MERLE D'AUBIGNÉ - Histoire de la Réformation du seizième siècle (Tome I - Livre 1 - Chapitre 10)

De Calvinisme
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Érasme (1466-1536)

Érasme - Érasme à Paris - Sa réputation - Sa profession - Ses travaux - Ses défauts - Une réforme sans secousses était-elle possible - Sa timidité - Son indécision

Reuchlin n'avait pas encore douze ans, quand naquit l'un des plus grands génies de ce siècle. Un homme plein de vivacité et d'esprit, appelé Gérard, natif de Gouda dans les Pays-Bas, aimait la fille d'un médecin, nommée Marguerite. Les principes du christianisme ne dirigeaient point sa vie, ou tout au moins la passion les fit taire. Ses parents et neuf frères voulaient le contraindre à embrasser l'état ecclésiastique. Il s'enfuit, laissant celle qu'il aimait sur le point de devenir mère, et se rendit à Rome. La coupable Marguerite mit au monde un fils. Gérard n'en apprit rien, et, quelque temps après, il reçut de ses parents la nouvelle que celle qu'il avait aimée n'était plus. Saisi de douleur, il se fit prêtre et se consacra entièrement au service de Dieu. Il revint en Hollande. Elle vivait encore! Marguerite ne voulut pas se marier à un autre. Gérard resta fidèle à ses vœux sacerdotaux. Leur affection se concentra sur leur jeune fils. La mère en avait pris le soin le plus tendre. Le père, après son retour, l'envoya à l'école, quoiqu'il n'eût alors que quatre ans. Il n'en avait pas treize, lorsque son maître Sinthemius de Deventer, l'embrassant un jour plein de joie, s'écria : « Cet enfant atteindra les plus hautes sommités de « la science! » C'était Érasme, de Rotterdam.

Vers ce temps, sa mère mourut, et peu après, son père, accablé de douleur, la suivit dans la tombe.

Le jeune Érasmei, demeuré seul au monde, témoigna une vive aversion pour la vie monacale, que ses tuteurs voulaient le contraindre à embrasser. A la fin, un ami lui persuada d'entrer dans un couvent de chanoines réguliers, ce qu'il pouvait faire sans prendre les ordres. Nous le trouvons bientôt à la cour de l'archevêque de Cambrai, et plus tard à l'université de Paris. Il y poursuivit ses études dans une grande misère, mais avec l'application la plus infatigable. Dès qu'il pouvait se procurer quelque argent, il l'employait à acheter, d'abord des auteurs grecs, et ensuite des habits. Souvent le pauvre Hollandais recourait en vain à la générosité de ses protecteurs : aussi, plus tard, sa plus grande joie fut-elle de soutenir des jeunes gens studieux mais pauvres. Appliqué sans relâche à la recherche de la vérité et de la science, il reculait cependant devant l'étude de la théologie, craignant d'y découvrir quelques erreurs, et d'être alors dénoncé comme hérétique.

L'habitude du travail, qu'il contracta à cette époque, lui demeura toute la vie; même dans ses voyages, qu'il faisait ordinairement 4 cheval, il n'était point oisif. Il composait en route, en chevauchant à travers les campagnes, et, arrivé à l'hôtellerie, il couchait par écrit ses pensées. C'est ainsi qu'il fit son fameux Éloge de la folie dans un voyage d'Italie en Angleterre.

Érasme s'acquit de bonne heure une grande réputation parmi les savants. Mais les moines, irrités de son Éloge de la folie , où il s'était moqué de la leur, lui vouèrent une haine violente. Recherché des princes, il était inépuisable, lorsqu'il s'agissait de trouver des exe^ges pour échapper à leurs invitations. Il aimait mieux gagner sa vie avec l'imprimeur Frobenius,en corrigeant des livres, que de se trouver, entouré de luxe et de faveurs, aux cours magnifiques de Charles-Quint, de Henri VIII , de François Ier, ou que de ceindre sa tête du chapeau de cardinal qui lui fut offert2.

