COURTHIAL Pierre - Préface à 'Trente ans de théologie française' de Florent Gaboriau

De Calvinisme
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Sola scriptura canonica est regula fidei.

“L’Écriture canonique seule est la Règle de la Foi.”

C’est du statut même de la Théologie que traite ce livre important.
Qui dit Théologie, au sens premier, fort et plein, désigne la Parole de Dieu – Theou Logos – qu’est le Texte sacré. C’est pourquoi tout chrétien fidèle, toute Église fidèle, est concerné(e) par la question du statut de la Théologie et par les définitions qu’en donnent, entre autres, les “théologiens” prétendus ou véritables.
La triste réalité dont doit prendre conscience tout chrétien fidèle, toute Église fidèle, c’est que, dans le protestantisme et dans le catholicisme-romain, la théologie occidentale connaît, depuis un long temps déjà, des dérives spirituelles et doctrinales qui, dans leur excentricité, ne cessent hélas ! de se diversifier et amplifier.
Florent Gaboriau s’est sagement et volontairement limité aux trente ans de théologie française (les dernières du XXe siècle) qu’il décrit et critique avec une compétence et une précision remarquables.
Le comble de l’ironie, en ce qui concerne la France, et le catholicisme romain, c’est que ces dérives s’y sont accélérées au nom d’une Théologie (?!) Fondamentale (?!) qui se présente, en toute modestie, comme “le dernier état de la recherche dans la pensée et les sciences religieuses”, théologie si fondamentale qu’elle se met résolument “à l’écoute du monde” pour “rejoindre les légitimes aspirations de l’homme moderne”, en respectant “les normes de fonctionnement issues de l’éthique des droits de l’homme”. Aussi cette théologie fondamentale exalte-t-elle “les traditions issues des Lumières” et “les droits de l’homme dans la tradition des Révolutions américaines et française” (désormais “promues au rang de normes et critères” ajoute Gaboriau), Aussi encore est affirmé “le droit imprescriptible et universel issu d’une conception de l’homme majeur et maître de son destin historique” (36 à 42)[1]. [P. S : Je me permets de souligner le mot issues ou issu qui, par sa répétition involontaire, signale le (les) principe(s) qui gouverne(nt) la théologie fondamentale (P.C.)].


En certains temps et certains lieux, le protestantisme authentique, le protestantisme “confessant”, qui garde, dans ses Confessions de Foi les Confessions de Foi des six premiers Conciles dits oecuméniques (dont principalement, celles de Nicée-Constantinople et de Chalcédoine), “réglées” elles mêmes par la sainte Écriture, céda la place, dès le milieu du XVIIe siècle, à des “protestantismes” dévoyés, pénétrés par le libéralisme rationaliste qui était le modernisme d’alors.
De même, depuis un siècle et demi, le catholicisme-romain est, à son tour, pénétré par des modernismes qui ne s’atténuent un temps, au point de sembler avoir disparu, que pour reprendre ensuite leur travail de sape.
Gaboriau fait lui-même allusion au modernisme du milieu du XIXe siècle, dénoncé, en 1864, par le pape Pie IX dans son Syllabus, parce qu’il en arrivait à consacrer “au détriment du vrai, l’absolu de la subjectivité” (44).
Il faudrait aussi mentionner le modernisme du début du XXe siècle auquel dut s’opposer le pape Pie X par le décret Lamentabili du 3 juillet 1907 suivi de près par l’encyclique Pascendi. Le protestant américain William James (1842-1910) venait alors d’écrire :

“…l’aséité de Dieu, sa nécessité, son immatérialité, sa simplicité, son indétermination logique, son infinité, sa personnalité métaphysique, son rapport avec le mal qu’il permet sans le créer, sa suffisance, son amour de lui-même et son absolue félicité : franchement qu’importent tous ces attributs pour la vie de l’homme ? S’ils ne peuvent rien changer à notre conduite, qu’importe à la pensée religieuse qu’ils soient vrais ou faux ? ” [2]

Et le catholique-romain quelque peu bergsonien Édouard Le Roy (1870-1954) venait d’affirmer :

“…la valeur d’une vérité se mesure avant tout aux services qu’elle rend, aux résultats qu’elle suggère, aux conséquences dont elle est grosse, bref à l’influence vivifiante qu’elle exerce sur le corps entier du savoir” [3].

