MERLE D'AUBIGNÉ - Histoire de la Réformation du seizième siècle (Tome V - Livre 20 - Chapitre 16)

De Calvinisme
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Terreurs de Wolsey - Griefs des pairs contre lui - Cromwell le sauve - Présents du roi à Wolsey - H se relève - Wolsey en Yorkshire - Northumberland l'arrête - Kingston, gouverneur de la tour, arrive - Wolsey prêche la persécution - Sa mort - Son caractère - Trois mouvements - Suprématie - Autorité des Écritures - Église spirituelle - Nouvelle phase et nouvel ouvrage

Tandis que de pieux chrétiens étaient jetés dans les prisons de l'Angleterre, le grand antagoniste de la Réformation disparaissait de la scène du monde. Il nous faut retourner à Wolsey, toujours consigné à Esher.

Le cardinal, tombé du faîte des grandeurs, était saisi de ces terreurs paniques que ressentent ordinairement, après leur chute, ceux qui ont fait trembler tout un peuple, et derrière chaque porte il croyait voir un assassin. — «Cette nuit, écrivait-il un jour à Cromwell, j'ai été près de la « mort... Ah ! si je le pouvais, je me rendrais à Londres, « fût-ce même à pied, tant j'ai besoin de vous parler! Gagnez la faveur d'Anne Boleyn par tous les moyens imaginables. »

Cromwell, en conséquence, deux ou trois jours après son entrée au parlement, accourut à Esher, et Wolsey tout tremblant, ayant pris sa main, lui raconta ses frayeurs... « Norfolk, Suffolk, lady Anne peut-être veulent sa mort... « Thomas Becket, archevêque comme lui, n'a-t-il pas rougi « l'autel de son sang?... » Cromwell le rassura, et, touché des craintes du vieillard, il demanda pour lui à Henri VIII et obtint de ce prince une ordonnance de protection.

Les ennemis de Wolsey voulaient en effet sa mort; mais c'était aux décrets des trois pouvoirs et non au poignard des assassins qu'ils la demandaient. La chambre des pairs chargea Thomas More, Norfolk, Suffolk et quatorze autres de ses membres, de poursuivre le cardinal-légat pour crime de haute trahison. Tls n'oublièrent rien : cette orgueilleuse formule moi et mon roi, que Wolsey avait souvent employée, les atteintes portées par lui aux lois du royaume, les revenus ecclésiastiques accaparés, les injustices criantes dont il s'était rendu coupable; John Stanley, par exemple, jeté en prison pour donner son bail au fils d'une femme dont le cardinal avait des enfants; plusieurs familles ruinées pour satisfaire son avarice ; des traités conclus avec les puissances étrangères sans l'ordre du roi; des exactions qui avaient appauvri l'Angleterre; des maladies honteuses et l'haleine empoisonnée dont il avait souillé la face de Sa Majesté...; voilà quelques-uns des quarante-quatre griefs qui furent présentés au roi par les pairs, et que Henri renvoya à l'examen de la chambre busse.

On crut d'abord que personne dans les Communes n'oserait prendre la défense de Wolsey, et l'on s'attendait à ce qu'il serait livré, comme le demandait le bill, à la vindicte des lois, c'est-à-dire à la hache du bourreau. Mais bientôt un homme se leva, et s'apprêta, quoique seul, à justifier le cardinal; ce fut Cromwell. Les membres se demandèrent l'ua à l'autre qui était cet inconnu ; l'inconnu ne tarda pas à se faire connaître. Son intelligence des faits, sa connaissance des lois, la force de son éloquence et la modération de ses paroles, étonnèrent la chambre. A peine les adversaires de Wolsey avaient-ils porté un coup, que son défenseur l'avait déjà paré. S'il se présentait quelque accusation à laquelle il ne pût répondre, il demandait l'ajournement au lendemain, partait pour Esher après la séance, conférait avec Wolsey, revenait dans la nuit, et le matin même paraissait aux Communes avec de nouvelles armes. Cromwell entraîna la chambre; le bill de haute trahison échoua, et le défenseur de Wolsey prit place parmi les hommes d'État de l'Angleterre. Cette victoire, l'un des plus beaux triomphes parlementaires de cette époque, satisfaisait à la fois la reconnaissance et l'ambition de Cromwell. Il était maintenant bien établi dans la faveur du roi, estimé des Communes, admiré du peuple; ceci lui fournissait les moyens de mener à bonne fin l'émancipation de l'Église d'Angleterre.

