MERLE D'AUBIGNÉ - Histoire de la Réformation du seizième siècle (Tome V - Livre 20 - Chapitre 14)

De Calvinisme
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Thomas More le remplace - Son installation - Wolsey menacé du prœmunire - Son vrai crime - Sa condamnation - Résolution de Cromwell - Haies parle au roi de Cromwell - Entrevue du roi avec Cromwell - Il faut rendre la liberté à l'Église - Cet avis plaît à Henri - Le parlement s'assemble - Griefs contre l'Église - Trois bills de réforme - Consentement du roi

Pendant ce temps, tout se remuait à la cour. Norfolk et Suffolk, mis à la tête du conseil, avaient annoncé à la chambre étoilée la disgrâce du cardinal ; et Henri ne savait comment le remplacer. On parla de l'archevêque de Cantorbéry; le roi l'écarta. «Wolsey, dit un écrivain français, avait dégoûté le roi et l'Angleterre de ces sujets de deux maîtres qui, presque toujours, vendaient l'un à « l'autre. On préférait un ministre laïque. » «Je crois bien « que les prêtres n'y toucheront plus, » écrivait Du Bellay. On prononça le nom de Thomas More. Il était laïc, et cette qualité, qui eût pu l'exclure quelques années auparavant, était maintenant une recommandation. Un souffle du protestantisme portait au faîte des honneurs l'un de ses plus grands ennemis. Henri crut que, placé entre le pape et son souverain, Thomas se déciderait pour les intérêts du trône et l'indépendance de l'Angleterre ; son choix fut arrêté.

More savait que le cardinal avait été mis de côté, parce qu'il n'avait pas été un instrument assez docile dans l'affaire du divorce; l'œuvre qu'on lui demandait était contraire à ses convictions; mais l'honneur qu'on lui faisait était sans exemple; on avait rarement confié les sceaux à un simple chevalier. Il suivit le chemin de l'ambition et non celui du devoir; toutefois, il devait montrer un jour qu'il n'était pas un ambitieux vulgaire. Il est même probable que voyant les dangers qui menaçaient de détruire en Angleterre la puissance des papes, More voulut entreprendre de la sauver. Norfolk installa le nouveau chancelier dans la chambre étoilée. « Sa Majesté, dit le duc, n'a pas regardé « à la noblesse du sang, mais au mérite de la personne ; elle a voulu montrer, par ce choix, qu'il se trouve parmi « les laïques, et même parmi les simples citoyens de l'Angleterre, des hommes dignes d'occuper les hautes charges « du royaume, que jusqu'à cette heure les évêques et les nobles ont cru seuls mériter. » La Réformation, qui rendait la religion aux simples membres de l'Église, ôtait en même temps la puissance politique au clergé. Les prêtres avaient enlevé au peuple l'activité chrétienne et aux gouvernements le pouvoir; l'Évangile restituait aux uns et aux autres ce que les clercs avaient accaparé. Ce résultat devait être favorable aux intérêts de la religion; moins les rois et les peuples auront à craindre l'intrusion du pouvoir clérical dans les affaires du monde, plus aussi ils se livreront avec confiance au souffle vivifiant de la foi.

More ne perdit pas de temps; jamais lord chancelier n'avait déployé tant d'activité. Il mit promptement à jour toutes les affaires qui traînaient dans les cours judiciaires, et installé le 26 octobre, il appela le 28 ou le 29 la cause de Wolsey. a La Couronne d'Angleterre, dit l'avocat général, n'a jamais reconnu de suzerain, et a toujours relevé « immédiatement de Dieu même. Or, ledit Thomas « Wolsey, légat à latere, a obtenu du pape certaines bulles « en vertu desquelles il a exercé, dès le 28 août 1523, « une autorité attentatoire au pouvoir de Sa Majesté et de ses cours de justice. La couronne d'Angleterre ne doit « pas être soumise au pape ; nous accusons donc ledit « légat d'avoir enfreint le statut du praemunire. »