A ces deux vagues modernistes – celle du milieu du XIXe siècle et celle du début du XXe – s’est ajoutée une troisième, plus durable et plus grave que les précédentes : celle qui, commencée vers 1930, ne s’est pas encore retirée aujourd’hui. C’est en (et avec) cette troisième vague – que ne sut (et ne voulut ?) contenir le Concile du Vatican II (1962-1964) – qu’ont passé les trente ans de théologie française dont nous entretient Gaboriau.


Une piste que suggère son livre permet d’illustrer mon bref propos sur le modernisme catholique-romain et ses infiltrations réitérées : celle de l’histoire du couvent d’études de la province dominicaine de France, d’“Une école de théologie, le Saulchoir”[4].
Trois noms dominent cette histoire ; ceux du père Ambroise Gardeil, le fondateur ; du père Marie-Dominique Chenu, le modificateur ; et du père Claude Geffré, le terminateur.

  1. En ses débuts, avec le père Gardeil, “Le Saulchoir trouvait en saint Thomas [d’Aquin], selon la tradition dominicaine… la charte la plus sûre de son travail” (100). N’était-ce pas le temps où, dans le catholicisme-romain en France, la grande pensée thomiste était en train de se développer et de se faire connaître avec des maîtres, entre autres, aussi prestigieux que le père Garrigou-Lagrange, Jacques Maritain et Étienne Gilson ? (L’influence du thomisme s’étendait même au-delà du catholicisme-romain puisque, par exemple, dans les années Vingt, parmi les participants au Cercle de Meudon qu’illustrèrent Jacques Maritain et le père Garrigou-Lagrange, il y eut un pasteur, le théologien calviniste Auguste Lecerf).
  2. Avec le père Chenu (1895-1990) qui oeuvra au Saulchoir de 1920 – il avait alors vingt cinq ans ! – jusqu’à 1942, et particulièrement à partir de 1932 où il devint “régent” d’études, les choses vont changer. Le père Chenu était certes un “extraordinaire éveilleur d’hommes et d’idées” (92), un savant d’une capacité de travail remarquable, mais, au long de ses recherches, dominait un “parti pris d’intelligence historique” tel que pour “s’ouvrir à une histoire qui se fait” (90), et sous prétexte de découvrir “le vrai saint Thomas” (92), il en vint à relativiser sa pensée conditionnée par son temps. Quand, en 1942, son Mémoire[5] sera mis à l’Index et qu’il sera destitué de sa charge (“c’était sans doute une injustice, mais ce n’était pas une erreur ; on voulait s’en prendre à la théologie historique”), il commentera : “Les docteurs romains ont peur de l’histoire qui introduit du relatif partout” (90).
  3. Au Rector Magnificus du Saulchoir qu’était devenu Chenu succéda plus tard le père Geffré. Le lecteur découvrira celui-ci, figure emblématique de la “théologie française”, tout au long du livre de Gaboriau. A la suite de son prédécesseur, il s’intéressera moins à la philosophie, ni même à la théologie proprement dite qu’à l’histoire. En allant bien plus loin. Après avoir commencé par “considérer deux choses ; d’une part, la réalité historique des événements qui fondèrent le christianisme et, d’autre part, notre propre historicité”, laquelle comprend “les courants de la pensée contemporaine”, il se lancera (c’était dans l’air du temps) dans une herméneutique illimitée. Thomas d’Aquin ne sera plus tenu pour “exemplaire” qu’“au point de vue de sa volonté de réconcilier l’intelligence et la foi” Il faudra désormais que Geffré oeuvre activement dans “le déplacement actuel de la théologie”, déplacement postulant qu’on avance hardiment, critiquement et créativement en herméneutique, dans le “risque de l’interprétation”. Tout pourra y contribuer. Toutes les “représentations” que sont “la psychologie, la sociologie, l’imaginaire d’une culture”, et qui “peuvent constituer des lieux nouveaux de production théologique” fourniront “des points de départ nouveaux dans la nécessaire réinterprétation de la confession de foi pour notre temps” (24).
  4. La Théologie, au sens Theou Logos (Parole de Dieu, Écriture sainte), la théologie, au sens second de service du Texte sacré dans l’humilité et la fidélité, sont maintenant livrés au crible de l’herméneutique puisque, dit Geffré, “l’Écriture est elle-même une interprétation” et qu’“elle est l’objet d’une interprétation incessante” et qu’“elle devient interprétante pour chaque lecteur croyant.” (130)
  5. Ainsi voit-on Geffré, après s’être “attaché à une réinterprétation du message chrétien, en tenant compte de cet horizon que représentent l’incroyance et l’indifférence religieuse” en venir à se passionner pour “l’interprétation du message chrétien en fonction d’un pluralisme religieux qui de fait, à vues humaines, est insurmontable” (51). Il écrira : “Je suis de plus en plus persuadé que l’horizon de la théologie du troisième millénaire sera la pluralité des traditions religieuses”. Dans la Revue de l’Institut catholique de Paris, se vantant de “la singularité de la théologie qu’on enseigne en France”, il souligne l’importance de “la mise en question de l’herméneutique traditionnelle par les nouvelles méthodes de lecture des textes. On prétend aussi à la gloire de s’interroger sur les rapports entre théologie et idéologie à la lumière d’une herméneutique de soupçon”. Et notre nouveau théologien affirme tranquillement : “Nous cherchons à mettre davantage l’accent sur l’apprentissage de nouvelles méthodes que sur des contenus” ! (58).