Le ministère, composé des ennemis de Wolsey, fut indigné de la décision de la Chambre, et nomma une commission pour examiner cette affaire; en l'apprenant, Wolsey tomba dans do nouvelles angoisses. Il n'avait plus ni appétit ni sommeil, et la fièvre le prit pendant les fêtes de Noël. — « Dans quatre jours le cardinal sera mort, dit à Henri « son médecin, si vous et Madame Anne ne le consolez. — « Pour vingt mille livres sterling, je ne voudrais pas qu'il o mourût! » s'écria le roi. Il tenait à garder Wolsey en réserve pour le cas, fort possible, où l'habileté consommée de son ancien ministre lui deviendrait nécessaire. Henri remit au docteur son portrait, et Anne, sur la demande du roi, y joignit des tablettes montées en or qu'elle portait habituellement à la ceinture. Wolsey, ravi, plaça ces cadeaux sur son lit, et en les contemplant il sentit ses forces renaître. On le transporta de son pauvre manoir dans la résidence royale de Richmond, et bientôt il put descendre dans le parc, où chaque soir il disait son bréviaire.

L'ambition et l'espérance lui revinrent avec la vie. Si le roi voulait détruire la papauté en Angleterre, le fier cardinal ne pouvait-il pas la sauver? Ce que Thomas Becket avait fait sous Henri If, Thomas Wolsey ne le ferait-il pas sous Henri VIII? Son archevêché d'York, l'ignorance des prêtres, la superstition du peuple, le mécontentement des grands, tout lui viendrait en aide ; et en effet, six ans plus tard, quarante mille hommes furent en un moment sous les armes à York, pour défendre la cause romaine. Wolsey, fort en Angleterre de l'assentiment de la nation (c'était au moins son opinion), soutenu au dehors par le pape et les puissances continentales, ferait la loi à Henri VIII, et écraserait la Réformation ! ^Le roi lui ayant permis de se rendre à York, Wolsey lui demanda d'augmenter ses revenus archiépiscopaux, qui étaient pourtant de quatre mille livres sterling. Henri lui accorda mille marcs, et le cardinal, peu avant Pâques 1530, partit avec une suite de cent soixante personnes. Il crut que c'était le commencement de son triomphe.

Wolsey s'établit dans un de ses châteaux du Yorkshire avec cette nombreuse maison, et s'efforça aussitôt de gagner la faveur du peuple. Ce prélat, naguère « l'homme le plus hautain, » dit celui qui l'a le mieux connu et le mieux servi, son écuyer Cavendish, devint un modèle d'affabilité, tint table ouverte, fit distribuer à sa porte de riches aumônes, dit la messe dans les villages, alla dîner chez de simples gentilshommes, donna de grandes fêles, et écrivit à divers princes pour implorer leur secours. On assure même qu'il demanda au pape d'excommunier Henri VIII. Tout étant ainsi préparé, il crut pouvoir faire dans York son entrée solennelle, et fixa à cet effet le lundi S novembre.

On savait à la cour le moindre de ses mouvements, on commentait chacune de ses actions, on en doublait l'importance. «Nous croyions l'avoir abattu, disait-on, et le « voilà qui se relève. » Henri lui-même fut alarmé : « Le «cardinal, par de détestables intrigues, dit-il, conspire « contre ma couronne, et machine au dedans et au dehors ; » le roi ajoutait même oit et comment. La perte de Wolsey fut résolue.