Depuis 1509 enseigna à Oxford. Il vint en 1516 à Bâle; il s'y fixa en 1521.

Quelle a été son influence sur la réformation ?

Elle a été trop exaltée d'un côté , et trop dépréciée de l'autre. Érasme n'a jamais été et n'eût jamais pu être un réformateur ; mais il a préparé les voies à d'autres. Non-seulement il répandit dans son siècle l'amour de la science et un esprit de recherche et d'examen qui en mena d'autres bien plus loin qu'il n'alla lui-même; mais encore il sut, protégé par de grands prélats et par de puissants princes, dévoiler et combattre les vices de l'Église par les plus piquantes satires.

Érasme fit plus : non content d'attaquer les abus , il chercha à ramener les théologiens , de l'étude des scolastiques à l'étude de l'Écriture sainte. «Le but le plus élevé du renouvellement « des études philosophiques, dit-il, sera d'apprendre « à connaître le simple et pur christianisme dans « la Bible. » Belle parole ! et plût à Dieu que les organes de la philosophie de nos jours comprissent aussi bien leur mission! « Je suis ferme- « ment résolu, disait-il encore, à mourir sur l'étude « de l'Écriture : en elle est ma joie et ma paix. ' » « Le sommaire de toute la philosophie chrétienne « se réduit à ceci, dit-il ailleurs : Placer toute notre « espérance en Dieu qui , sans notre mérite , par « grâce, nous donne tout par Jésus-Christ; savoir « que nous sommes rachetés par la mort de son « Fils ; mourir aux convoitises mondaines et marcher d'une manière conforme à sa doctrine et « à son exemple, non - seulement sans nuire à « personne, mais encore en faisant du bien à tous; « supporter patiemment l'épreuve dans l'espérance « de la rémunération future ; enfin , ne nous « attribuer aucun honneur à cause de nos ver- « tus, mais rendre grâces à Dieu pour toutes « nos forces et pour toutes nos œuvres. Voilà « ce dont il faut pénétrer l'homme, jusqu'à ce « que cela soit devenu pour lui une seconde nature '. »

Mais Érasme ne se contenta pas de faire une si franche profession de la doctrine évangélique; ses travaux firent plus que ses paroles. Il rendit surtout à la vérité un important service par la publication de son édition critique du Nouveau-Testament, qui fut la première et longtemps la seule; elle parut en i5i6 à Bâle, un an avant que la réformation ne commençât. Il l'accompagna d'une traduction latine où il corrigeait hardiment la Vulgate, et de remarques justificatives. Erasme fit ainsi pour le Nouveau-Testament ce que Reuchlin avait fait pour l'Ancien.

Les théologiens purent dès lors lire la Parole de Dieu dans les langues originales, et plus tard reconnaître la pureté de la doctrine des réformateurs. « Plût à Dieu, dit Érasme en publiant son ouvrage, « qu'il porte autant de fruit pour le christianisme, qu'il m'a coûté de peine et d'application !» Ce vœu fut accompli. Les moines s'écrièrent en vain : «Il veut corriger le Saint-Esprit! » Le Nouveau-Testament d'Érasme fit jaillir une vive lumière. Ce grand homme répandit encore le goût de la Parole de Dieu par ses paraphrases de l'Épître aux Romains. L'effet de ses travaux dépassa ses intentions mêmes. Reuchlin et Érasme rendirent la Bible aux savants; Luther la rendit au peuple.

Érasme fut pour plusieurs comme un pont de passage. Bien des hommes qui auraient été effrayés par les vérités évangéliques présentées dans toute leur force et leur pureté, se laissèrent attirer par lui, et devinrent plus tard les fauteurs les plus zélés de la réformation.