Sans doute Henri avait eu, pour renverser Wolsey, d'autres motifs que celui qu'indiquait l'avocat général; mais l'Angleterre avait des préoccupations plus élevées que celles de son monarque. Elle voyait dans Wolsey le complice du pape, et cette complicité était la véritable cause de la grande sévérité du ministère public et du peuple. On excuse ordinairement le cardinal, en disant que le roi et le parlement même avaient reconnu l'autorité anticonstitutionnelle dont Rome l'avait revêtu; mais les pouvoirs que le pape lui avait donnés, n'avaient- ils pas eu des conséquences injustifiables dans une monarchie constitutionnelle? Wolsey, légat du pape, avait gouverné l'Angleterre sans communes et sans lords; et comme si l'on fût revenu au règne de Jean Sans-Terre, il avait substitué, de fait, si ce n'est en théorie, aux institutions de la grande charte, le système monstrueux de la fameuse bulle Unam sanctam. En vain, le roi, le parlement même, avaient-ils connivé à ces illégalités ; les droits de la constitution d'Angleterre ne demeuraient pas moins inviolables, et les meilleurs du peuple avaient protesté. Aussi Wolsey, comprenant sa faute, s'en remit-il simplement « à la clémence de Sa Majesté, » et ses avocats se contentèrent de déclarer en son nom l'ignorance où il avait été des statuts qui lui étaient contraires. On ne peut argumenter ici, comme on l'a fait, de la prostration des forces morales de Wolsey ; il sut, même après sa chute, répondre avec énergie à Henri VIII. Quand, par exemple, le roi lui fit demander pour la couronne le palais de Whitehall, qui appartenait à l'archevêque d'York, le cardinal répondit : « Je vous charge de rappeler à Sa Majesté qu'il « y a un ciel et un enfer ; » et quand d'autres accusations que celle de complicité à l'agression papale lui furent intentées, il se défendit courageusement, comme on le verra plus tard. Si donc, le cardinal ne se justifia pas d'avoir porté atteinte aux droits de la couronne, c'est que sa conscience lui fermait la bouche. Il avait commis l'une des plus grandes fautes dont un homme d'État puisse être trouvé coupable. Ceux qui ont cherché à l'excuser ne se sont pas rappelé suffisamment, que, dès la grande charte, l'opposition aux agressions romaines a toujours caractérisé la constitution et le gouvernement de l'Angleterre. Wolsey sut bien s'en souvenir ; et cette explication est plus honorable pour lui, que celle qui attribue son silence à la faiblesse ou à la ruse.

Le cardinal fut déclaré coupable, et la cour arrêta qu'en vertu du prœmunire, il serait privé de tous ses biens et pourrait être amené devant le roi en son conseil. L'Angleterre, en immolant un homme d'Église qui s'était placé au-dessus des rois, donna un mémorable exemple de son inflexible opposition aux envahissements de la papauté. Wolsey fut consterné, et son imagination troublée ne lui fit voir de tous côtés qu'embûches et périls.

Tandis que Moore se prêtait à la condamnation de son prédécesseur dont il avait été l'ami, un autre laïque, d'une origine plus humble encore, se préparait à défendre le cardinal ; et cet homme allait devenir, par cet acte même, le marteau destiné à abattre les couvents de l'Angleterre et à briser les liens séculaires qui l'unissaient au pontife romain.

Le 1er novembre, jour de la Toussaint, deux jours après la condamnation de Wolsey, l'un de ses officiers, ses Matines à la main, appuyé contre la muraille de la grande salle, paraissait absorbé dans ses prières. «Bonjour,» lui dit en passant Cavendish, qui se rendait auprès du cardinal pour son service du matin. A ces mots le personnage s'étant retourné, Cavendish vit son visage inondé de larmes. « Maître Cromwell, lui dit-il effrayé, monseigneur court-il quelque danger ?» — « Je ne le pense pas, répondit Cromwell, mais il est dur de se voir au moment « de perdre le travail de toute une vie ! » — Dans la chute de son maître, Cromwell voyait aussi la sienne. Cavendish lui donna quelque consolation. « Voici, Dieu aidant, « ma résolution, reprit l'ambitieux solliciteur de Wolsey; « aujourd'hui, après le dîner de monseigneur, je me rendrai à Londres; j'irai à la cour; j'entendrai ce que l'on dit. Je veux me perdre ou me sauver ... » En ce moment on appela l'écuyer, qui entra dans le cabinet du cardinal.

