the first Orthodox patriarch to attend a papal inauguration Mass since the two branches of Christianity split more than 1,000 years ago. Thirty-three groups of guests from various Christian Churches are expected in total, according to the Vatican, along with 16 delegations from Jewish communities, as well as representatives of other faiths.
  20. L’Abbé Roméro, déjà cité, écrit : Ni l’Eglise, ni saint François n’ont rien à voir non plus avec cette pauvreté qui va plus ou moins dans le sens de la Gauche. L’Eglise enseigne l’esprit de pauvreté et la pauvreté volontaire et condamne toute sorte de socialisme, de communisme, qui suppriment ou qui mettent en danger la propriété privée et qui montent les classes les unes contre les autres. Roberto de Mattei décrit ainsi cette théologie du pauvre : « L’option préférentielle des pauvres » du cardinal Bergoglio prend racine en particulier dans l’enseignement de Lucio Gera et Rafael Tello, les représentants de la “théologie du peuple”, caractérisée par la substitution de la pratique de la pauvreté à l’idéologie de la révolution armée. Carlos Pagni, en analysant sur “La Naciòn” du 21 mars le Método Bergoglio para gobernar (La Méthode Bergoglio pour gouverner), explique la raison théologique pour laquelle la “périphérie” occupe la place centrale dans le paysage idéologique de l’archevêque Bergoglio. Pour lui les pauvres ne sont pas une réalité sociologique qu’il faut aider mais un sujet théologique duquel il faut apprendre : « cette attitude pédagogique a une racine religieuse : la relation du peuple avec Dieu serait plus véritable car dénuée des contaminations matérielles » (Appendice XII)
  21. Maurice Blondel, L’ Action. Tome 1 : Le problème des causes secondes et le pur agir. Tome 2 : L’action humaine et les conditions de son aboutissement. Tome 3 L’Action Essai d’une Critique de la Vie et d’une Science de la Pratique, Presses Universitaires de France, 1949-1950.
  22. Dans le rapport officiel d’un entretien en direct du Cardinal Napier sur le « Stephen Nolan programme » diffusé par la BBC sur Radio 5 (16.03.2013), nous lisons : Cardinal Napier referred to paedophilia as "a psychological condition, a disorder". "What do you do with disorders? You’ve got to try and put them right. If I – as a normal being – choose to break the law, knowing that I’m breaking the law, then I think I need to be punished." He said he knew at least two priests, who became paedophiles after themselves being abused as children. "Now don’t tell me that those people are criminally responsible like somebody who chooses to do something like that. I don’t think you can really take the position and say that person deserves to be punished. He was himself damaged."
  23. Au moment où nous rédigeons ces lignes la dépêche suivante tombe dans mon ordinateur : « Le président de la République a appelé à une nouvelle loi « de consensus » pour limiter les signes religieux dans des structures de droit privé. » La-Croix.com du 02/04/13 <http://www.la-croix.com/Actualite/France/Faut-il-limiter-la-liberte-religieuse-2013-04-02-927869> Voici un extrait de cet article : Limiter l’expression religieuse dans la sphère privée La décision de la Cour de cassation a ouvert les portes à un déferlement de tribunes ou pétitions favorables ou opposées à une réforme. Car au-delà de ces aspects techniques, la perspective inédite de limiter l’expression religieuse dans la sphère privée relance la question du point d’équilibre entre respect des libertés individuelles, de la diversité culturelle et de la tradition républicaine. Le juriste Jean-Marie Woerling dénonce ainsi une vraie rupture : « la laïcité, c’est la neutralité de l’État et la garantie de liberté apportée à toutes les croyances. Pour la première fois, elle va être entendue dans le sens d’une prohibition. » Son collègue Denys de Béchillon abonde en ce sens : « On est déjà allé très loin avec la loi sur la burqa. Comme on pouvait le craindre, elle s’avère être une porte d’entrée pour de nouveaux textes liberticides ». Favorable à une nouvelle loi, Jacqueline Costa-Lascoux rejette ces accusations qu’elle attribue à une vision figée de la laïcité. « Elle ne se limite pas aux aspects organisationnels de la loi de séparation de 1905. Héritière des Lumières et de la déclaration de 1789, la laïcité garantit les droits fondamentaux des personnes mais en posant le principe de la compatibilité des libertés. Dans les relations, adulte et enfant, il s’agit de protéger la liberté de l’enfant. »
  24. Pour Confucius (551-479 avant Jésus-Christ) la chose la plus importante dans la vie d’un État était la juste définition des termes du discours publique, le bon usage des mots.
  25. Athanase (298-373), le grand docteur dogmatique du IVe siècle.
  26. J’avais averti de ce danger en décembre 1976 déjà, dans le numéro XVI de la Documentation chrétienne.
  27. Voyez http://www.evolutionnewsVrg/2013/03/pope_francis_fa070061.html Les médias, après quelques hésitations, ont bien compris la conformité radicale du pape François avec l’esprit moderne. C’est bel et bien un homme de l’aggiornamento. Ils ne feront que le pousser.