Le lendemain de la Toussaint, vendredi 2 novembre, le comte de Northumberland, suivi d'une nombreuse escorte, arriva devant le château de Cawood, où se trouvait le cardinal. C'était ce même Percy dont Wolsey avait contrarié l'inclination pour Anne Boleyn; peut-être y avait-il quelque intention dans ce choix de Henri VIII. Le cardinal s'avança avec empressement à la rencontre de cet hôte inattendu, et impatient de savoir le but de sa mission, il le conduisit dans sa chambre, sous prétexte de le laisser changer d'habit. Ces deux personnages restèrent quelque temps debout près de la fenêtre sans dire un mot; le comte avait l'air embarrassé et tremblait, tandis que Wolsey tâchait de comprimer son émotion. Enfin, faisant un effort, Northumberland posa la main sur le bras de son ancien maître, et lui dit d'une voix douce et lente : « Mylord, je vous arrête « pour cause de haute trahison. » Le cardinal, consterné, resta muet. On le consigna dans sa chambre.

Il est douteux que Wolsey fût coupable du crime dont on l'accusait. On peut croire qu'il eut la pensée de faire triompher un jour la papauté en Angleterre, dût-il perdre Henri Mil; mais ce fut tout peut-être. Or, une pensée n'est pas encore un complot ; toutefois, elle peut promptement le devenir.

Plus de trois mille personnes, attirées, non par la haine (comme le peuple de Londres quand Wolsey avait quitté Whitehall), mais par l'enthousiasme, se réunirent le lendemain devant le château, pour saluer le cardinal. — « Dieu « sauve Votre Grâce! » s'écriait-on de tous côtés, et une foule nombreuse l'escorta pendant la nuit ; quelques-uns tenaient des flambeaux à la main, et tous faisaient retentir l'air de leurs cris. On conduisit l'infortuné prélat à Sheflield- Park, chez le comte de Shrewsbury. Quelques jours 'après son arrivée, le fidèle écuyer Cavendish accourant vers son maître, s'écria : « Bonne nouvelle! mylord, sir William « Kingston et vingt-quatre hommes de la garde arrivent «pour nous escorter jusqu'au palais de Sa Majesté. — « Kingston! s'écria le cardinal en pâlissant, Kingston !... » puis il frappa de la main sur sa cuisse, et poussa un grand soupir. Cette nouvelle lui avait bouleversé l'esprit. Un jour, un diseur d'aventure qu'il consultait lui avait dit : « Vous « devrez votre fin à Kingston ; » dès lors le cardinal avait évité soigneusement cette ville. Mais, maintenant, il croyait comprendre le présage... Kingston, gouverneur de la Tour, allait le faire périr. On partit; mais l'effroi avait donné à Wolsey le coup de la mort. Il faillit à plusieurs reprises tomber de sa mule, et le troisième jour, comme on arrivait à l'abbaye de Leicester : « Père abbé, dit le cardinal, je «viens laisser mes os parmi vous. » II se mit aussitôt au lit; c'était le samedi soir 26 novembre.

Le lundi malin, tourmenté par de sinistres pensées, Wolsey demanda l'heure. « Huit heures, mylord, dit Cavendish. —Cela ne se peut, reprit le cardinal, huit heures... « Non ! car à huit heures, vous perdrez votre maîtrei ! » Le mardi matin, à sept heures, Kingston étant venu s'informer du malade : « Je ne vivrai pas longtemps, lui dit « Wolsey. — Prenez courage, répondit le gouverneur de « la Tour. — Ah! Maître Kingston, s'écria le cardinal, si « j'avais servi Dieu aussi fidèlement que j'ai servi le roi... « Dieu, lui! n'eût pas abandonné mes cheveux blancs. » Et il ajouta en baissant la tête : « J'ai mérité ce que j'en- « dure! » Quelle parole! Quel jugement sur sa propre vie.