Cromwell, dévoré d'ambition, s'était attaché à la robe de Wolsey pour arriver aux régions du pouvoir; mais Wolsey était tombé, et le solliciteur, entraîné avec lui, cherchait à atteindre par une autre voie le but de ses désirs. Cromwell était une de ces natures vigoureuses que Dieu prépare pour les temps de crise. Doué d'un jugement solide, d'une intrépide fermeté, il avait une qualité rare dans tous les temps, surtout sous Henri VIII, la fidélité dans le malheur. L'habileté qui le distinguait ne fut pourtant pas toujours irréprochable; le succès semble avoir été sa première pensée.

Après le dîner, Cromwell suivit Wolsey dans son appartement : «Monseigneur, lui dit-il, permettez-moi d'aller « à Londres; je veux entreprendre de vous sauver. » Une lueur parut sur les traits assombris du cardinal. « Laissez-nous, » dit-i! à ses gens. Il eut alors avec Cromwell une longue et secrète conférence à la suite de laquelle celui-ci, s'élançant sur un cheval, partit pour Londres au galop, allant à l'assaut du pouvoir avec l'intrépidité qu'il avait mise à l'assaut de Rome. Il ne se cachait point qu'il lui serait difficile d'aborder le roi; car des ecclésiastiques jaloux de Wolsey avaient desservi son solliciteur, à l'occasion de la sécularisation des couvents, et ce prince ne pouvait le souffrir. Mais Cromwell se disait que la fortune aide les audacieux, et, emporté par ses rêves d'ambition, il fendait l'air et se disait : « Un pied dans l'étrier, et ma « fortune est faite ! »

Sir Christophe Haies, zélé catholique-romain, avait pour lui beaucoup d'amitié; ce fut à cet ami que Cromwell s'adressa. Haies s'étant immédiatement rendu au palais (2 novembre), y trouva une nombreuse société qui s'entretenait de la chute du cardinal : « Il avait parmi ses officiers, dit Halos, un homme qui servirait bien Votre Majesté. — « Et qui ? dit le roi. — Cromwell. — Ne me parlez pas de « cet homme, je le déteste, » répondit vivement Henri '; et aussitôt tous les courtisans d'applaudir et d'enchérir sur le jugement du roi. Ce début n'était pas encourageant; mais lord Russe}, comte de Bedford, s'avançant au milieu du groupe qui entourait le prince, dit avec hardiesse a : « Permettez, sire, que je m'oppose à ce qu'on accuse en « ma présence un homme auquel je dois la vie. Lorsque « vous m'envoyâtes secrètement en Italie, les ennemis de o Votre Majesté m'ayant découvert à Bologne allaient me « faire périr, quand Thomas Cromwell me sauva. Sire, « puisque vous avez maintenant à lutter avec le pape, il « n'y a pas dans toute l'Angleterre, je vous le déclare, un a homme qui puisse être plus utile à ses desseins. — Vraiment? dit le roi, en réfléchissant quelque temps. Eh « bien, dit-il à Haies, que votre recommandé se trouve « dans le parc de Whitehall. » Les courtisans et les prêtres se retirèrent de fort mauvaise humeur.

L'entrevue eut lieu le même jour, au lieu fixé. « Sire, « dit Cromwell au roi, le pape vous refuse le divorce... « Mais pourquoi demander son consentement? Chaque Anglais est maître dans sa maison, et vous ne le seriez pas, « vous, Sire, en Angleterre? Un prélat étranger y partagerait avec vous le pouvoir! Les évêques, il est vrai, prêtent serment à Votre Majesté; mais ils en prêtent ensuite « un autre au pape, et le dernier les relève du premier. ci Sire, vous n'êtes qu'un demi-roi, et nous tous, citoyens « de l'Angleterre, nous ne sommes que vos demi-sujets. « Ce royaume est un monstre à deux têtes. Supporterez-vous plus longtemps une telle énormité? Eh quoi, ne « vivez-vous pas dans le siècle où Frédéric le Sage et les autres princes allemands ont brisé le joug de Rome? Faites a de même; redevenez roi; gouvernez votre royaume, « d'accord avec vos seigneurs et vos communes. Que des Anglais seuls aient désormais quelque chose à dire en « Angleterre; que l'argent de vos sujets n'aille plus s'engloutir dans le béant abîme du Tibre; qu'au lieu d'imposer à la nation de nouvelles charges, vous appliquiez « au bien-être universel des richesses qui jusqu'à présent « n'ont fait qu'engraisser des prêtres superbes et des moines « paresseux. Voici le moment d'agir. Appuyé sur votre parlement, proclamez-vous le chef de l'Église d'Angleterre. « Alors vous verrez croître la gloire de votre nom et la prospérité de votre peuple ! »

