SONG Chang - Une leçon d'apologétique pour les chrétiens (an débat des rencontres d'Oxford, 1860)

De Calvinisme
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Depuis[1] le milieu du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui, la théorie de l'Evolution fut l'une des théories les plus marquantes en Sciences, en philosophie, sociologie, pédagogie, histoire, psychologie, religion, etc ..

La théorie de l'Evolution paraît avoir acquis une position dominante au-dessus de toute autre théorie et avoir ainsi conquis la vie intellectuelle. Pour beaucoup, c'est un fait scientifique acquis, vénéré comme une foi. Le long débat qui s'est engagé entre la théorie de l'Evolution et celle de la Création s'est-il définitivement achevé par la victoire de la première, ceci sur la base de faits démontrés? De fait, il n'y a pas si longtemps que la société occidentale, qui avait maintenu la tradition chrétienne, rejeta la prédominance de la théorie de la Création en capitulant en faveur de la théorie de l'Evolution qui est à la fois anti-chrétienne et anti-biblique.

A présent, la théorie de l'Evolution est largement acceptée comme la seule explication de l'origine et du processus de l'univers et de la vie. Un tel changement (de la notion chrétienne de la création à l'évolution athée) atteignit son paroxysme aux rencontres d'Oxford de l'association britannique pour le progrès scientifique[2] , qui eut un grand retentissement dans le monde. Bien que cet événement dramatique fut perçu par beaucoup comme une nette victoire des 'évolutionnistes, la théorie de la Création apparut comme un combat désespéré des soi-disant fondamentalistes tentant de maintenir obstinément leur croyance. Mais nous ne devons pas perdre de vue le fait que cette tragédie historique, qui donna une victoire à l'Evolution, ne fut pas tant le résultat d'un jugement basé sur des faits et des preuves objectives que la conséquence de nombreux éléments extérieurs qui contribuèrent à l'avantager. Avant même le début des débats, la cause était déjà entendue, Examinons les raisons de la défaite.

Premièrement, le climat philosophique de l'époque et son idéologie fut d'un grand secours aux évolutionnistes. Depuis la Renaissance, l'Europe était imbue du rapide développement scientifique et des possibilités de l'intelligence humaine; d'autre part, la piété religieuse s'était affaiblie, tandis que l'analyse et la critique bibliques se renforçaient3 [3] . De plus, les études extensives de la métamorphose et de la succession des organismes vivants, conduites par George de Buffon, Erasmus Darwin, le Chevalier de Lamarck, E. Geoffroy Saint-Hilaire et d'autres, avaient préparé le terrain en appelant implicitement à accepter une telle démarche. La seule tâche des évolutionnistes consistait à lui fournir un habillage scientifique et à présenter l'hypothèse de manière scientifique et logique, comme la seule alternative permettant d'expliquer la vie, à l'encontre du dogme de la Création.

Ainsi, lorsque Darwin présenta sa théorie au monde en suivant une démarche empirique et scientifique, après une expédition de cinq années, sa théorie était déjà prête à être acceptée. Ainsi, l'âpre discussion des rencontres d'Oxford joua le rôle d'une confirmation de la théorie de l'Evolution en tant que fait accompli[4].

Deuxièmement, les différences marquantes qui apparurent entre les qualifications personnelles des deux orateurs ne garantirent pas un débat loyal. Le résultat ne fut nullement acquis par la recherche froide et rationnelle de la vérité, mais par le succès oratoire d'un instant. Les évolutionnistes de l'époque avalent reçu une culture chrétienne et possédaient une bonne connaissance de la Création. L'analyse du fondamentalisme, en particulier, avait été largement poursuivie, et les évolutionnistes savaient exactement comment attaquer les créationnistes. Ils étaient également expert en la théorie de J'Evolution et s'étaient largement préparés à la présenter comme un substitut à la théorie de la Création. Huxley était l'un des spécialistes les plus remarquables de cette époque. En tant que biologiste au fait de la théorie de l'Evolution, il était qualifié pour jouer le rôle de "bouledogue de Darwin"[5]. D'autre part, Wllberforce[6] non seulement manquait des qualifications lui permettant de débattre avec son adversaire[7] , mais était largement ignorant du contenu de la théorie de l'Evolution elle-même. Il était simplement évêque, dépourvu de compétences scientifiques. Un proverbe oriental de dit bien: "si vous vous connaissez bien et si vous connaissez votre ennemi, vous ne serez jamais perdant". En conséquence, le défit maladroit des créationnistes à l'encontre des évolutionnistes pavait le chemin de leur défaite.