Sur le seuil de l'éternité (il n'avait plus que quelques minutes à vivre), le cardinal ranima toute sa haine contre la Réformation, et fit un dernier effort. La persécution était trop lente à son gré : « Maître Kingston, dit-il, écoutez mon suprême message : Dites au roi que je le conjure, au nom de Dieu, de détruire la secte pernicieuse des luthériens. » Puis, avec une présence d'esprit étonnante à cette heure dernière, Wolsey décrivit les malheurs que les hussites avaient, selon lui, attirés sur la Bohême, et en venant à l'Angleterre, il rappela les temps de Wiclef et d'Oldcastle. Il s'animait ; ses yeux éteints lançaient encore quelques feux. Il tremblait que Henri VIII, infidèle au pape, ne donnât la main aux réformateurs. « Maître « Kingston, s'écria-t-il en finissant, il faut que le roi sache « que s'il se montre tolérant envers l'hérésie, Dieu lui « ôtera son pouvoir, et nous aurons alors infortune sur « infortune... sécheresses, famines, désordres inouïs, jusqu'à l'entière destruction de ce royaume !... »

Cet effort avait épuisé Wolsey; après un moment de silence, il reprit d'une voix mourante : « Maître Kingston, adieu ! Mon temps s'approche. N'oubliez pas, je vous en « conjure, le message dont je vous ai chargé! Quand je « serai mort, vous comprendrez mieux mes paroles. » II eut de la peine à prononcer ces mots, sa langue s'embarrassait, ses yeux devenaient fixes, sa vue s'éteignait; il rendit l'esprit. Au même moment l'horloge sonna huit heures, et ses gens, rangés autour de son lit, se regardèrent avec effroi. C'était le 29 novembre 1530.

Ainsi finit cet homme si longtemps redouté. Le pouvoir avait été son idole; pour l'obtenir dans l'État, il avait immolé les libertés de l'Angleterre, et pour le conquérir ou le conserver dans l'Église, il avait combattu la Réformation. Il n'avait pas eu d'autre pensée. S'il avait permis aux nobles le luxe et les plaisirs de la vie, c'était pour les rendre plus souples et plus serviles; s'il avait encouragé les lettres, c'était pour avoir des clercs capables de tenir les laïques sous tutelle. Ambitieux, intrigant, impur, il avait été aussi zélé pour la prérogative sacerdotale que l'austère Becket; et par un singulier contraste, on trouva une haire sur le corps de cet homme voluptueux. Le but de sa vie avait été de porter plus haut que jamais la puissance de la papauté, au moment même où la Réformation prétendait l'abattre, et de s'asseoir sur le trône pontifical avec l'autorité d'un Hildebrand. Wolsey, pape, eût été l'homme de son siècle, et il eût fait, dans l'ordre politique, pour la primauté romaine, ce que fit bientôt pour elle, dans l'ordre fanatique, le célèbre Ignace de Loyola. Obligé de renoncer à cette pensée digne du moyen âge, il avait voulu du moins sauver la cause de Rome dans sa patrie; mais ici encore il avait échoué. Le pilote qui avait tenu en Angleterre, le gouvernail de l'Église romaine, était jeté par-dessus bord, et le navire, abandonné à lui-même, allait sombrer. Toutefois, même dans la mort, il n'avait pas perdu courage. Les derniers battements de son cœur avaient demandé des échafauds; la dernière parole tombée de ses lèvres mourantes, son dernier message à son maître, son testament, avait été... Persécution !

Ce testament ne devait être que trop fidèlement exécuté.

L'époque de la chute et de la mort du cardinal Wolsey, qui est celle à laquelle nous nous arrêtons, n'est pas seulement importante parce qu'elle termine la vie d'un homme qui avait présidé aux destinées de l'Angleterre, et s'était efforcé de saisir les rênes du monde. Elle l'est surtout parce qu'on vit alors s'accomplir trois mouvements, desquels devait résulter la grande transformation du seizième siècle. Chacun de ces mouvements a son représentant qui le caractérise- Le premier est représenté par Cromwell. La suprématie allait être enlevée au pape dans la Grande-Bretagne comme dans toutes les Églises réformées. Mais on fit un pas de plus en Angleterre ; cette suprématie fut transportée sur la tête du roi. Wolsey avait exercé, comme vicaire général, une autorité jusqu'alors inconnue. Ne pouvant être pape au Vatican, il s'était fait pape à Whitehall. Henri avait laissé son ministre élever ce trône hiérarchique à côté de son trône royal. Mais bientôt il avait pensé qu'il ne devait pas y avoir deux trônes en Angleterre, ou du moins pas deux rois. Il avait détrôné Wolsey; et s'asseyant résolument à sa place, il allait ceindre dans Whitehall la tiare que l'ambitieux prélat avait fabriquée pour lui-même. Quelques-uns, à cette vue, s'écrièrent que si la suprématie papale était abolie, il fallait lui substituer uniquement celle de la Parole de Dieu. En effet, ce n'est pas dans ce premier mouvement que fut la vraie Réformation.