Jamais de telles paroles n'avaient été adressées à un monarque de la Grande-Bretagne. Ce n'était plus seulement à cause du divorce qu'il fallait rompre avec Rome ; c'était, selon Cromwell, à cause de l'indépendance, de la gloire et de la prospérité de la monarchie. Ces considérations parurent plus importantes à Henri que celles qui lui avaient été jusqu'alors présentées; aucun des rois d'Angleterre n'avait été mieux placé que lui pour les comprendre. Quand un Tudor avait succédé aux rois saxons, normands et Plantagenets, un homme de la race libre des Celtes avait remplacé sur le trône de l'Angleterre des princes soumis aux pontifes romains. L'Église bretonne, indépendante de la papauté, allait se relever avec cette dynastie nouvelle, et la race des Celtes, après onze siècles d'humiliation, allait ressaisir son antique héritage. Sans doute, Henri ne fit pas ce rapprochement; mais il agit conformément au caractère distinctif de sa race, sans se rendre compte de l'instinct qui le faisait mouvoir. Il sentait qu'un souverain qui se soumet au pape, se fait, comme Jean Sans-Terre, son vassal; et après avoir été le second dans son royaume, il voulait devenir le premier.

Le roi réfléchissait aux paroles que Cromwell venait de lui faire entendre; saisi, étonné, il cherchait à s'orienter dans la position nouvelle que lui faisait son hardi interlocuteur. «Votre avis, dit-il enfin, me plaît fort ; mais pouvez- « vous prouver ce que vous avancez? — Certainement, reprit l'habile politique, j'ai même sur moi une copie du « serment que vos évêques prêtent au pontife romain. » A ces mots il soit-it un papier de sa poche, et plaça le serment des évêques sons les yeux du roi. Henri, jaloux de son autorité jusqu'au despotisme, fut saisi d'indignation, et sentit la nécessité d'abattre cette autorité étrangère qui osait lui disputer le pouvoir dans son propre royaume. Il ôta son anneau, le donna à Cromwell, lui déclara qu'il le prenait à son service, et le fit bientôt membre de son conseil privé. L'Angleterre, on peut le dire, était virtuellement émancipée de la papauté.

Cromwell venait de poser la première base de sa grandeur. Il avait remarqué la voie que. son maître avait suivie et qui l'avait conduit à sa perte, la complicité avec le pape; et il prétendait réussir en suivant la voie contraire, l'opposition à la papauté. Il avait l'appui du roi, mais il lui fallait davantage. Possédant une parole nette et facile, il comprenait l'influence que pouvait lui donner une place dans le grand conseil de la nation. C'était un peu tard pour y entrer ; la session s'ouvrait le lendemain, 3 novembre ; mais pour Cromwell il n'y avait rien d'impossible. Le fils de son ami sir Thomas Rush avait été élu; ce jeune membre du parlement donna sa démission, et Cromwell fut nommé à sa place.

Il y avait sept ans que le parlement n'avait été convoqué, le royaume étant gouverné par un prince de l'Église romaine. La réforme de l'Église, dont le souffle régénérateur se faisait déjà sentir, allait rendre à la nation les antiques libertés dont un cardinal l'avait privée. Henri, sur le point de prendre de grandes résolutions, sentait le besoin de se rapprocher de son peuple. Tout présageait qu'un bon accord régnerait entre le parlement et la couronne, et que « les prêtres auraient de terribles alarmes. »