Geffré est devenu un des maîtres des trente ans de théologie française décrits par Florent Gaboriau. Il va devenir la coqueluche d'une certaine presse (La Croix, Le Monde). Après les “événements de 1968” et la fin du Saulchoir où il était resté dix-sept ans, “comme étudiant puis comme professeur, régent et même recteur des facultés”, il va être appelé d'abord comme remplaçant provisoire du père Bouillard puis comme son successeur, à la chaire de “théologie fondamentale” à la faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris. En 1996 – ce qui est stupéfiant – il sera même promu “directeur de l'École biblique et archéologique de Jérusalem.”
Dans un article de la Revue des sciences religieuses, de 1998 (pages 50 à 63), il finira par écrire : “A l’âge de la mondialisation, la communauté des nations réclame une éthique planétaire ou globale par delà la diversité des cultures et des religions. Toutes les religions sont donc invitées à écouter la voix de la conscience humaine universelle qui a trouvé une de ses expressions dans la Charte des droits de l’homme.” (128). Et dans cet article, où il est question du “dialogue interreligieux qui s’est instauré depuis au moins trois décennies”[6], des “trois religions monothéistes” et de “leurs textes fondateurs” et de leurs “longues traditions normatives”, Geffré conclut : “Mon engagement absolu à l’égard de la vérité dont je me réclame n’entraîne pas nécessairement un sentiment de supériorité… La vérité qui fait pour moi l’objet d’une conviction absolue n’est ni exclusive ni inclusive de toute autre vérité : elle est relative au fait même de la particularité historique de son origine. Cela ne l’empêche pas d’avoir une portée universelle.”


Je ne puis m’empêcher, face à cet “oecuménisme interreligieux” et à ce mépris de la Théologie scripturale, de citer ces lignes de Jacques Maritain prises dans l’avant-propos de son livre Antimoderne publié en 1922, et que j’ai lues en 1931 alors que j’avais seize ans :

“Il faut savoir si nous choisissons, dès l’origine, de demeurer, en souffrant mépris, dans la maison de la sagesse plutôt que d’habiter honorablement dans les chaires et les académies de la science de ce monde, ou si nous voulons , dès l’origine et par élection première, nous conformer à notre temps… Un tel choix ne peut ne pas être fait, on ne peut pas s’y dérober, et il est décisif, car il porte sur la fin poursuivie ; et c’est une chose redoutable de commencer sa vie intellectuelle par un péché d’esprit… J’ajoute que c’est pour nous, en un sens, une condition fort avantageuse d’avoir les puissances de ce monde tournées contre nous – ce qui n’était pas le cas lorsque le monde était chrétien – car ainsi le choix se présente à nous de façon plus franche et plus pure… Il serait d’une extrême naïveté – et nous savons que rien ne ressemble tant à la trahison qu’une certaine naïveté – d’aborder la pensée moderne et de sympathiser avec tout ce qu’il y a de bon en elle avant d’avoir pris soin de discerner ses principes spirituels et la manière dont ils commandent, chez ceux qui s’abandonnent à eux, le choix dont nous parlons. Au contraire, une fois opérée cette discrimination, une fois assuré le travail d’établissement qui garantit, si je puis dire, la spécificité de notre vie intellectuelle, alors, mais alors seulement, nous pourrons et devrons laisser jouer librement la tendance universaliste, si admirablement manifeste chez un saint Thomas d’Aquin, qui porte, bienveillante et pacifique, la pensée catholique à chercher partout les concordances plutôt que les oppositions, les fragments de vérité plutôt que les privations et les déviations, ----