Le second, qui fut essentiel au renouvellement de l'Église, fut représenté par Cranmer, et consista surtout à rétablir l'autorité des saintes Écritures. Wolsey ne tomba pas seul, et ce ne fut pas seul que Cranmer s'éleva; chacun de ces deux hommes porta avec lui le système qu'il représentait. L'échafaudage des traditions romaines tomba avec le premier; le fondement des saintes Écritures fut posé avec le second. Cependant, tout en rendant justice à la sincérité du docteur de Cambridge, il faut reconnaître ses faiblesses, ses complaisances pour le pouvoir, et même quelque négligence qui, laissant croître çà et là des plantes parasites, leur permit de monter et de s'étendre sur le roc vif de la Parole de Dieu. Ce n'est pas là non plus que fut la Réformation dans toute son énergie et toute sa pureté.

Le troisième mouvement fut représenté par les martyrs. Ce qui féconde l'Église, quand elle prend une vie nouvelle, c'est le sang de ses confesseurs; et sans cesse exposée à la corruption, elle a sans cesse besoin d'être purifiée par les souffrances. Ce n'était pas dans les palais de Henri VIII, pas même dans les conseils où l'on s'occupait de soustraire l'Angleterre à la suprématie du pape, qu'il fallait chercher les vrais enfants de la Réformation; c'était à la Tour de Londres, dans tes tours des Lollards, de Saint-Paul et de Lambeth, dans les autres prisons de l'Angleterre, dans les souterrains des évêques, dans les chaînes, dans les ceps, sur les chevalets et les échafauds. Les hommes pieux qui invoquaient l'intercession unique de Jésus-Christ, seul chef de son peuple, qui erraient çà et là dénués de tout, qui étaient liés, bâillonnés, bafoués, battus de verges, torturés, et qui au milieu de toutes ces tribulations demeuraient dans la patience chrétienne, et tournaient, comme leur Maître, les regards de leur foi vers Jérusalem ; tels étaient en Angleterre les disciples de la Réformation. L'Eglise la plus pure est l'Église sous la croix.

Le père de cette Église en Angleterre ne fut pas Henri VIII. Quand Henri jetait en prison ou dans les flammes les Hit- ton, les Benet, les Patmore, les Petit, les Bayfield, les Bilney et tant d'autres, il n'était pas « Je père de la Réformation d'Angleterre, » comme l'a dit un grand mensonge ; il en était le bourreau.

L'Église en Angleterre devait être, dans son renouvellement, une Église de martyrs; et le vrai père de cette Église, c'est Celui qui est dans le ciel.

Ici, nous nous arrêtons. Nous avons raconté l'histoire de la Réformation dans les temps héroïques de Luther; une autre figure se présente maintenant à nous, celle de Calvin. Au moment où nous allons nous occuper de ce docteur, de Genève, d'où il agit avec tant de puissance, par le secours de Dieu, pour avancer la cause de la Réforme évangélique dans tant de peuples divers, nous commençons une nouvelle série de notre travail, et nous croyons en conséquence devoir y consacrer un nouvel ouvrage.

Nous avons navigué jusqu'à cette heure sur des eaux diverses, au sein de différentes contrées, en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre. Si nous interrompons ici cette navigation, ce n'est, s'il plaît à Dieu, que pour la reprendre. Nous continuerons notre voyage, en déployant nos voiles au même souffle du ciel. Toute la différence consistera en ce que nous aurons un nouveau pilote, et eu ce que le vent nous poussera vers des terres nouvelles.