Mais par cela même qu'il était bon pour préparer, il ne l'eût pas été pour accomplir. « Érasme « sait très-bien signaler les erreurs, dit Luther, « mais il ne sait pas enseigner la vérité. » L'Évangile de Christ ne fut pas le foyer où s'alluma et s'entretint sa vie, le centre autour duquel rayonna son activité. Il était avant tout savant, et. seulement ensuite chrétien. La vanité exerçait sur lui trop de pouvoir pour qu'il eût sur son siècle- une influence décisive. Il calculait avec anxiété les suites que chacune de ses démarches pourrait avoir pour sa réputation. Il n'y avait rien dont il aimât autant à parler que de lui-même et de sa gloire. « Le pape, » écrivait-il à un ami intime avec une vanité puérile, à l'époque où il se déclara l'adversaire de Luther, « le pape m'a envoyé « un diplôme plein de bienveillance et de témoignages d'honneur. Son secrétaire me jure que « c'est quelque chose d'inouï, et que le pape l'a « dicté lui-même mot à mot. »

Érasme et Luther sont les représentants de deux grandes idées quant à une réforme, de deux grands partis dans leur siècle et dans tous les siècles. L'un se compose des hommes d'une prudence craintive; l'autre des hommes de résolution et de courage. Ces deux partis existaient à cette époque, et ils se personnifièrent dans ces illustres chefs. Les hommes de prudence croyaient que la culture des sciences théologiques amènerait peu à peu et sans déchirement une réformation de l'Église. Les hommes d'action pensaient que des idées plus justes répandues parmi les savants ne feraient point cesser les superstitions du peuple, et que corriger tel ou tel abus était peu de chose, si toute la vie de l'Église n'était pas renouvelée.

« Une paix désavantageuse, disait Érasme, vaut « mieux encore que la plus juste des guerres '. » Il pensait et que d'Érasmes n'ont pas vécu dès lors et ne vivent pas de nos jours ! ), il pensait qu'une réformation qui ébranlerait l'Église courrait risque de la renverser; il voyait avec effroi les passions excitées, le mal se mêlant partout au peu de bien que l'on pourrait faire, les institutions existantes détruites, sans que d'autres pussent être mises à leur place, et le vaisseau de l'Église, faisant eau de toutes parts, englouti au milieu de la tempête. « Ceux qui font entrer la mer « dans de nouvelles lagunes, disait-il, font souvent « une œuvre qui les trompe; car l'élément redoutable, une fois introduit, ne se porte pas « là où l'on voulait l'avoir, mais il se jette où il « lui plaît, et cause de grandes dévastation '. » Mais les courageux d'entre ses contemporains avaient de quoi lui répondre. L'histoire avait suffisamment démontré qu'une exposition franche de la vérité et un combat décidé contre le mensonge pouvaient seuls assurer la victoire. Si l'on eût usé de ménagement, les artifices de la politique, les ruses de la cour papale auraient éteint la lumière dans ses premières lueurs. N'avait-on pas depuis des siècles employé tous les moyens de douceur? n'avait-ou pas vu conciles sur conciles convoqués dans le dessein de réformer l'Église? Tout avait été inutile. Pourquoi prétendre faire de nouveau une expérience si souvent déçue?

Sans doute, une réforme fondamentale ne pouvait s'opérer sans déchirements. Mais quand a-t-il paru quelque chose de grand et de bon parmi les hommes, qui n'ait causé quelque agitation? Cette crainte de voir le mal se mêler au bien, si elle était légitime , n'arrêterait-elle pas précisément les entreprises les plus nobles et les plus saintes? Il ne faut pas craindre le mal qui peut surgir d'une grande agitation, mais il faut se fortifier pour le combattre et le détruire.

N'y a-t-il pas d'ailleurs une différence totale entre la commotion qu'impriment les passions humaines et celle qui émane de l'Esprit de Dieu? L'une ébranle la société, mais l'autre la raffermit. Quelle erreur que de s'imaginer, comme Érasme, que dans l'état où se trouvait alors la chrétienté, avec ce mélange d'éléments contraires , de vérité et de mensonge, de mort et de vie, on pouvait encore prévenir de violentes secousses ! Cherchez à fermer le cratère du Vésuve quand les éléments irrités s'agitent déjà dans son sein! Le moyen âge avait vu plus d'une commotion violente , avec une atmosphère moins grosse d'orages que ne l'était celle du temps de la réformation. Ce n'est pas à arrêter et à comprimer qu'il faut penser alors, mais à diriger et à conduire.