S’il arriva au père Chenu, en 1942, son Mémoire ayant été mis à l’Index, d’être destitué de sa charge au Saulchoir – ce qui ne l’empêcha pas d’être fort considéré ensuite, de jouer un rôle au Concile du Vatican II, de publier des ouvrages allant dans le sens de son Mémoire, et d’avoir finalement droit, à sa mort en 1990, à des obsèques quasi “nationales” en l’Église cathédrale de Notre Dame de Paris, comble, présidées par le cardinal-archévêque –, le père Geffré, lui, d’orientation carrément moderniste comme en témoignent sa “théologie fondamentale française”, ses livres et ceux de ses supporters, la revue Concilium, a toujours pu développer tranquillement, d’horizons en horizons toujours plus larges et universels, sa “nouvelle pratique scientifique et pratique (sic) de la théologie”, disposant librement, comme le dit Gaboriau, “d’une précompréhension qui lui réserve sa place en-avant comme au-dessus des textes” puisque, selon lui-même, “il s’agit toujours de comprendre les textes fondateurs… à partir d’une certaine précompréhension et sans un engagement du sujet interprétant, c’est-à-dire sans une interaction vécue entre l’objet textuel à étudier et l’interprète.” (136) C’est comme l’écrit l’un de ses admirateurs l’ayant bien compris : “La précompréhension est celle de l’interprète. C’est la compréhension qu’il a de sa propre existence, de son monde, de son histoire, qui constitue le contexte de compréhension du texte fondateur” ! Ou encore, comme l’écrit Geffré lui-même : “Il y a une analogie entre le Nouveau Testament et la fonction qu’il exerçait dans la tradition primitive, et la production d’un nouveau texte aujourd’hui avec la fonction qu’il exerce dans le présent de la société et de la culture.” (137)


Tout au long de son livre – et cela n’étonnera pas les lecteurs de L’Écriture seule ? (1997) ou de Au seuil de la Somme (1999) –, Gaboriau rappelle le statut même de la Théologie et, du même coup, la nécessité de “recentrer l’effort théologique sur ce qui en est le pivot scripturaire” (6), car la vérité d’un texte passé aussi présent que la Bible, est ce qui fait son actualité radicale. C’est le texte de Dieu, “l'impression de sa science”[7] qui a “lieu” dans son Oeuvre.

“Le soin que Jésus prend d’agir et d’enseigner répond au mandat confié pour la suite à ses apôtres : garantir un enseignement à toutes les nations, comme ouverture à la réalité unique dont saint Paul s’est avisé : «Il n’y a qu’un corps et qu’un Esprit, comme il n’y a qu’une espérance au terme de l’appel reçu par vous ; un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu, Père de tous» (Eph. 4 : 4-6)… En sens inverse, l’herméneutique préconisée au rebours du sérieux de l’esprit et de son unité, reflète une philosophie protéenne ; elle ne répond pas à la théologie de Jésus. Son excuse, de la part d’un adepte post-chrétien, gît dans l’idée d’un pan-incarnationisme : «Le Logos s’incarne dans toute notre histoire humaine» assure-t-on – «plutôt qu’il ne l’aurait fait dans un homme désigné nommément et à l’effet de son oeuvre. L’incarnation», pense-t-on, «ne peut se confiner aux limites d’une seule vie humaine. Aussi bien, vu le monde historique dans lequel le Logos dresse sa tente», on estimera que «toute la vie humaine est un processus de révélation divine ; le Christ surgit au sein de ce processus universel d’incarnation». Et pour finir : «On pourrait comparer la manifestation du Verbe éternel dans la vie de Jésus à la réalisation d’une illumination suprême dans la vie de Bouddha : une vérité absolue perce dans ces vies, en fonction de leurs conditions cultuelles.»” (112)[8]