Tandis que Henri allait attaquer l'Église romaine dans la suprématie papale, les communes allaient la combattre dans les abus nombreux dont elle avait couvert l'Angleterre. « Quelques-unes même, dit Tyndale, pensaient que « cette assemblée réformerait l'Église et établirait un âge d'or . » Mais ce n'était pas des bills du parlement que la Réformation devait sortir, c'était uniquement de la Parole de Dieu. Toutefois, les communes, sans toucher aux doctrines, allaient faire énergiquement leur devoir dans les choses qui sont de leur compétence, et le parlement de 1529 peut être regardé (Herbert de Cherbury le remarque) comme le premier parlement protestant de l'Angleterre. « Les évêques exigent des sommes énormes pour enregistrer les testaments, dit l'ancien ami de Tyndale, sir Henri Guilford. Exécuteur testamentaire de sir William « Compton, j'ai dû leur payer mille marcs sterling. — Les « gens d'Église, dit un autre membre, aiment mieux voir « mourir de faim de pauvres orphelins, que de leur laisser « la maigre et chétive vache, seul bien légué par leur père. « — Des prêtres, remarqua un troisième, sont partout en « possession des fermes, des tanneries, des magasins. «— Bref, les clercs enlèvent tout à leurs troupeaux, « et ne leur donnent rien, mais surtout pas la Parole de « Dieu. »

Le clergé fut consterné. Le pouvoir de la nation semblait ne se réveiller dans ce parlement que pour attaquer le pouvoir du prêtre. Il fallait parer ces coups. La convocation cléricale de Cantorbéry, assemblée à Westminster, le 5 novembre, crut devoir, pour se défendre, réformer les abus les plus criants. Il fut donc décidé (12 novembre) que les prêtres ne pourraient pius tenir boutique et cabarets, jouer aux dés ou autres jeux défendus, passer la nuit dans des lieux suspects, assister à des spectacles déshonnêtes, traverser les rues et les villages avec des chiens de chasse en laisse, et en tenant sur le poing des éperviers, des faucons ou autres oiseaux de proie; enfin, avoir avec des femmes de coupables entretiens. Des peines furent prononcées contre ces divers désordres; elles furent doublées pour l'adultère; triplées pour l'inceste; accrues encore pour des souillures plus abominables. Telles étaient les lois que nécessitaient les mœurs du clergé.

Ces mesures ne suffirent pas aux communes. Trois bills furent rédigés sur l'enregistrement des testaments, les droits d'enterrements, la pluralité des bénéfices, la non- résidence, et l'exercice des professions séculières. « C'est la destruction de l'Église qu'on se propose, s'écria l'évêque Fisher quand on apporta ces bills à la chambre « haute, et si l'Église tombe, la gloire de ce royaume périra, te luthéranisme fait de grands progrès parmi nous, « et le cri sauvage qui a déjà retenti en Bohême : A bas « l'Église! est poussé maintenant par la chambre des communes... D'où vient cela? uniquement du manque de foi. « — Milords, sauvez votre pays ! sauvez l'Église ! » L'orateur des communes, sir Thomas Audley, et une députation de trente membres,, se rendirent aussitôt à Whitehall. Sire, dirent-ils au roi, on nous accuse de manquer de foi et d'être presque des Turcs; nous demandons qu'on nous fasse réparation. » Fisher prétendit que c'était seulement des Bohèmes qu'il avait vous parler; et les communes, peu satisfaites, poursuivirent avec zèle leurs réformes.

Le roi était décidé à les leur concéder ; mais il résolut d'en profiter pour présenter un bill qui lui abandonnait l'argent emprunté par lui à ses sujets. John Petit, représentant de Londres, s'opposa à la demande du prince, a Je « ne connais pas les affaires des autres, dit-il, je ne puis « donner ce qui ne m'appartient pas; mais pour ce qui « me concerne personnellement, je donne sans réserve au « roi tout ce que je lui ai prêté. » Le bill du roi passa, et Henri, satisfait, donna son consentement aux des communes. Toute dispense venant de Rome, qui se trouverait contraire aux statuts, y était sévèrement interdite. Les évêques s'écrièrent que les communes devenaient schismatiques ; des troubles furent même suscités.par des prêtres; mais les clercs perturbateurs furent punis, et le peuple, en l'apprenant, fit éclater sa joie.