Si la réformation n'eût pas éclaté, qui peut dire l'épouvantable ruine qui l'eût remplacée? La société, en proie à mille éléments de destruction, sans éléments régénérateurs et conservateurs, eût été effroyablement bouleversée. Certes, c'eût bien été une réforme à la manière d'Érasme, et telle que la rêvent encore de nos jours beaucoup d'hommes modérés, mais timides, qui eût renversé la société chrétienne. Le peuple, dépourvu de cette lumière et de cette piété que la réformation fit descendre jusque dans les rangs les plus obscurs, abandonné à ses passions violentes et à un esprit inquiet de révolte, se fût déchaîné comme l'animal furieux que des provocations excitent et dont aucun frein ne retient plus, la colère.

La réformation ne fut autre chose qu'une intervention de l'Esprit de Dieu parmi les hommes, un règlement que Dieu mit en la terre. Elle put, il est vrai, remuer les éléments de fermentation qui sont cachés dans le cœur humain; mais Dieu vainquit. La doctrine évangélique, la vérité de Dieu, pénétrant dans la masse des peuples, détruisit ce qui devait périr, mais affermit partout ce qui devait être maintenu. La réformation a édifié dans le monde La prévention seule a pu dire qu'elle avait abattu. « Le soc de la charrue, « a-t-on dit avec raison, en parlant de l'œuvre « de la réforme, pourrait aussi penser qu'il nuit « à la terre, parce qu'il la déchire; il ne fait que « la féconder. »

Le grand principe d'Érasme était: « Éclaire, « et les ténèbres disparaîtront d'elles-mêmes.» Ce principe est bon, et Luther le suivit. Mais quand les ennemis de la lumière s'efforcent de l'éteindre ou d'enlever le flambeau de la main qui le porte, faudra-t-il, pour l'amour de la paix, les laisser faire? faudra-t-il ne pas résister aux méchants ?

Le courage manqua à Érasme. Or, il en faut pour opérer une réformation , aussi bien que pour prendre une ville. Il y avait beaucoup de timidité dans son caractère. Dès sa jeunesse, le nom seul de la mort le faisait trembler. Il prenait pour sa santé des soins inouïs. Nul sacrifice ne lui eût coûté pour s'enfuir loin d'un lieu où régnait une maladie contagieuse. Le désir de jouir des commodités de la vie surpassait sa vanité même, et ce fut cette raison qui lui fit rejeter plus d'une offre brillante.

Aussi ne prétendit-il pas au rôle de réformateur. « Si les mœurs corrompues de la cour de « Rome demandent quelque grand et prompt « remède, disait-il, ce n'est ni mon affaire, ni « celle de ceux qui me ressemblent.» Il n'avait point cette force de la foi qui animait Luther. Tandis que celui-ci était toujours prêt à laisser sa vie pour la vérité, Érasme disait ingénument: « Que d'autres prétendent au martyre : pour moi, «je ne me crois pas digne de cet honneur*. Je « crains que, s'il s'élevait quelque tumulte, je n'imitasse Pierre dans sa chute. »

Par ses écrits, par ses paroles , Érasme , plus que tout autre, avait préparé la réformation ; et puis, quand il vit arriver la tempête qu'il avait lui-même suscitée, il trembla. Il eût tout donné pour ramener le calme d'autrefois, même avec ses pesantes vapeurs. Mais il n'était plus temps, la digue était rompue. On ne pouvait arrêter le fleuve qui devait à la fois nettoyer et fertiliser le monde. Érasme fut puissant comme instrument de Dieu : quand il cessa de l'être, il ne fut plus rien.