L'orgueil précède le désastre

Et un esprit arrogant précède la chute. (Pr. 16.18)

Troisièmement, les partisans de la théorie de la Création n'entreprirent pas de travaux apologétiques d'experts, ni de contre-mesures appropriées, ceci même après le débat d'Oxford. Parallèlement aux études entreprises après 1860 sur l'Evolution par des personnalités comme Grego Mendel, Hugo de Vries, par les néo-darwinistes et les néo-lamarckiens, l'attention et les pensées furent dirigées entièrement sur les hypothèses grandioses contenues dans l'Evolution[8] De plus, même aux États-Unis, à la traîne par rapport à l'idéologie et à la philosophie du temps, on frappa un grand coup contre les partisans de la création, grâce au "procès du singe" de 1925. Les croyants en la Création se devaient de réagir par des recherches et des travaux d'expert, malgré le retard. Mais rien de tel ne se produisit. Une propension aussi lamentable à la passivité peut être attribuée au manque de confiance en elles des églises, comme un contrecoup du procès déterminant de Galilée. En bref, cela peut être attribué à la peur de l'Église de la science et des preuves scientifiques. En fait, le drame de Galilée est la conséquence d'une mauvaise compréhension de la Bible par les églises et d'une application fautives de certains dogmes.

Afin d'expliquer ce défi d'Oxford, utilisons une analogie sportive: Huxley l'évolutionniste entra dans l'arène en bonne condition physique, bien entraîné, et fut encouragé par de nombreux supporters. Pendant ce temps, son adversaire, Wilberforce, était plein d'arrogance et méconnaissait l'opposition. Ces deux champions n'appartenaient pas à la même catégorie Le gagnant était connu d'avance.

Quelle leçons d'apologétique le chrétien peut-il tirer de ce débat?

Tout d'abord, les apologistes chrétiens ne devraient pas se lancer dans ce combat sans préparation suffisante. Cela ne signifie pas que l'on doive se montrer lâche ou avoir peur de perdre. Mais un tel combat se livre dans le but de vaincre. On ne devrait pas en prendre l'initiative si l'on est pas certain de la Victoire. En s'engageant dans cette lutte, il doit se préoccuper de l'arrière-plan, du déroulement et du résultat escompté de combat de manière soigneuse avant de s'y engager. Il doit choisir le bon moment, le bon endroit et enfin utiliser la tactique adéquate afin de gagner[9]. Souvenons-nous du drame du débat d'Oxford et du "procès du singe". Jésus nous l'a lui-même enseigné.

Car, lequel d'entre vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied pas d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, de peur qu'après avoir posé les fondations, il ne soit pas capable d'achever, et que tous ceux qui le verront ne se moquent et ne disent: cet homme a commencé à bâtir et n'a pas été capable d'achever. Ou quel roi, s"Ii part pour s'engager dans une guerre contre un autre roi, ne s'assied pas d'abord pour examiner s'il a le pouvoir avec dix mille homme de marcher à la rencontre de celui qui vient contre lui avec vingt mille? Tandis que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade, pour demander les conditions de paix.