Gaboriau, contre toute gnose moderniste, rappelle que selon la scriptura sola qui est la Règle de la Foi, selon Thomas d’Aquin, la théologie doit se vouer prioritairement à l’intellectus scripturae, à la lecture méditée, et en profondeur, de la sainte Écriture, “en son état ultime, finalisé dans sa vocation à l’enseignement.” (132) Il est ainsi “trois priorités immanentes à la Scriptura : priorité au texte, priorité à l’intellect, priorité à la communion, dans l’ordre où ces exigences s’entraînent simultanément” pour que l’Écriture soit “interprétée par l’esprit même qui l’a instituée” (133). Tel est le principe fondamental de l’herméneutique chrétienne, laquelle sait “qu’il s’agit en christianisme, avec l’inspiration des Écritures, d’un Dieu qui réellement se communique.” (138)
En nous rappelant, en nous prouvant dans divers de ses ouvrages[9], et notamment dans celui que j’ai l’honneur de préfacer, que le terme doctrina sacra “désigne chez Thomas d’Aquin l’enseignement fourni par l’Écriture, enseignement dont Dieu garde l’initiative”, et “qu’avec lui comme avec saint Paul, il s’agit d’accueillir la Parole, en pleine détresse, avec la joie de l’Esprit Saint… pour servir le Dieu vivant et véritable et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus qui nous arrache à la colère qui vient” (I Thes. 1 : 6, 9, 10), Gaboriau nous invite tous : fidèles catholiques-romains, orthodoxes et protestants, à revenir, en théologie comme dans nos rapports oecuméniques et dans nos vies, à la priorité des priorités, à l’Écriture qui seule est la Règle de la Foi. Si, suivant cette priorité, nous tenons ensemble les grandes Confessions scripurales que sont celles de Nicée-Constantinople et de Chalcédoine, si, “lecteurs de la Bible”, nous savons “attendre dans la Communion à partir de nos acquis, lesquels ne le sont peut-être pas pour tout le monde entre chrétiens” (151), nous pourrons, même encore “frères séparés”, garder et resserrer des pensées et des relations fraternelles, même en maintenant, là où nous sommes convaincus de leur vérité scripturale, et vis-à-vis des chrétiens d’autres dénominations que la nôtre, les points, à leurs yeux litigieux, de nos propres confessions.
En disant maintenant : Merci ! à Florent Gaboriau, j’invite tous ses lecteurs, que j’espère nombreux, à prêter grande attention à son rappel insistant au recentrement indispensable sur la Parole vivante de Dieu qu’est le Texte sacré, car “l’Écriture l’est, vivante en elle-même, antérieurement à sa réception par les bénéficiaires… l’Écriture ne résoudrait aucune question présente et pressante si elle n’était reconnue d’abord elle-même, et prioritairement, dans la vérité divine de son actualité”. (156)

Notes et références

  1. Les nombres entre parenthèse incitent, au long de cette préface, à se référer aux pages de l'ouvrage de Florient Gabuiau d'où sont tirées, par exemple les citations entre guillemets
  2. William James dans Vérités de l'expérience religieuse, 1902, traduction française Abauzit, Alcan, 1906, p.376
  3. Edouard Le Roy dans Dogme et critique, 1907, p.15
  4. C'est le titre du premier livre de Chenu, paru en 1937
  5. Le Mémoire, c'est Une école de théologie, le Saulchoir, cf note 4
  6. Tiens! Voilà apparaître les trente ans de théologie française?!
  7. Somme théologique I, 1,3,2 m.
  8. Toutes les citations de ce paragraphe sont prises par Gaboriau dans l'ouvrage La Vérité chrétienne à l'âge du pluralisme religieux de Joseph Stefen O'Leary, un théoligien irlandais, Cerf, 1994, pp. 265 et suivantes
  9. Notamment L'Ecriture seule? FAC-Editions, Paris, 1997 et Au seuil de la Somme, Editions Fac 2000, Paris, 1999