A la fin Érasme ne savait plus pour quel parti se déclarer. Aucun ne lui plaisait, et il les craignait tous. « Il est dangereux de parler, disait-il, « et il est dangereux de se taire. » Dans tous les grands mouvements religieux, il y a de ces caractères indécis,respectables à quelques égards, mais qui nuisent à la vérité, et qui, en ne voulant déplaire à personne, déplaisent à tout le monde. Que deviendrait la vérité, si Dieu ne suscitait pas pour elle des champions plus courageux ? Voici le conseil qu'Érasme donna à Viglius Zuichem, depuis président de la Cour supérieure à Bruxelles, sur la manière dont il devait se comporter vis-à-vis des sectaires (car c'est ainsi qu'il appelait déjà les réformateurs) : «Mon amitié « pour toi me fait désirer que tu te tiennes bien « loin de la contagion des sectes, et que tu ne « leur fournisses aucune occasion de dire que « Zuichem est des leurs. Si tu approuves leur « doctrine, au moins dissimule , et surtout ne « dispute point avec eux. Un jurisconsulte doit « finasser avec ces gens, comme certain mourant « avec le diable. Le diable lui demanda: Que crois- « tu ? Le mourant craignant, s'il confessait sa foi, « d'être surpris dans quelque hérésie, répondit : « Ce que croit l'Église. Le premier insista : Que « croit l'Église ? L'autre répondit : Ce que je crois. « Le diable encore une fois : Et que crois-tu « donc? Et le mourant de nouveau : Ce que croit « l'Église '. » Aussi le duc George de Saxe, ennemi mortel de Luther, ayant reçu d'Érasme une réponse équivoque à une question qu'il lui avait adressée, disait : « Cher Érasme! lave-moi la « fourrure et ne la mouille pas. » Second Curio, dans un de ses ouvrages, décrit deux cieux : le ciel papiste et le ciel chrétien. Il ne trouve Érasme ni dans l'un, ni dans l'autre, mais il le découvre se mouvant sans cesse entre eux dans des cercles sans fin.

Tel fut Érasme. Il lui manqua cet affranchissement intérieur, qui rend véritablement libre. Qu'il eût été différent, s'il s'était abandonné lui- même , pour se donner à la vérité ! Mais après avoir cherché à opérer quelques réformes avec l'approbation des chefs de l'Église, après avoir pour Rome abandonné la réformation , quand il vit que ces deux choses ne pouvaient marcher ensemble, il se perdit auprès de tous. D'un côté, ses palinodies ne purent comprimer la colère des partisans fanatiques de la papauté. Ils sentaient le mal qu'il leur avait fait, et ne le lui pardonnaient pas. Des moines impétueux l'accablaient d'injures du haut des chaires. Ils l'appelaient un second Lucien, un renard qui avait dévasté la vigne du Seigneur. Un docteur de Constance avait suspendu le portrait d'Érasme dans son cabinet, afin de pouvoir à chaque instant lui cracher au visage. Mais de l'autre côté, Érasme, abandonnant l'étendard de l'Évangile, se vit privé de l'affection et de l'estime des hommes les plus généreux du temps où il vécut, et dut renoncer sans doute à ces consolations célestes que Dieu répand dans les cœurs de ceux qui se comportent en bons soldats de Jésus-Christ. C'est au moins ce que semblent indiquer ces larmes amères, ces veilles pénibles, ce sommeil troublé, ces aliments qui lui deviennent insipides, ce dégoût pour l'étude des muses, autrefois sa seule consolation , ce front chagrin , ce visage pâle, ces regards tristes et abattus, cette haine d'une vie qu'il appelle cruelle, et ces soupirs après la mort, dont il parle à ses amis'. Pauvre Erasme!

Les ennemis d'Érasme allèrent, ce nous semble, un peu au delà de la vérité, quand ils s'écrièrent, au moment où Luther parut : « Érasme a pondu « l'œuf et Luther l'a couvé. »