(Luc 14.28-32)

En second lieu, les contre-mesures particulières doivent être soutenues par des travaux d'experts dans le domaine. Quelles que soient les compétences particulière d'un apologiste chrétien dans le domaine de la théologie et son abondante connaissance de la philosophie, il sera se révélera inefficace dans les domaines particuliers de la physique, de la biochimie, etc ... , à cause de ses connaissances spécifiques insuffisantes.[10]

Nous devrions reconnaître que les professionnels non-chrétiens en ces domaines spécialisés sont à la fois très logiques et philosophiquement habiles. Tout homme Vit selon sa propre philosophie et selon sa logique. Les spécialistes non-chrétiens réfléchissent aussi au sens de leur étude, en se basant sur leur concepts philosophiques propres. Dans de nombreux cas, ils utilisent les résultats scientifiques selon une logique propre afin d'apporter un support à leur idéologie. Pour cette raison, il nous faut des apologistes chrétiens qui soient physiciens, biochimistes, géologues, botanistes, zoologues, etc .. Il nous faut reconnaître le fait que de tels débats, où le besoin d'experts est manifeste, peuvent orienter le courant de l'ensemble du champ philosophique, bien qu'ils ne soient pas compris aisément pas les gens ordmaires. L'apologétique, simultanément, ne devrait pas être le lieu d'une pure rhétorique ni d'une persuasion temporaire d'un certain groupe de personnes, mais une discussion ouverte, basée sur une approche des faits franche et honnête.

La situation actuelle est évidemment différente de celle qui a prévalu entre la fin du XIXe Siècle et le milieu du XXe Il y a de nombreux apologistes qui ont étudié les rapports entre la théorie de J'Evolution et leur propre domaine de recherche, et qui croient fermement la Création. Il est grand temps de secouer le joug de nos obsessions galiléennes, le débat d'Oxford et le procès du singe. Engageons le débat avec confiance et sagesse!

Notes et références

  1. Chang W Song est pasteur d'une Eglise réformée confessante dans la Ville de Shoung-Kyung-KI en Corée du Sud
  2. The Oxford Meetmg of the British Association for the avancement of science
  3. Colin Chaut et John Fauvel, ed , DarWin to Einstein (Essex. Open University Press, 1980), pp 27-28.
  4. en français dans le texte
  5. Bouledogue de Darwin rôle loué par Huxley, consistant à manifester très énergiquement ses convictions évolutionnistes et de prophète de Darwin. En s'exposant délibérément aux attaques des anti-évolutionnistes, Il préparait ainsi le terrain (ndtr)
  6. Wilberforce nom du champion créationniste
  7. David N. Livingstone, Darwin Forgotten Defenders (Grand Rapids: Wm B Eerdmans Pub Co, 1987)
  8. Quoique ces recherches montraient une opposition de vue et contestaient de nombreux aspects de la théorie de l'Evolution de Darwin, tous ces travaux admettaient fondamentalement l'hypothèse de l'Evolution comme vraie
  9. La stratégie détaillée des propagandistes chrétiens contre les évolutionnistes ne doit pas être traitée à la legère. Ce débat, de par sa difficulté, se déroule plus favorablement en attaquant les faiblesses des adversaires plutôt qu'en tentant de démontrer la Création. Il Importe de démontrer les incohérences dans les hypothèses fondamentales de la théone de l'Evolution , et de la présenter comme une hypothèse tentant d'expliquer la formation et les changements qUi se déroulent dans l'univers
  10. Bien qu'il ne soit pas aisé de fixer les limites des thèmes ou domaines à maîtriser dans ce débat, les apologistes chrétiens doivent se rendre compte que le nombre de thèmes dont il est impossible de débattre en se basant sur la seule logique philosophique va en augmentant. Jusqu'à récemment, le temps et le psychisme étaient des concepts métaphysiques. A présent que des progrès significatifs ont été entrepris en physique, en biochimie, etc... en rapport avec le temps et le psychisme. Sans traiter du problème de la reconnaissance de ces résultats, dans le but d'une discussion d'égal à égal au moins, les apologistes chréliens capables de comprendre partaltement les tenants et aboutissants de ces données, sont recherchés

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